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Top 14: 4 bonnes raisons d'espérer pour Pau

4 bonnes raisons d'espérer pour Pau

Mis à jourLe 23/12/2015 à 16:09

Publiéle 23/12/2015 à 16:09

Mis à jourLe 23/12/2015 à 16:09

Publiéle 23/12/2015 à 16:09

Article de Marc Bruno

Engluée au classement et dans l’incapacité de ramener le moindre point de ses voyages, la Section paloise n’a pas d’autre choix que de s’imposer à domicile. Toutefois, plusieurs raisons permettent aux Palois d’espérer des jours meilleurs lors de la deuxième moitié du championnat. Les voici!

  • L’expérience et la maturité engrangées

En dix journées, la Section a acquis de l’expérience. Au Stade français, pour l’ouverture du Top 14, elle a par exemple mesuré que la vitesse d’exécution était largement supérieure à celle de la Pro D2. À domicile contre un cador (Montpellier), elle a trouvé des failles et prouvé sa capacité à profiter des fautes adverses au pied. Incontestablement, c’est à la maison que les leçons furent les plus riches. Elle a fait déjouer Toulouse, battu Agen aux forceps après un dernier quart d’heure calamiteux et arraché le nul face au Racing, lors d’une fin de match héroïque. Seul bémol, la défaite concédée contre la puissance Briviste.

"On a acquis du bagage et on a compris certaines choses, mais du chemin reste à parcourir", reconnaît le président Bernard Pontneau. "En revanche, ce n’est pas par hasard qu’on a fait chuter des gros et accroché le Racing. Attention tout de même, car nous ne pouvons pas nous permettre de lâcher des points chez nous. Nous savons qu’il nous manque encore de l’expérience, du fait que nous n’existons toujours pas à l’extérieur. Jouer à l’extérieur requiert davantage de maîtrise, de sang-froid et de calcul, ce que nous ne savons pas faire".

Colin Slade (Pau)- décembre 2015
Colin Slade (Pau)- décembre 2015 - Icon Sport

Les déplacements demeurent effectivement le gros point noir palois. À chacun d’eux, la Section a encaissé entre 30 et 40 points, sans glaner le moindre bonus défensif. Une situation inconfortable à laquelle il faut mettre fin au plus vite. Le calendrier des rencontres extérieures à venir, peuplé de Toulon, Toulouse et Montpellier montrera si les Vert et Blanc ont acquis la maîtrise nécessaire loin de leurs bases ou s’ils doivent encore bûcher leur sujet.

  • Les arrivées de Colin Slade et Conrad Smith

Ces deux joueurs de classe mondiale vont apporter leur expérience du très haut niveau et tirer le groupe vers le haut. Personne ne peut contester ces évidences. Considérés par les supporters palois comme les sauveurs, les seront-ils? Habitués à enfiler le maillot noir le plus prestigieux au monde et auréolés de deux titres mondiaux, ce n’est pas le Top 14 qui va leur faire tourner la tête, leur mettre la pression et leur ôter leur lucidité, bien au contraire. Leur présence va rassurer le groupe tout comme leur sérénité, leur capacité à gérer le stress, leur enthousiasme et leur professionnalisme. Dans le jeu, au-delà de leur aptitude à prendre des initiatives et à faire jouer leurs partenaires, ils vont amener de la fluidité, de la vitesse d’exécution et une touche d’improvisation à une équipe en souffrance dans ces domaines depuis le début de saison.

"Pour ma part, j’attends qu’ils nous transmettent leur capacité à bâtir des convictions collectives", ajoute le président Pontneau. "De surcroît, ce sont des gars qui possèdent un plus dans le sens du travail et du détail. Ils ont également la capacité à se fondre dans un groupe. Ils font certes le job, sur et à l’extérieur du terrain, mais leur priorité demeure cette appartenance au groupe dans lequel ils mettent leur empreinte au niveau de l’état d’esprit".

Colin Slade et Conrad Smith (Pau) - décembre 2015
Colin Slade et Conrad Smith (Pau) - décembre 2015 - AFP

Lors de son arrivée, Conrad Smith a évoqué la notion de plaisir qu’il compte prendre et transmettre. "J'ai choisi de venir à Pau pour prendre un maximum de plaisir à jouer avec mes partenaires. J'ai mesuré l'énorme attente ici et je suis excité par le challenge à relever", insista le numéro 13 All Black. Un plaisir que dirigeants et supporters palois espèrent communicatif, tant la pression du résultat en Top 14 le gâche quelque peu. "On oublie cette notion de plaisir en raison de la pression et du stress engendrés par le Top 14", reconnaît Bernard Pontneau. "C’est un des problèmes de ce championnat qui devrait modifier sa formule en instaurant une seule descente et une seule montée. Pour ma part, j’y suis favorable. Ça enlèverait du stress et on verrait des matchs de bien meilleure qualité".

