Le centre du Racing, Henry Chavancy, face à Toulon (16 mai 2014) - Icon Sport
 
Article
commentaires
Top 14

Top 14 - Le Racing a pris un ticket pour l'avenir

Le Racing a pris un ticket pour l'avenir

Par Thomas PEROTTO
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 18/05/2014 à 12:11 -
Par Thomas PEROTTO - Le 18/05/2014 à 12:11
Vaincu par des Toulonnais plus expérimentés à ce niveau de compétition, le Racing-Metro va forcément grandir avec cette défaite. Pour revenir encore plus fort l'année prochaine.
 

La formidable deuxième partie de saison s'est donc arrêtée au stade Pierre-Mauroy de Lille. Ecrin sublime s'il en est, fait pour les stars du sport. Le Racing-Metro 92 en possède, c'est certain. Personne ne le niera. Lancé dans une course poursuite contre lui-même et le Top 14, le Racing a manqué le coche en demi-finale. Il n'y a pas de honte à cela. En décembre dernier, bien malin était celui qui pouvait prédire pareil sort. Les Franciliens bafouillaient le rugby, perdaient un match sur deux, peinaient à construire quelque chose. Depuis un succès contre Castres à domicile début mars (25-15), les choses avaient subitement changé. Les hommes des deux Laurent renversaient tout sur leur passage. La mayonnaise avait enfin pris.

Face à Toulon, champion d'Europe en titre, les Ciel et Blanc sont simplement tombés sur plus forts qu'eux. A ce niveau d'exigence et de compétition, l'expérience des Toulonnais a fait la différence. Laurent Labit le pense. "On l'a vu sur le match, Toulon avait plus l'habitude et plus d'expérience collective dans son équipe pour gérer cela. Nous sommes peu habitués à des rendez-vous ensemble de ce niveau-là. C'est ce qui a fait la différence ce soir", soulignait l'entraîneur des trois-quarts. "C'est celui qui a été le plus précis qui a gagné, faisait remarquer l'ailier Juan Imhoff, un peu désabusé. C'est dur. Personnellement, je suis triste. On a essayé mais on a pas réussi". Fatalisme.

Se construire sur la défaite

L'échec en demi-finale ne doit cependant pas occulter le fait que le Racing est une grosse machine. Appelée à revenir au même stade dès l'an prochain. "Ce genre de matches va faire grandir l'effectif", professait le capitaine Antoine Battut, qui va partir à Montpellier en fin de saison. Même discours chez l'Argentin Imhoff. "Tout ce qu'on a fait cette année, il faut le garder pour l'avenir. Toulon est un exemple pour tout le monde, c'est sûr, mais le Racing a son identité, le Racing a trouvé la sienne". En s'inclinant face aux Varois, le club du président Jacky Lorenzetti a validé son ticket pour le futur. Mourad Boudjellal, le président du RCT, avouait en zone mixte que le Racing allait très vite voir le Stade de France s'il continuait son développement. Ses joueurs figurent parmi les meilleurs d'Europe. Les Roberts, Sexton, Lydiate ou Mujati n'ont probablement pas livré le tiers de leur potentiel personnel. Le savoir-faire du duo Travers-Labit peut amener cette équipe vers les sommets. Un club se construit forcément sur des défaites...

Le parcours global du Racing est une satisfaction, les acteurs (staff et joueurs) ne le contestaient pas. Comment blâmer une équipe qui a vu son effectif bouleversé à l'été 2013 et qui a du faire avec de nouveaux coachs ? L'expérience toulonnaise a vaincu la puissance du Racing. Aucune des deux équipes n'avaient changé son fusil d'épaule. Faire du jeu à volonté, pourquoi faire ? "C'est ce jeu qui nous avait permis de battre Clermont il y a quelques semaines, sauf qu'on faisait encore plus de fautes. C'est le procès qu'on a fait au Racing la semaine dernière contre Toulouse mais ça avait marché",, constatait Antoine Battut. "On est arrivé en demi-finales avec ce jeu-là, disait également Juan Imhoff. Il y a eu des critiques oui, mais elles s'arrêtent à la porte des vestiaires". Le Racing-Metro n'était pas foncièrement abattu par cette défaite contre Toulon. Les progrès sont encore nombreux à faire, le groupe se construit. Le vécu commun est probablement la seule chose qui a manqué aux stars françaises et étrangères du RM92 pour rallier le Stade de France. Mais le ticket pour l'avenir est poinçonné.

Juan Imhoff (Racing) déborde Jonny Wilkinson (Toulon)
Juan Imhoff (Racing) déborde Jonny Wilkinson (Toulon) - Icon Sport
 
 

commentaires


  • RugbydeVillage18/05/2014 21:00

    Le problème, tout de même, c'est que le Racing n'a pas gagné son barrage : c'est le ST, par ses lacunes actuelles (buteur et mêlée), qui a offert la victoire à un adversaire, non pas joueur, mais avant tout comptable : d'ailleurs à la mi-temps le commentaire du Racing était "on ne prendra des risques que si c'est nécessaire", montrant bien que la seule option de jeu est le contre : le contre, là encore le type de jeu proposé par Toulon ... ainsi que par le CO du duo Labit - Travers, champion l'an dernier. Qui peut encore nous faire croire que le rugby des milliardaires profitera à la compétitivité de l'EdF ?

  • IG89NG18/05/2014 16:48

    La demi finale a été ennuyeuse à regarder à l image tu Racing et de Toulon. Je pense que le rugby peut être autre chose que des Sud Afs se rentrant dedans.

  • Toulon Toujours18/05/2014 14:37

    J'avais dit dès le début de ce TOP14 que le Racing était une équipe en construction et qu'il était trop tôt pour le voir s'imposer face à des équipes comme MHR, RCT Montpellier ou Toulouse. et qu'il commencerait à monter en fin de championnat pour prendre leur place dans le prochain TOP14. Je ne me suis pas trompé sur ce coup. Il faut féléciter l'équipe pour avoir fait une seconde moitié de championnat exceptionnelle. Néanmoins il me semble qu'il reste beaucoup de travail au Staff. Si les joueurs me paraissent largement à niveau (et les arrivées attendues pour le prochain TOP14 rebforceront ce point) il y a encore a faire de ces joueurs de haut niveau une équipe soudée. Nous avons eu exactement le même problème à Toulon. Pour l'instant le Racing se repose trop sur une défence de fer et sur un Sexton capable de mettre en danger le camp adverse par ses transformation de pénalité ou ses drop. Encore une fois cette situation me rapelle l'époque ou à Toulon on parlait de Wilko dépendence. Nous avons galéré pas mal de temps avec PSA comme entraineur qui n'a jamais su résoudre ces problèmes. Puis l'arrivée de Laporte a tout changé. Je pense que tout repose maintenant sur le travail du Staff pour le Racing. ET là je reste sur mes positions que Quesada était un meilleur entraineur que le couple Labit et Travers. Ce nouveau TOP 14 va montré qu'elle est la capacité du Staff à faire de Racing une équipe d'excellence ou non. En tout cas je leur souhaite d'y arriver pour retrouver nos "autres parisiens" dans les prochaines phases finales.