XV de France-Top 14: Le pavé dans la marre lancé par Mourad Boudjellal

XV de France-Top 14: Le pavé lancé par Boudjellal
Par Rugbyrama

Le 08/02/2013 à 17:08

Excédé durant cette période internationale, le président de Toulon, Mourad Boudjellal s’en est pris à la FFR et notamment à son fonctionnement. Cela décoiffe…

Mais pour lui, les cibles sont toute trouvées: la FFR et le préjudice envers les clubs durant l’absence des internationaux. Et ses attaques sont pour le moins virulentes. "On est arrivé au bout du système. A Toulon, j'ai quatre joueurs chez les Bleus, un au pays de Galles et deux en Géorgie. J'ai donc 50% de mon effectif titulaire qui me fait défaut. Le rugby est professionnel et un international coûte très cher à son club: entre 700.000 et 800.000 euros de salaire brut annuel. Il faut rajouter la prise en charge de son environnement, des coéquipiers pas trop mauvais car si on le fait jouer avec des trompettes, il va s'emmerder... Et la Fédération française de rugby décide, unilatéralement, de suspendre le contrat de travail du joueur qui le lie au club pour le sélectionner en équipe nationale !"

"On n'est plus dans un système associatif"

Si une compensation financière est accordée à tout international sélectionné, l’homme fort du RCT la juge ridicule. "500 euros par jour et par joueur. C'est totalement ridicule. Vous croyez qu'avec 500 euros par jour je vais pouvoir remplacer mon international par un joueur sensiblement du même niveau ? Et la FFR veut qu'on paye les joueurs mais qu'ils restent à leur disposition. Economiquement, c'est impensable ! Un club de Top 14, c'est une entreprise. Il y a des emplois en jeu. Il faut que la FFR en tienne compte. On n'est plus dans un système associatif ! Si la FFR s'acquitte de 100 % de la rémunération du joueur quand celui-ci est mis à disposition du XV de France, j'admets qu'elle puisse participer à la gestion du calendrier du joueur. Mais là, on paye un salarié et on ne peut pas l'avoir. C'est aberrant".

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S'il appelle de ses voeux un accord avec la FFR, Boudjellal semble douter qu'il puisse être possible. "Je ne m'entends pas trop mal avec Pierre Camou (le président de la FFR). Mais je vais vous raconter une anecdote. Pour le France-Galles de samedi, je n'ai reçu aucune place alors que j'aurai quand même cinq joueurs, payés par moi, sur la pelouse. Lors de France-Afrique du Sud, en novembre, je n'avais pas reçu d'invitation non plus. J'ai acheté mon ticket. […] Quand j'ai levé les yeux vers la tribune officielle, j'ai aperçu des inconnus invités par la FFR. J'en ai parlé à Pierre Camou: ‘Comment est-il possible que vous entreteniez des gens dont on ne sait pas d'où ils sortent et que vous ne donniez aucune place aux clubs ?’ Je lui ai suggéré de donner d'office deux places aux dirigeants de club pour chaque match international. Il m'a répondu: ’Mais deux, c'est trop !’"

"La FFR doit réduire son train de vie"

A l’image de ce qui se fait dans les autres pays majeurs de la planète rugby, la fédération pourrait elle-même prendre les joueurs sous contrat. Là aussi Boudjellal exprime son doute. "L'obstacle est culturel. La France du rugby est très attachée au Top 14 qui est le plus beau championnat du monde. Est-ce qu'il faut le tuer pour avantager l'équipe de France? Je ne sais pas". Le président varois évoque notamment la situation financière de la FFR. "Elle doit repenser son budget. Elle doit réduire son train de vie. Et dégager des priorités". Boudjellal pointe du doigt le projet du Grand Stade. "Je pense plutôt qu'il coûtera 1 milliard. Car il faut prévoir au moins 30% de dépassement. Qui va prêter l'argent ? La Grèce ? Ça me paraît culotté. Si les responsables du foot ne l'ont pas fait, vu le pognon qu'ils génèrent, c'est qu'il y a sûrement une raison..."

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