Les joueurs de Colomiers et les chômeurs lors d'un atelier de passes - Photo PROVALE - Other Agency
 
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Stage Reactiv'Carrière de Provale - Sans club, les joueurs chômeurs ne lâchent pas

Sans club, les joueurs chômeurs ne lâchent pas

Par Thomas GOURDIN
Dernière mise à jour Le 04/07/2014 à 10:51 -
Par Thomas GOURDIN - Le 04/07/2014 à 10:51
Colomiers accueille le stage organisé par Provale à destination des joueurs chômeurs. Deux jours et demi de préparation physique, d'entraînement, mais aussi d'entretiens et d'informations sur la reconversion. Reportage.
 

Ce jeudi, sur les terrains d'entraînement du stade Michel-Bendichou, des hommes en rouge son venus se mêler aux tuniques bleues columérines. Cinq précisément, sur les neuf joueurs sans contrat qui ont accepté de suivre tout ou partie du stage organisé par le syndicat Provale. “On n'est pas là pour signer à Colomiers mais pour s'entraîner en groupe, côtoyer à nouveau une structure professionnelle”, témoigne Quentin Nauroy. L'ancien pensionnaire d'Oyonnax était déjà sans club l'été dernier. Il s'en est donc retourné à XIII, avec Saint-Estève-XIII catalan, mais “espère rebondir à XV”, faute de pouvoir vivre du rugby dans le club perpignanais. “Les entraînements en Top 14 et Pro D2 ont repris depuis plusieurs semaines. Nous devons nous préparer, nous maintenir à niveau”, ajoute-t-il.

"Personne n'est à l'abri"

L'encadrement columérin ne ménage d'ailleurs pas les stagiaires présents. Il aurait même tendance à les pousser davantage que les joueurs de la Colombe. A l'image de l'entraîneur des lignes arrières, Philippe Filiatre, qui encourage l'ancien Tarbais Georgi Chkhaidze à se montrer plus tranchant sur un atelier de passes. “Nous ne devons pas avoir pitié d'eux, mais au contraire les aider à travailler le mieux possible. Sur cette journée, ils sont comme nos joueurs”, appuie Bernard Goutta.

Voilà deux mois que l'entraîneur des avants est en contact avec Provale pour préparer l'arrivée des stagiaires : “Le rugby est une grande famille. C'est normal de recevoir ces joueurs qui sont en galère malgré leur très bon niveau. Il est toujours difficile de se préparer seul. Mentalement, c'est important pour eux de ne pas se couper de la vie de groupe. Et c'est aussi intéressant pour nous, joueurs et staff, car cela permet de rappeler que personne n'est à l'abri.”

Préparer la reconversion

Cette dernière idée semble bien ancrée dans tous les esprits. “Cela peut vraiment arriver à tout le monde, à tout moment”, entend-on régulièrement. A l'image du demi de mêlée Fabrice Culinat, les Columérins semblent s'intéresser au devenir de leurs camarades du jour. Ils prennent le temps de comprendre l'accompagnement mis en place pour les rugbymen chômeurs. Car ce stage de deux jours et demi, qui s'était déroulé à Albi l'an dernier et au Stade français en 2012, ne se limite pas au terrain.

Outre la préparation physique et l'entraînement, des entretiens individuels et des ateliers sur les droits et les possibilités de reconversion sont au programme. L'occasion de “s'informer, notamment sur la partie administrative”, note l'ancien Lyonnais Laurent Tranier, mais aussi d'explorer de nouvelles pistes. Quentin Nauroy s'est ainsi renseigné sur les opportunités de formation : “Je souhaite préparer un BP Jeps (Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport, NDLR). Provale m'a indiqué une aide au financement dont ne m'avait pas parlé Pôle Emploi.”

"Certains sortent du circuit"

Pendant ce temps, Pierre-Henry Broncan s'est installé aux abords du terrain. Entre deux poignées de mains, le nouveau chargé de la détection des jeunes de l'Union Bordeaux-Bègles est venu observer la forme des joueurs au chômage. “En cas de blessure, nous pourrions avoir besoin de renforcer l'équipe pour les matchs de préparation. Avant d'aller chercher à l'étranger, nous venons voir ici”, explique-t-il.

L'ancien entraîneur du TPR se remémore également les stages qui étaient organisés il y a encore quelques années : à cette époque, l'on pouvait assister à une rencontre mettant aux prises deux équipes de joueurs sans contrat. Depuis plusieurs saisons, le nombre de chômeurs s'est stabilisé à une dizaine chaque été. “De plus en plus de clubs de Fédérale viennent chercher des joueurs pros, analyse le technicien. Du coup, ils sortent du circuit. Cela peut leur offrir l'opportunité de rebondir car les clubs pros suivent attentivement ces championnats mais c'est toujours compliqué.” Les chômeurs présents veulent en tout cas y croire. “Je reste très motivé”, lâche Quentin Nauroy. Un état d'esprit que tous, Mathieu Nicolas, Laurent Tranier, Georgi Chkhaidze et Yann Lohore, ont aussi voulu montrer sur le terrain.

Organisé par Provale, le stage a permis à certains joueurs chômeurs de s'entraîner avec Colomiers
Organisé par Provale, le stage a permis à certains joueurs chômeurs de s'entraîner avec Colomiers - Rugbyrama
 
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