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Charles Ollivon (Toulon): "On avait les dents qui rayaient le parquet car on était au frigo"

Ollivon: "On avait les dents qui rayaient le parquet car on était au frigo"

Le 26/03/2016 à 18:51

TOP 14 - Excellent face au Racing samedi, Charles Ollivon a été un des grands artisans de la victoire surprise du RCT (20-21). Le troisième ligne international, dont le temps de jeu est famélique cette saison dans le Var, en avait visiblement gros sur le cœur. Il a également tout lâché après le match.

Pouvez-vous nous raconter cette fin de match incroyable ?

Charles OLLIVON: C'est un truc de dingue ! On se met le feu sur les trois dernières minutes car, physiquement, on est beaucoup à être émoussé. Pas mal de mecs, dont moi, n'avions pas énormément joué cette saison et on est plusieurs à avoir baissé de rythme à partir de l'heure de jeu. Il y a aussi eu des blessés tôt dans la partie. On s'est accroché, on a fait que s'accrocher et c'est passé ! Le Racing a une très grande équipe, on le sait, mais je pense, honnêtement, qu'on n'a rien volé à personne.

Qu'avez vous pensé quand le Racing est repassé devant ?

C.O: On ne se dit rien du tout. Fred Michalak nous a réuni et nous a dit de repartir. De toute façon, de la première à la dernière minute, on était dans l'état d'esprit de s'y filer et de ne rien lâcher. Dans le rugby, on peut mettre ce qu'on veut en place, si on ne s'y file pas, on n'avance pas. Il fallait que cela nous sourit et cela nous a souri, tout simplement.

" On a très bien compris que, pour la presse et les gens en général, c'était l'équipe B de Toulon qui était alignée ce samedi !"

L'exploit est d'autant plus grand que la plupart des stars toulonnaises étaient laissées au repos pour ce match...

C.O: On a très bien compris que, pour la presse et les gens en général, c'était l'équipe B de Toulon qui était alignée ce samedi ! Je ne vais pas parler pour les autres, mais pour mon cas personnel, je ne doute pas de ce que je sais faire et de ce dont je suis capable. Je ne me suis donc pas posé de questions. C'était une opportunité pour moi de jouer un grand match face à une très bonne équipe. Le Racing était au complet avec le meilleur joueur du monde. C'était un gros test et on ne pouvait pas mieux le relever. Cela a tellement été dur pour nous à certains moments et on nous a tellement mis la tête au fond du seau que quand on fait les choses bien, il faut savoir le souligner. Et là, on pouvait difficilement mieux faire. C'est super pour nous.

Aviez-vous préparé cette rencontre différemment cette semaine ?

C.O: Je ne vais pas vous dire de conneries, on n'a pas fait des séances de deux, trois heures tous les jours. Ce n'est pas vrai. Par contre, on avait faim ! Pour certains, comme Thibault (Lassalle, ndlr), Virgile (Bruni), ou moi, on avait les dents qui rayaient le parquet car on était au frigo. Je n'ai pas de problème à le dire. J'ai été au frigo, j'ai fermé ma gueule et j'ai travaillé. Forcément, au moment où on joue, c'est une opportunité pour nous. Et avec Bernard (Laporte), on sait comment ça marche, on n'a pas trop le droit à l'erreur. On s'y est donc filé, on a foutu la tronche et on a fait le boulot. On rentre sans fanfaronner mais il faut savoir dire qu'on a fait les choses bien.

" Avec Bernard Laporte, on sait comment ça marche, on n'a pas trop le droit à l'erreur"

Était-ce votre quart de finale à vous, les habituels remplaçants ?

C.O: Non ! Pour ma part, pas du tout en tout cas. Bernard a été clair, il a dit que certains joueurs ne disputeraient pas ce quart de finale de Coupe d'Europe. On a juste pris ça comme un défi personnel. Si on est au frigo et qu'on ne joue pas quand on en a l'occasion... il faut bien montrer à un moment donné. Montrer ce qu'on sait faire, qu'on a de l'orgueil et qu'on ne va pas se laisser marcher dessus. On l'a fait, c'est tout.

Anthony TALLIEU, envoyé spécial à Villeneuve d'Ascq

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