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Top 14 - Bernard Pontneau (Section paloise): "Rien n’est jamais acquis"

Pontneau: "Les paris concernant le maintien, je les laisse aux bookmakers britanniques"

Le 24/02/2016 à 13:41

TOP 14 - En décrochant son premier succès de la saison à l’extérieur, la Section paloise s’est octroyée une bouffée d’oxygène au classement. Peut-on pour autant penser que le maintien est dans la poche? Pour le Président Pontneau, la réponse est non.

Comment avez-vous vécu l’exploit de vos joueurs à Montpellier?

Bernard Pontneau: Il ne faut pas utiliser le terme d'exploit car tout travail mérite salaire et nous avons beaucoup travaillé depuis le début de la saison. Le groupe est entré dans une expression plus positive à l’extérieur. Pour autant, ne rêvons pas car nous aurons encore des résultats en dents de scie. Il faut du temps pour s’adapter au Top 14. En revanche, je pense que le résultat obtenu à Montpellier est mérité.

Pensez-vous que ce match face à Montpellier puisse servir de déclic?

B.P: L’an dernier, on a marché sur l’eau et on a habitué nos supporters à de la régularité. Cette année, on savait que ce serait bien plus compliqué. De plus, le Top 14 a adopté un rythme bizarre au gré de la Coupe d’Europe et de l’équipe de France, nous faisons avec. Pour notre part, nous avons toujours visé le maintien et nous restons dans cet objectif.

La joie de la Section paloise qui est allée gagner à Montpellier - 20 février 2016

La joie de la Section paloise qui est allée gagner à Montpellier - 20 février 2016AFP

Quel bilan tirez-vous à mi-championnat?

B.P: Pour établir ce bilan, je m’appuie sur ce qu’ont fait les promus les années passées. On s’aperçoit qu’il leur est toujours difficile de se mettre dans le bain. Le plan comptable de nos matchs à domicile est dans l’ensemble satisfaisant, en revanche, nous avons mis du temps à nous décomplexer à l’extérieur et à aller y chercher des points. À Montpellier, il y a eu de l’engagement et nous avons réalisé le match qu’il fallait faire ce jour-là.

Êtes-vous confiant pour le maintien?

B.P: Pour le moment, les paris concernant le maintien, je les laisse aux bookmakers britanniques! Pour ma part, je raisonne plus simplement. À Montpellier, on se l’est donné et le danger serait de s’enflammer avant de recevoir Bordeaux-Bègles et les équipes qui suivront. Nous avons prouvé par le passé notre capacité à réaliser de très bonnes choses puis à passer à travers le dimanche suivant. On a gagné un match à l’extérieur, point. Maintenant, concentrons-nous sur la venue de l’UBB. En rugby comme dans la vie, rien n’est jamais acquis.

Ce résultat peut-il faciliter les choses au niveau du recrutement?

B.P: Il est certain que plus nous marquons de points, plus nous nous retrouvons dans du confort. Maintenant, nous sommes loin d’une zone de confort par rapport au nombre de matchs restant à jouer. Pour nous, le fait de gagner constitue un challenge chaque week-end, surtout par rapport à des cadors qui sont rompus au haut niveau. Nous sommes le petit poucet confronté à la problématique du débutant. À nous de nous décomplexer totalement et après les choses seront plus faciles à tous les niveaux.

Colin Slade (Pau) face à Montpellier - 20 février 2016

Colin Slade (Pau) face à Montpellier - 20 février 2016Icon Sport

Quelles seront les priorités du recrutement à venir? Densifier le pack?

B.P: Nous apporterons une plus-value au groupe l’année prochaine. Nous recruterons en tenant compte de cet objectif et nous densifierons partout où nous le pourrons, devant et derrière (*).

Êtes-vous pleinement rassuré pour Boutaty, qui a repris le week-end dernier avec les Espoirs?

B.P: Il faut attendre un peu. C’est un joueur d’expérience, il connaît son corps et ses sensations. Il sera en mesure de dire s’il peut revenir, ou pas, à son meilleur niveau. Au vu de son match avec les Espoirs tout avait l’air d’aller. Maintenant, s’il ne se ressent plus de sa blessure ça fera tomber les barrières pour la suite.

" J’ai pensé que je devais intervenir afin de fédérer tout le monde vers le même objectif"

Et Moa, comment va-t-il?

B.P: Taniéla en a encore pour un mois et demi, a minima, avant de revenir sur un terrain. Il a repris l’entraînement, il est déterminé et affûté comme jamais. De toute façon, il n’a pas le choix car ses camarades sont montés d’un cran. Il est talentueux et doit le prouver.

Vous avez évoqué la possibilité de voir Jean Bouilhou intégrer le staff la saison prochaine. Avez-vous entamé des discussions avec lui à ce sujet?

B.P: On lui a fait connaître nos intentions mais nous n’avons pas entamé des discussions précises avec lui. Pour le moment, nous sommes dans une période capitale pour le club et nous laissons les choses avancer tranquillement. Nous ne voulons pas mettre la charrue avant les bœufs.

On vous a beaucoup vu dans les médias ces derniers temps. Pensez-vous que c’était le moment de remettre de l’ordre dans la maison?

B.P: Il y a des moments où c’est le rôle d’un président d’intervenir. Ceci dit, il n’y avait pas de désordre au niveau du club. En revanche, on ne peut pas contrôler tout ce qui se passe autour et les gens qui véhiculent de fausses informations. Je pense qu’il faut qu’on garde à l’esprit que nous sommes là pour jouer au rugby, ça permettra de laisser les choses à leur place. Quand j’ai senti que la communauté autour de la Section commençait à se poser des questions, j’ai pensé que je devais intervenir afin de fédérer tout le monde vers le même objectif. Nous sommes dans une région qui aime le rugby et ça montre la place importante du club en Béarn. Nous avons un devoir de rendre les gens heureux et non de créer des tensions. Or, des personnes parlent beaucoup et les moyens modernes de communication, le plus souvent anonymes, font que certains se laissent aller trop facilement à ce qu’il y a de plus nauséabond dans la nature humaine. Et Dieu sait si la nature humaine peut être parfois décevante! Nous, à la Section, nous voulons être un ciment territorial. Nous souhaitons que le peuple du Béarn soit avec nous et pousse derrière ses acteurs. Le bonheur, on doit se le fabriquer ensemble. La Section, c’est l’affaire de tous et nous dirigeants, bénévoles je le rappelle et les sportifs, nous avons besoin de cette communauté derrière nous.

Avec les cours du baril de pétrole au plus bas, existe-t-il le risque d’une baisse du partenariat de Total?

B.P: Si c’était le cas, je le saurais déjà. Malgré le contexte défavorable que vous évoquez, Total s’en sort bien. Néanmoins, je peux vous rassurer et vous dire qu’une éventuelle baisse du partenariat de Total n’est pas à l’ordre du jour.

(*) En ce qui concerne le recrutement, nous savons que des contacts ont été pris avec des joueurs pouvant renforcer la 2e et 3e ligne, les trois-quarts et notamment le poste d’arrière.

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