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Top 14 - Lyon se prépare-t-il un avenir à la toulonnaise ?

Lyon se prépare-t-il un avenir à la toulonnaise ?

Par Alexandre Ollivieri
Dans cet article
Par Alexandre Ollivieri - Le 12/08/2014 à 15:00
Parcours sportif, effectif, ambitions… Au Lou, plusieurs éléments rappellent le RC Toulon d’il y a six ans. Du temps où ce promu, trop à l’étroit en Pro D2, ne demandait qu’à s’installer définitivement en Top 14.
 

Précisons les choses tout de suite: le Lou actuel est encore très loin du RCT. Loin de cette formidable machine à gagner qui s’est installée au printemps sur le toit du rugby européen, avec un doublé H Cup-Top 14. Cette année, Lyon va devoir batailler pour se maintenir. Mais à y regarder de plus près, les deux clubs ont des points communs. Ce rouge et ce noir sur le maillot, oui, mais aussi quelques éléments de développement qui laissent penser que Lyon, modeste promu, pourrait se bâtir un avenir à la toulonnaise.

Le parcours : ils ont déjà pris l’ascenseur

Le parcours sportif d’abord. En 2004-2005, le RCT termine champion de Pro D2 et gagne le droit d’évoluer à l’étage supérieur. Feu de paille puisque le club varois termine bon dernier du Top 14 et retourne d’où il vient. L’année d’après, Toulon ne finit que quatrième de la phase régulière et se fait sortir en demi-finale contre la Rochelle. Ce n’est qu’en 2008 que le RCT décroche à nouveau le titre en Pro D2. Leçon retenue, en 2008-2009, les Toulonnais s’accrochent et obtiennent une honorable neuvième place. Ils n’ont plus quitté l’Elite depuis, pour les résultats que l’on connait aujourd’hui.

Le parcours du Lou et similaire. Champion en 2010-2011, les Lyonnais ne font pas longtemps illusion dans le Top 14 2011-2012, où ils terminent lanterne rouge. Comme le RCT en son temps. L’année d’après, le club stagne dans l’antichambre de l’Elite. Ce n’est même pas en demi-finale d’accession que Lyon échoue mais à une quelconque huitième place de Pro D2. Il faut attendre 2013-2014 pour revoir le Lou sortir les crocs et planer sur le championnat. Si la logique sportive était bête et méchante, Lyon devrait donc finir neuvième du Top 14 cette saison…

Vincent Martin lors du match amical entre Bourgoin et Lyon - 1er août 2014
Vincent Martin lors du match amical entre Bourgoin et Lyon - 1er août 2014 - Icon Sport

Les joueurs: un effectif à la sauce toulonnaise

Ils sont quatre. Quatre joueurs, anciens du RC Toulon, sont actuellement présents dans l’effectif lyonnais. Il y a d’abord l’ailier ou arrière Vincent Martin. Prêté en janvier dernier par le RCT, il a définitivement rejoint le promu lyonnais cette saison, après s’être remis d’une fracture au pied. "Il y a un peu de sang toulonnais dans cette équipe, c’est une bonne chose, rigole Martin. Je m’entends très bien avec Pierrick (Gunther) et Manu (Felsina) et je retrouve un peu cette ambiance de copains dans le groupe, comme à Toulon". "Le Lou ressemble au Toulon d’il y a quelques années", estime Pierrick Gunther. Le troisième ligne aile prêté par le RCT confirme. "C’est plaisant de retrouver des mecs qu’on connait, avec qui on aime bosser. Je suis certain que ça va faire avancer le club". L’homme au catogan voit même plus loin. "Avec les recrues qui sont venues et l’effectif dont on dispose, je trouve que le Lou ressemble au Toulon d’il y a quelques années…" Emmanuel Felsina, quant à lui, a signé un bail de deux ans en faveur du Lou après un an passé dans le Var. Le pilier gauche voit lui aussi des points communs entre les deux clubs. "Dans l’intensité à l’entraînement, le sérieux et la charge de travail. C’est vraiment ce qui m’a sauté aux yeux quand je suis arrivé".

La venue de tout ce petit monde entre Rhône et Saône, Olivier Azam y est pour beaucoup. Celui qui fut coach deux ans à Toulon (2011-2013) a fait jouer les excellents contacts qu’il a gardé du côté de la rade, notamment avec Mourad Boudjellal. "J’ai pensé que ces garçons pouvaient apporter une plus-value dans notre jeu, un état d’esprit positif. J’ai travaillé avec eux à Toulon, ils avaient envie d’avoir plus de temps de jeu, c’est pour ça qu’ils sont au Lou aujourd’hui". Azam se réjouit de leur choix de rallier le Lou. "Quand je vois des jeunes joueurs français qui n’acceptent pas d’aller dans des clubs qui ne jouent pas le haut du tableau, ça me chagrine. Pierre Camou le dit aussi, il faut que les jeunes français se montrent là où ils le peuvent…" Le quatrième joueur, et non des moindres, à avoir connu les deux clubs, c’est George Smith. Le flanker australien aux 110 sélections avec les Wallabies est la star du recrutement lyonnais cette saison. Et aussi le symbole d’un promu qui n’a pas hésité à sortir le chéquier pour attirer des joueurs de renom: Estebanez, Brett, Porical, Puricelli, Matadigo, Bonnefond. La preuve que Lyon a les moyens. Et les dents longues.

Les ambitions: le RC Toulon, un modèle à suivre

"Beaucoup de bonnes choses sont faites à Toulon, les résultats et le palmarès le prouvent. C’est un modèle à suivre, comme tous les clubs qui gagnent d’ailleurs". Yann Roubert, le président lyonnais, ne s’y trompe pas. Pour faire grandir son Lou, il se tourne vers ce qui se fait de mieux. "Des liens amicaux nous unissent à Toulon. Nous avons discuté très sereinement avec Mourad Boudjellal pour la venue des recrues". Et comme rien ne fonctionne sans argent, les dirigeants lyonnais ont mis le paquet cette année: 20,8 millions d’€ de budget déclaré. Mais loin, encore, du RCT et des ses 36 millions d’€… "Mais si Toulon est une source d’inspiration, nous devons tout de même écrire notre propre histoire, prévient Yann Roubert. Nous sommes encore loin du RCT et nous ne serons jamais le RCT. Nous sommes le Lou et, pour l’instant, nous devons nous maintenir en Top 14".

Yann Roubert, le président de Lyon
Yann Roubert, le président de Lyon - Icon Sport
 
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