Pierre Camou, à gauche, et Serge Blanco - Icon Sport
Top 14

Finale à Barcelone : la décision qui fait bouillir Blanco et Camou

Barcelone: la décision qui fait bouillir Blanco et Camou
Dernière mise à jour Le 04/11/2014 à 17:08 - Publié le 04/11/2014 à 17:05
Par Anthony Tallieu - Le 04/11/2014 à 17:08

La LNR a annoncé ce mardi que le Nou Camp de Barcelone accueillerait la finale du Top 14 en 2016. Une délocalisation qui fait déjà grincer des dents, et pas que chez les supporters. S'ils affichent une solidarité de façade avec la ligue, Serge Blanco et Pierre Camou fulminent.

Le communiqué est tombé ce mardi matin: la finale du Top 14 ne se jouera pas en France. Une nouvelle attendue puisque la LNR, par la voix de son président Paul Goze, avait déjà révélé que le nom des trois candidats finaux: Barcelone, Milan et Londres. C'est donc la cité catalane et son majestueux Nou Camp de 98.000 places qui ont été choisis. Pour Pierre Camou, le président de FFR, cette délocalisation à l'étranger, devenue inéluctable à cause de l'Euro 2016 de football en France, a du mal à passer. "On est un sport qui a pris énormément d'importance depuis une dizaine d'années mais qui n'a plus d'enceintes pour accueillir ses spectateurs. Il y a un championnat d'Europe de football en 2016. Il paraît que nous abîmons les pelouses et qu'il est interdit de jouer sur celles-ci à un autre sport autre que le football. Est-ce que notre sport est la variable d'ajustement des autres sports ? Pour moi non".

Cette rancœur contre les instances du ballon rond, Serge Blanco la partage. La figure emblématique du Biarritz Olympique regrette l'omniprésence d'un sport qui refuse de partager ses écrins avec les autres. "Je pense que c'est grave, pour un sport qui amène une telle force économique sur le territoire, de ne pas pouvoir y jouer sa propre finale de championnat. On s'aperçoit que le contribuable paie, non pas pour l'ensemble des sports, mais pour un seul, qui se veut au-dessus des autres et qui s'appelle le football. Je peux comprendre qu'un club propriétaire de son stade puisse ne pas vouloir qu'on y joue dessus, mais on parle là de stades d'état. Je ne peux pas comprendre qu'une finale nationale ne soit pas jouée sur notre territoire".

Blanco: "Aujourd'hui, nous sommes sans domicile fixe"

Pour les deux hommes forts de la FFR, cet aveu de faiblesse met en lumière un état d'urgence et la nécessité pour le rugby français de se doter d'un grand stade. Aujourd'hui, nous sommes sans domicile fixe, lâche Blanco. "Le grand stade doit permettre à la fédération et à la ligue d'avoir une forme d'indépendance, pour ne pas dire plus. À l'heure où je vous parle, nous sortons d'une réunion où nous avons retenus deux favoris pour la construction du stade. Nous sommes aujourd'hui à un tournant de la vie rugbystique française".

Sur la toile, le mécontentement des supporters, qui devront traverser la frontière pour assister à leur finale, est déjà palpable. "Mais je le partage à 200 %", poursuit Blanco. "Nous ne sommes pas les instigateurs de cette décision. Nous la comprenons. J'avais dénoncé, quand j'étais président de la LNR, les difficultés qu'il y avait pour le rugby français de pouvoir s'implanter dans certaines régions et de jouer dans certains stades. C'est peut-être complètement fou de vouloir disputer notre finale dans un autre pays, mais a t-on vraiment le choix ?"  S'il la comprend, l'ancien arrière international, aux chevet des Bleus depuis cet été, semble bien mal la digérer, au point d'en appeler à demi-mots au monde politique pour réagir et prendre des mesures qu'il ne peut prendre lui-même. "La partie sportive a pris sa décision. Est-ce qu'aujourd'hui, des instances non sportives vont s'insurger ? Est-ce que quelqu'un, dans le monde politique, peut dire stop ? Posez-vous la question mais posez la aussi aux autres ! " Le débat ne fait que commencer.

0 commentaire
Ajoutez le vôtre !
 
×