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Castres - Mathieu Bonello: "Ma décision d'arrêter ma carrière à la fin de la saison est prise à 80%"

Bonello: "Ma décision d'arrêter ma carrière à la fin de la saison est prise à 80%"

Mis à jourLe 13/01/2016 à 15:06

Publiéle 13/01/2016 à 15:03

Mis à jourLe 13/01/2016 à 15:06

Publiéle 13/01/2016 à 15:03

TOP 14 - Mathieu Bonello vit très certainement sa dernière saison en tant que joueur de rugby professionnel. Le talonneur castrais se livre sur une décision souvent délicate et sur son futur. Entretien.

On ne vous a pas encore vu cette saison sur les terrains, comment allez-vous?

Mathieu BONELLO: J'ai eu beaucoup de pépins physique. Je me suis ouvert un peu à la main. Je n'ai rien pu faire pendant un mois et demi, pas d'entraînement et j'ai un peu été coupé du monde. Désormais, je reviens un peu mais comme le train est déjà parti, c'est dur de monter dedans. J'essaye de reprendre l'entraînement et d'être disponible le plus possible mais c'est vrai que c'est un peu difficile. Je n'ai pas joué depuis quelques mois. J'arrive en fin de carrière et c'est vrai que c'est difficile de revenir dans le circuit.

Comment vivez-vous cette situation?

M.B: D'un côté, je le vis plutôt bien. Je sais qu'il faut arrêter tôt ou tard. Après, je reste un compétiteur. Quand je regarde dans le rétroviseur et que je regarde ce que j'ai pu faire et ce que je fais aujourd'hui, je me dis qu'il y a un véritable écart. On est forcément un peu déçu au fond de soi. Surtout déçu de soi-même. Pour moi, c'est une année compliquée. C'est comme ça. Il faut faire le dos rond et j'espère que je vais pouvoir m'accrocher sur la deuxième partie de saison et montrer ce que je vaux même si je dois arrêter en juin.

" Le train est parti sans moi"

Vous attendiez-vous à une saison aussi difficile?

M.B: Pas spécialement. Je pensais que j'étais bien reparti dans la préparation cette été. Je voulais remettre les compteurs à zéro. Mais j'ai été un peu en difficulté physiquement. Le train est parti sans moi. J'ai enchaîné les pépins et je n'ai pas réussi à remonter dans le train.

Mathieu Bonello en 2011
Mathieu Bonello en 2011 - Icon Sport

Que pensez-vous de l'arrivée de Jody Jennecker au CO pour la saison prochaine?

M.B: Cela ne me gêne pas. Je ne cherche pas forcément un autre contrat en tant que joueur. Je vais avoir 34 ans. Cela fait pas loin de dix ans que je suis à Castres. J'ai fait mon temps. Cela n'a rien à voir. Je ne le prends pas mal. J'ai de très bonnes relations avec le club et je veux choisir ma fin.

Il y a beaucoup de rumeurs vous concernant. On parle notamment d'une fin de carrière en juin ou d'un départ vers Albi. Qu'en est-il exactement?

M.B: J'ai pris ma décision à 80%. Mais il reste encore 20%. Il y a encore quelques mois, je voulais arrêter ma carrière et terminer sur ce contrat. J'aurais 34 ans. Je voulais finir au CO pour terminer ma carrière de joueur. Mais aujourd'hui, cela fait un mois que je me sens beaucoup mieux physiquement. Je me laisse encore un peu le temps de la réflexion. Mais d'ici fin janvier, ma décision sera prise.

" Je tiens énormément au CO. Castres reste mon club. Je me verrais difficilement porter un autre maillot"

Vous pourriez évoluer dans un autre club de Castres?

M.B: Peut-être mais honnêtement, je ne le pense pas. Je tiens énormément au CO. Castres reste mon club. Je me verrais difficilement porter un autre maillot. J'ai aussi des objectifs d'après carrière. J'ai commencé à y réfléchir depuis un petit moment. Je ne suis pas dépourvu. Je sais ce que je veux faire. C'est pour cela que ma décision d'arrêter ma carrière de joueur en fin de saison est prise à 80%. C'est pour finir ici à Castres.

Mathieu Bonello avec Gaillac en 2006
Mathieu Bonello avec Gaillac en 2006 - Icon Sport

Vous paraissez très serein en annonçant cela...

