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Patrick Wolff démissionne de la LNR et envoie un courrier assassin à Paul Goze

Patrick Wolff démissionne de la LNR et envoie un courrier assassin à Paul Goze

Mis à jourLe 29/01/2016 à 13:39

Publiéle 29/01/2016 à 12:45

Mis à jourLe 29/01/2016 à 13:39

Publiéle 29/01/2016 à 12:45

Article de Clément Mazella

Patrick Wolff, cofondateur de la LNR avec Serge Blanco en 1999, a envoyé sa lettre de démission au président Paul Goze comme l'indique ce vendredi La Montagne. Il y explique pourquoi il claque la porte de la LNR dans un courrier assassin et qui confirme qu'il n'est pas du tout en phase avec le chemin pris par le rugby.

Sa lettre:

"J’ai pris la décision de mettre un terme à mes fonctions au sein de la ligue nationale de rugby. Humainement, géographiquement et historiquement le seul sport de combat collectif est une formidable aventure à laquelle j’ai eu le bonheur de prendre part. Privilégier cette aventure humaine, ce n’est pas refuser le professionnalisme si on s’en tient à sa définition : rechercher l’excellence en permanence. En privilégiant, dans une urgence qui n’existait pas, une course au développement économique à coups d’injection massive d’argent nous nous sommes piégés.

La poursuite sur la durée, de cette stratégie a pour effet de négliger de plus en plus nos responsabilités vis-à-vis de notre environnement sportif notamment des jeunes, des acteurs du jeu et de l’équipe de France. L’effet de mode une fois passé, cette stratégie ne mène nulle part. D’ores et déjà elle impacte notre image en confinant notre communication à des promotions d’égos et à des buzz puérils au détriment de la seule chose qui compte : ce qui se passe sur le terrain.

Elle affaiblit la notion même de compétition, en Europe comme en France, en tuant à petit feu les équipes moins pourvues financièrement et en alignant les résultats sportifs sur les budgets…

Elle met en danger de mort la chaine qui va des poussins à l’équipe de France.

Dans ce contexte :

- Je ne supporte plus les lancinantes jérémiades des autos proclamées têtes de gondole de notre championnat, assorties de menaces régulières de toutes sortes au gré des humeurs ou des rencontres.

- Je ne supporte plus de voir quotidiennement dans les médias la litanie des joueurs qui arriveront en 2016/2017 avant même que les championnats 2015/2016 n’aient débuté ou que les joueurs ne soient arrivés dans leurs clubs.

- Je ne supporte plus de voir perdurer un empilement de compétitions fait d’impasses et de doublons dans un calendrier saucissonné dans lequel il est impossible de savoir si l’on va voir l’équipe 1 2 ou parfois 3 sur le terrain.

- Je ne supporte plus de voir une Coupe du monde magnifique gâchée pour nous, parce que les étrangers cantonnent sur le banc trop de français et que le dire et penser qu’il faut que cela change est très mal vu.

- Je ne supporte plus de ne pas profiter au printemps des chœurs du Munster ou du Leinster ou du Cardiff, parce que le système mis en place par les anglais avec notre accord passif ne leur permet plus d’aligner des équipes compétitives. Plus d’argent chez les uns et autant d’argent chez les autres, on appelle aussi cela s’appauvrir.

Ce modèle factice ne me semble pas durable mais il est désormais clair qu’il s’est installé sur la durée, d’autant que je ne sens pas une réelle volonté politique de le remettre en cause.

Lorsqu’il n’adhère plus à une politique, un ministre doit se retirer.

Je souhaite que Guy NOVES ait le temps de réussir, que le rugby professionnel survive sur ses terres de culture et que Brive ou La Rochelle soient un jour champion de France et bien sûr avec un clin d’œil, que mon club de cœur puisse connaitre de grands bonheurs".

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