  • Le franchissement d’un palier de certains joueurs

Rompus aux joutes de la Pro D2, au jeu souvent restrictif et lent, il a fallu que les joueurs franchissent un palier dans l’élite. Arrivé d’Otago en 2012, Daniel Ramsay avait démontré, les années passées, sa capacité à abattre un énorme travail. Aussi, dès les premiers matchs de Top 14, il n’a eu aucun mal à se hisser au niveau de son nouveau partenaire en deuxième ligne, l’expérimenté Julien Pierre. Aujourd’hui, même si le Néo-zélandais n’a pas le palmarès de Slade et Smith, il s’est imposé comme un incontournable du pack. Dans sa foulée, d’autres joueurs qui ont fait leurs armes sous le maillot frappé du Pic du Midi d’Ossau, ou sous d’autres cieux, s’affirment. Et notamment le pilier gauche Jérémy Hurou.

Le Tarbais d’origine a véritablement franchi un cap en tenant la dragée haute en mêlée aux adversaires les plus véloces. À ces qualités, il convient de rajouter son dynamisme et son extraordinaire habileté balle en main. L’une des autres satisfactions s’appelle Mathieu Acébès. Blessé au genou contre Montpellier, fin août, Mathieu Acébès manque cruellement. Son brin de folie sur le terrain, ses relances improbables et son sentiment de n’avoir peur à rien enflamment le Hameau qui espère son retour au plus vite. Au rayon des bonnes nouvelles s’ajoute Samuel Marquès, parfait poil à gratter derrière son pack. Quant à Thibaut Daubagna, son remplaçant, à seulement 21 ans, il est pétri de talent.

Jérémy Hurou (Pau)- décembre 2015
Jérémy Hurou (Pau)- décembre 2015 - Icon Sport

Ce dernier s’annonce comme un numéro neuf d’avenir. Mehdi Boundjéma a mis plus de temps à trouver ses marques, toutefois le talonneur a affiché une activité débordante face au Racing. Sa doublure, le Landais Quentin Lespiaucq (21 ans en février), n’est pas en reste puisqu’il a poussé sur le banc un garçon comme Vincent Campo. "C’est vrai que plusieurs garçons ont montré qu’ils pouvaient exister en Top 14", approuve Bernard Pontneau. "Néanmoins, j’attends que tous ces gars franchissent un second palier en réalisant des performances similaires sur la durée, car c’est ça le haut niveau". Cet effectif en évolution va être étoffé. En effet, à l’issue du match de Challenge Cup face à Newport, le président a annoncé l’arrivée de deux jokers médicaux. Le premier en remplacement du pilier droit Sylvain Charlet, victime d’une fracture de la malléole et le second en tant que numéro huit perforateur. Un joueur sera testé prochainement à ce dernier poste.

  • Sa solidité à domicile

En dix journées de championnat, sur 50 points possibles (40 sans les bonus), et pendant que le leader Clermont en a engrangé 33, la Section en totalise seulement 15. Ce capital démontre la solidité des Palois dans leur antre puisqu’il a été acquis exclusivement à domicile avec trois victoires, un nul et un bonus défensif. En revanche, le zéro pointé à l’extérieur fait tache. Ce constat confirme que les Vert et Blanc n’ont pas d’autre alternative que de maintenir ce cap, tant qu’ils ne trouveront pas de solution pour ramener des points de leurs voyages.

"Il est en effet indispensable de maintenir ce cap chez nous", acquiesce le président Pontneau. "Il faut continuer à faire tomber des gros ici d’autant que d’autres chutent face à ces équipes. Dans notre fief du Hameau, nous devons être forts dans nos convictions pour délivrer la meilleure prestation possible face à n’importe quel adversaire. La victoire sera à ce prix".

Bernard Pontneau - Photo Marc Bruno
Bernard Pontneau - Photo Marc Bruno - Rugbyrama

Contre La Rochelle, dimanche à 16h, les Palois n’ont pas le droit à l’erreur, sous peine de ne pas garder leurs distances avec les deux relégables, à une semaine d’un déplacement sans illusion chez le maître toulonnais. La Rochelle, une vieille connaissance que la Section a souvent croisée en Pro D2. La Rochelle, le modèle, dont les dirigeants palois se sont souvent inspirés au niveau rugbystique, économique et même pour agrandir leur stade avant d’accéder au Top 14. "Oui, La Rochelle est un modèle", reconnaît Bernard Pontneau. Néanmoins ça reste un beau concurrent. Et quand on a un bel ennemi, c’est qu’on a pour lui une partie d’admiration.

Pour autant, et même si la période des cadeaux bat son plein, les Palois ne comptent pas jouer les pères Noël. "Au Hameau, on a souvent trouvé la recette pour les battre, alors…", insiste le président, sourire aux lèvres. C’est vrai que la Section a souvent trouvé la clé pour faire échec aux Maritimes en Béarn. Toutefois, histoire de ne pas trop s’enflammer, il convient de rappeler que Les Rochelais, entre 2007 et 2013, sont venus y gagner deux fois et y ont décroché un résultat nul. Reste désormais à écrire une nouvelle page en Top 14.

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