M.B: Oui parce que c'est une décision réfléchie depuis le mois de juin. J'étais déjà un peu en balance pour savoir si cela était ma dernière année. Je m'y suis préparé. Les pépins physique ont fait qu'il faut savoir décider. Dans ma tête, j'ai déjà fait mon choix. Ce n'est pas un choix facile. Je sais qu'une fois qu'on raccroche les crampons, c'est terminé. On ne va pas les reprendre plus tard. Après, je suis encore jeune, je sais que je peux encore faire une année ou deux mais ma décision est bien avancée.

Vous évoquez votre après carrière, de quoi s'agit-il?

M.B: Je veux rester dans le rugby. Si possible dans le milieu professionnel. J'ai été éducateur à Gaillac et j'ai passé tous mes diplômes d'entraîneur. J'ai le BE1 et le BE2 rugby. Cela me permet d'entraîner jusqu'en Top 14. Je sais ce que je veux faire. Depuis deux ans, je vais entraîner deux fois par ans à Gaillac en Fédérale 2. J'ai monté des stages de rugby pour les enfants. C'est un peu un nouveau projet qui commence à prendre la succession du joueur. C'est cela qui me permet de prendre une décision dans la sérénité. C'est préparé. Les opportunités feront simplement que je basculerais plus ou moins vite.

" Il faut avoir une fin et je préfère la choisir plutôt que de la subir"

Le fait d'anticiper vous a-t-il beaucoup aidé?

M.B: Oui parce que je ne suis pas pris au dépourvu. C'est difficile pour un sportif de haut niveau d'arrêter. Tout s'arrête du jour au lendemain. C'est pour cela que je m'y suis préparé. J'accepte de me dire que ma carrière a duré dix ans chez les professionnels. Il faut avoir une fin et je préfère la choisir plutôt que de la subir.

Et qu'en est-il des rumeurs concernant Albi?

M.B: Honnêtement, ce n'est pas d'actualité. Pour l'instant, il s'agit juste de savoir si je continue à jouer au rugby ou si j'arrête ma carrière. Ma réflexion concerne uniquement cela. Soit je continue à jouer ou je bascule dans mon après carrière. Ma décision est pratiquement prise. Je suis en pourparlers avec certaines personnes pour mon après carrière. Tout peut se débloquer très vite et il faut être honnête, si j'ai une proposition d'après carrière intéressante, je ne jouerais pas un an de plus. Même si aujourd'hui, j'ai retrouvé l'envie et l'enthousiasme. J'espère que je vais pouvoir me montrer un peu sur le terrain et changer cette deuxième partie de saison.

Mathieu Bonello, champion de France 2013 avec Castres
Mathieu Bonello, champion de France 2013 avec Castres - Icon Sport

Commencez-vous à repenser à ce que vous allez perdre lorsque vous arrivez le matin à l'entraînement?

M.B: Bien sûr, je n'aime pas trop regarder dans le rétroviseur mais on y est forcément obligé à un moment. Quand tu arrives le matin, qu'on se dit qu'on y a passé dix ans de sa vie et qu'on ne va plus y revenir. On repense aussi à tous les bons moments. On a fait des phases finales. il y a eu des moments forts. Le titre de champion de France. Gagner dans le Tarn, dans mon département, a été quelque chose de vraiment intense. On repense évidemment à tous ces moments mais je n'ai pas de nostalgie. Ce sont des moments énormes. Le rugby m'a fait partager des moments fabuleux avec des superbes rencontres.

" Le monde pro me fascine. Je n'aurais jamais pensé y arriver. C'est pour cela que j'espère y travailler"

Qu'est-ce qui vous manquera le plus?

M.B: La vie de groupe va me manquer. Les potes avec les boutades. L'entraînement et le rythme de vie aussi vont me manquer. Et puis surtout, le vestiaire va me manquer. Avant, à la mi-temps et après le match. C'est une saveur terrible. Quand on prépare un match, on ne sait pas ce qui peut arriver. Je n'aurais plus cette sensation ni cette adrénaline. C'est pour cela que je tiens absolument à rester dans le milieu. Je suis vraiment passionné par ce sport. Le monde pro me fascine. Je n'aurais jamais pensé y arriver. C'est pour cela que j'espère y travailler.

Qu'espérez-vous pour la fin de saison?

M.B: Je veux remontrer que je ne suis pas fini sur le terrain. Je veux montrer que je suis encore au niveau. Je veux vraiment bien finir et me donner les moyens de bien terminer. C'est très important pour moi parce que je suis très attaché au Castres olympique. Cela me sera vraiment très difficile d'aller dans un autre club.

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