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TOP 14 - À Oyonnax, l’avenir c’est la jeunesse

À Oyonnax, l’avenir c’est la jeunesse
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 25/03/2016 à 13:49 - Publié le 25/03/2016 à 13:49
Par Julien Plazanet - Le 25/03/2016 à 13:49

TOP 14 - Alors que l’équipe fanion est mal en point et abat surement sa dernière carte samedi à Pau, le club est déjà tourné vers l’avenir. Si l’USO continue à se structurer pour devenir une valeur sûre du milieu professionnel, elle a notamment mis l’accent sur la formation. De jeunes Oyomen pointent justement le bout de leur nez dans une période délicate.

Encore samedi dernier face à Agen, le demi de mêlée Arthur Aziza fêtait la première titularisation de sa carrière à Charles-Mathon (pour son troisième match de Top 14) alors que sur le banc, le centre Keziah Giordano effectuait sa deuxième feuille de match avec les professionnels. "Depuis que je suis arrivé, il y a toujours un ou deux joueurs du centre de formation qui jouent. C’est une volonté entière du club de faire confiance à la formation. On a de très bons jeunes aujourd’hui donc on serait les plus idiots de ne pas les utiliser", commente l’entraineur Johann Authier. Ce n’est pas anodin. Propulsé à la tête de l’équipe première après l’éviction d’Olivier Azam fin novembre dernier, l’ancien demi de mêlée était alors responsable du haut niveau et avait notamment pour mission de favoriser les liens entre l’association et l’équipe première. Il connaît tous ces jeunes mieux que personne.

La formation, au cœur de la stratégie de club

La réglementation actuelle des JIFF impose aux clubs de puiser dans leur centre de formation surtout quand on ne peut pas concurrencer les grosses écuries sur le plan financier. L’USO a donc changé son fusil d’épaule et travaille dès la pré-formation (14 ans), voyant son équipe Espoirs sacrée championne de France Poule 3 en 2012. Sylvain Terraz vit sa douzième saison au club et le directeur du centre de formation voit que "le travail de l’ombre porte ses fruits car de plus en plus de jeunes prétendent à un contrat pro en fin de formation".

Geoffrey Fabbri (Oyonnax)
Geoffrey Fabbri (Oyonnax) - Icon Sport

Quelle est la finalité ? "L’objectif est de se retrouver avec un quota de plus en plus conséquent de joueurs formés au club", explique-t-il fixant cette barre à 40% dans les années à venir. Ambitieux mais crédible alors que depuis la création du centre de formation, neuf joueurs ont obtenu un contrat dont trois l’an dernier (Giorgi Vepkhadze, Geoffrey Fabbri et Patrick Sobela).

Terraz: "On veut former des Oyomen car c’est notre ADN"

Dans un contexte de plus en plus concurrentiel, Oyonnax ne veut plus perdre de temps. La "Oyosphère" a été créée et consiste à tisser des liens avec des clubs de l’Est de l’Ain, de la Bresse, du Jura voire sur les terres du Lou comme ce partenariat avec Givors, "pour ne pas passer à côté de beaux potentiels". Sylvain Terraz reconnait que le travail est encore plus difficile car "l’enjeu en Top 14 et en Pro D2 est tellement fort que les entraineurs n’ont pas les moyens de filer le chalumeau aux gamins".

La métaphore de l’apprenti plombier est claire. "On a beau faire la formation, si l’on ne choppe pas le rythme du match et de l’expérience, on ne finit pas la formation". Cette structuration est aussi le fruit du travail de Christophe Urios pendant 8 ans avec l’ambition de "former des Oyomen car c’est notre ADN. S’ils n’ont pas cette philosophie, ils ne passeront pas. L’idée est de construire pour l’avenir".

Arthur Aziza, le jeune demi de mêlée d'Oyonnax - Janvier 2016
Arthur Aziza, le jeune demi de mêlée d'Oyonnax - Janvier 2016 - Icon Sport

Des jeunes sur qui le club peut désormais compter

Quatre Espoirs ont joué en Top 14 cette saison : Bilel Taieb (3e ligne, 23 ans), Arthur Aziza (9-10, 22 ans), Keziah Giordano (centre, 20 ans) et Daniel Ikpefan (ailier, 22 ans) et d’autres poussent à la porte et devraient être vus rapidement comme l’Anglais Shay Kerry (2e ligne, 20 ans), Lucas Chouvet (ouvreur, 21 ans) ou Nicolas Metge (arrière, 21 ans) qui s’entrainent régulièrement avec les pros.

Tout ceci est assez nouveau dans le Haut-Bugey comme le fait de voir des Oyomen dans les équipes de France de jeunes (trois en U17 et U19). Lucas Chouvet a quitté le Racing 92 pour Oyonnax l’été dernier, convaincu par Johann Authier, et a reçu une convocation France U. "J’en avais marre de la vie parisienne et il y a de belles infrastructures. Je suis venu avec aucun a priori alors qu’en équipe de France, personne ne connaît vraiment Oyonnax et l’on me dit qu’il y fait froid ou qu’il y a des ours", s’amuse-t-il.

Chouvet: "Il faut marquer des points pour bousculer la hiérarchie"

Tous veulent imiter le plus illustre des ex-pensionnaires, Antoine Tichit, qui évolue à Castres et que l’on dit de plus en plus proche du XV de France. L’USO semble condamnée - sauf énorme exploit - à la Pro D2 et doit anticiper. "Vu que l’on nous donne notre chance, il faut que l’on joue notre carte à fond car l’ambition est de jouer dès la saison prochaine", reconnaît Keziah Giordano (ex-Toulouse). Pour cela, "il faut montrer tous les jours à l’entrainement que l’on en veut plus que les anciens et bosser dur. Il faut marquer des points pour éventuellement bousculer la hiérarchie", ajoute Lucas Chouvet.

Johann Authier, l'entraîneur d'Oyonnax, mise sur la jeunesse - mars 2016
Johann Authier, l'entraîneur d'Oyonnax, mise sur la jeunesse - mars 2016 - Icon Sport

Sans leur bruler les ailes, Johann Authier essaie de les mettre dans les meilleures conditions et de "les accompagner pour que lorsqu’on donne une chance, ils soient bien entourés pour s’exprimer correctement", surtout que "d’une manière générale, ils répondent plutôt présents !"

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