Menini - Toulon Munster - Avril 2014 - Icon Sport
 
Top 14

H Cup, double nationalité, troisième ligne, coupe de cheveux: voici Alexandre Menini

H Cup, double nationalité, troisième ligne, coupe de cheveux: voici Alexandre Menini

Par Clément Mazella
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 29/04/2014 à 17:07 -
Par Clément Mazella - Le 29/04/2014 à 17:07
Arrivé début mars au RCT comme joker médical d'Andrew Sheridan, Alexandre Menini a fait son trou à vive allure dans l'effectif toulonnais. En toute humilité.
 

Une première en H Cup à 30 ans

Une première. A 30 ans, Alexandre Menini a connu son baptême du feu en H Cup, dimanche dernier, lors de la demi-finale du RCT face au Munster. "C'est assez atypique comme carrière", sourit le pilier gauche. Atypique, certes, mais la situation colle finalement assez bien à la saison qu'est en train de vivre le natif de Lorraine. Car, il y a quelques mois encore, Alexandre bataillait du côté de Biarritz dans les bas-fonds du Top 14. "Je pense que peu de joueurs ont vécu un tel ascenseur émotionnel dans une même saison", concède-t-il. En effet, en posant ses valises dans le Var, en mars dernier, le joker médical d'Andrew Sheridan est passé de la dernière à la première place du Top 14. Et si aujourd'hui il assure être à "200 % à Toulon", Alexandre confesse avoir "une pensée" pour ses anciens coéquipiers, aujourd'hui relégués en Pro D2.

Le double passeport franco-italien

Passé par Oyonnax, Aix-en Provence ou encore Mont-de-Marsan, ce joueur de 116 kg pour 1,83m a donc franchi un nouveau palier en débarquant sur la Rade. Ses premiers pas face à l'UBB ont convaincu l'encadrement du RCT de lui redonner sa chance. Et il a su la saisir. A tel point, qu'il se murmure que les staffs du XV de France et de la sélection italienne se penchent sur le cas de ce gaillard aux yeux bleus. "J'ai pu lire ça dans la presse. Si c'est vrai je suis flatté, mais je reste focalisé sur mon club. L'équipe nationale, c'est un bonus qui vient après de bonnes performances en club. On verra le moment venu", balaie le Franco-Italien. Car oui, avec des grands-parents arrivés en France à l'âge de 30 ans, depuis Rimini en Emilie-Romagne, Menini possède la double nationalité depuis qu'il est minot. Bien avant de fouler de fouler les pelouses de Lorraine avec le maillot du RC Yutz sur les épaules.

Alexandre Menini - Mont de Marsan - 2012
Alexandre Menini - Mont de Marsan - 2012 - Icon Sport

De la troisième ligne au poste de pilier

C'est, en effet, dans l'est de la France que le néo toulonnais se met au rugby, à l'âge de 12 ans. Quatre ans plus tard, il fait ses valises pour Paris afin d'intégrer un cursus sport étude. "J'ai été au Stade français pendant quatre saisons", se remémore-t-il. Une époque où il évoluait au poste de troisième ligne aile. "Je suis passé pilier à l'âge de 19 ans. En arrivant au Stade français, je faisais 90 kg. Mais avec deux entrainements par semaine, j'ai pris beaucoup de masse et mon corps s'est développé. Je suis vite passé à 110 kg. Et pour jouer troisième ligne avec ce poids et ma taille, il n'y a que Steffon Armitage !", s'amuse-t-il. Le voilà donc en première ligne à devoir apprendre les bases et la technique d'un poste si particulier. "En passant pilier, j'ai commencé à m'entrainer en équipe première aux côtés de Sylvain Marconnet ou Pieter De Villiers. C'était un sacré apprentissage". Sa reconversion est une réussite. Et aujourd'hui, il ne changerait de poste pour rien au monde. "C'est un poste où tu as une confrontation directe avec l'adversaire. Ça crée également des liens très forts avec tes coéquipiers".

Sheridan le modèle. Giteau et Mitchell les partenaires de rigolade

Clin d'œil du destin, il est arrivé à Toulon pour suppléer un monstre à ce poste: l'anglais Andrew Sheridan. "Il fait partie des deux-trois meilleurs du monde. On ne peut que s'en inspirer. Il y a dix ans, je le voyais jouer à la télé, c'était mon modèle. Je ne suis pas là pour le remplacer, ce serait présomptueux, mais j'essaie de combler son absence", confie Alexandre. C'est avec cette humilité, que l'ancien Biarrot a su se faire une place dans le groupe de Bernard Laporte. "Je ne suis pas arrivé en terrain conquis. Loin de là. Mais mon intégration a été facilitée dès le premier jour. J'ai découvert un vestiaire très humble". Et de poursuivre. "J'ai aussi la chance de parler anglais je me suis assez vite rapproché de Matt (Giteau) et Drew (Mitchell) qui ne sont pas les derniers pour déconner". Preuve de son intégration réussie, il y a quelques semaines Alexandre est passé entre les mains expertes de Giteau pour... une coupe de cheveux à la mode australienne. Une réussite, comme le parcours de Menini depuis son arrivée à Toulon.

 
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