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Top 14, Union Bordeaux-Bègles: Douleurs, mal être, timidité, espoir bleu... voici Julien Rey

Douleurs, mal être, timidité, espoir bleu... voici Julien Rey

Le 05/09/2014 à 13:08

Dans la lignée de Yannick Jauzion au niveau gestuel, le centre de l'UBB Julien Rey espère en avoir fini avec deux ans de galère qui ont pollué sa progression et son esprit.

Souffrance

Après son entraîneur Vincent Etcheto, ceux qui connaissent le mieux Julien Rey sont le médecin et les kinés du club girondin. Ces deux dernières années, presque quotidiennement, il avait pris un abonnement chez eux pour que cesse son mal récurrent aux adducteurs, pour qu'ils trouvent enfin une solution. "J'ai subi une opération au mois de mai pour tenter de guérir une pubalgie, une assez grosse opération, c'est pour cela que ça a pris un peu du temps, explique l'ancien columérin. Depuis deux ans, avoir mal matin, midi et soir, la nuit quand vous dormez aussi, ce n'est pas très facile à vivre. Quand tu t'entraînes, tu as mal, tu ne prends pas de plaisir, tu n'es pas de mauvaise humeur mais tu fais des trucs en demi-teinte tout le temps, tu sais que tu n'es pas à 100 %. Il fallait gérer tout ça. Là, j'ai beaucoup moins de douleurs, je reprends enfin du plaisir même si je sais, dans la tête, que c'est difficile de ne pas y penser quand on s'est déchiré dix fois en deux ans. Il y a toujours l'ombre de ça qui plane. Vu que je m'entraîne, que je ne ressens plus rien, que je travaille beaucoup à côté pour être bien, petit à petit cela va me redonner la confiance, je vais enfin pouvoir m'exprimer aisément".

Performances

On a pu s'en apercevoir contre le Racing (30-21), après l'interminable séquence défensive des Bordelais autour de l'heure de jeu qui a accouché de l'essai du break signé Rey, au timing de courses, de soutien et d'efforts impeccables. "Je ne sais pas si j'avais les jambes car j'étais 'occis' depuis 5-10 minutes mais j'ai tout donné, cela m'a permis d'aller derrière la ligne. Les adversaires étaient aussi fatigués, c'est peut être pour ça que je ne me suis pas fait rattrapé", sourit-il. Le rythme de la compétition, "j'avoue qu'il me manque encore entre 20 et 30 minutes dans les jambes pour être vraiment en forme". "Son problème c'est d'enchaîner les performances, car quand on regarde ses stats en matches, il perce, il plaque, il passe, il sais tout faire mais en plus il a de la marge. Il fait partie des très bons", confie Etcheto.

Julien Rey a inscrit un essai contre le Racing - 23 août 2014

Julien Rey a inscrit un essai contre le Racing - 23 août 2014Icon Sport

Réserve

Pour franchir ce palier, Julien, 28 ans, sait qu'il va devoir aussi chasser cette timidité qui le taraude, qui le freine. Vrai introverti, il a débuté le rugby à Mazères, le même village que l'ancien 3e ligne international de Toulouse Albert Cigagna, un pays de taiseux mais qui connaissent très bien le rugby. "J'ai du mal à m'exprimer quand il y a beaucoup de monde, confirme l'intéressé. Je prefère prendre les joueurs en petit comité, à trois ou quatre, je suis plus à l'aise, c'est ma façon d'être leader aussi. Devant quarante mecs, je ne me sens pas encore prêt à prendre la parole, à leur donner des conseils, des consignes. C'est compliqué par rapport à ma personnalité, je travaille pour y arriver, peut-être un jour. C'est simplement à moi de me prendre en main. Comme tout, il faut une première fois, peut-être qu'elle arrivera cette année".

Sélection

A l'instar de son binôme du centre bordelais Felix Le Bourhis, appelé en Equipe de France lors de la dernière tournée estivale en Australie, Rey aussi, au regard de son profil complet, mériterait de connaître lui aussi le bleu. Son meilleur défenseur, Etcheto encore: "j'en ai parlé à Patrice Lagisquet, mais pour être très bon, il faut enchaîner tous les samedis, comme (Maxime) Mermoz à Toulon. Là, il n'est qu'à 95 % car il revient d'une blessure embétante. Mais comme c'est venu naturellement pour Felix, ça viendra pour lui". "Je n'y pense pas, coupe Rey. L'an dernier, Felix l'avait vraiment mérité, il n'y avait que lui pour y être. Moi, je devais me faire opérer. Après, je ne suis pas sûr que le sélectionneur me suive. Je fais mon truc et on verra bien".

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