Top 14

Tour de Midi Olympique

Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, ils reviennent sur l'inhabituelle fébrilité de Wilkinson, l'émotion autour de la santé de Carrillo, l'éclosion d'Oléon, la forme de Servat et de Dupuy, la grave blessure de Charteris ou encore l'atmosphère de Pierre-Antoine.

 
Le tour de Midi Olympique - Rugby - Top 14Icon Sport
 

Bordeaux-Bègles-Clermont: 24-28 Léo FAURE

Dans la grande famille des piliers issus du centre de formation de Clermont, on connaissait et appréciait déjà Thomas Domingo, que l’on ne présente plus. Clément Ric, blessé depuis de longs mois mais qui avait su, auparavant, prouver sa robustesse dans les épreuves de force et se faire une place de choix dans l’effectif pléthorique des Auvergnats. Depuis le saison dernière et cette saison plus encore, on garde un œil admiratif sur les performances de Raphaël Chaume, brillant en tous points du haut de ses 23 ans, avec comme sommet de sa jeune carrière une performance quatre étoiles sur le terrain du Leinster. Tous ont un dénominateur commun: leur qualité dans l’épreuve de force de la mêlée de la fermée. Le petit dernier ? Pas mal non plus. Adrien Oléon, 23 ans et que le grand public avait découvert l’an dernier à Biarritz, a impressionné pour sa troisième apparition cette saison, sur la pelouse de Bordeaux. Avec 21 minutes pour s’exprimer, le jeune joueur originaire de Clermont et formé au club a eu tout le loisir de mettre au supplice son adversaire direct en mêlée fermée, Franck Labbe. Concassée, désagrégée, la mêlée bordelaise ne pouvait que constater les dégâts: six pénalités abandonnées au Clermontois dont trois en fin de match. La botte de Brock James a fait le reste. Clermont maintient en rythme d’enfer, dans le sillage du RCT. Pour cette fois Oléon, comme le reste du cinq de devant, n’y est certainement pas étranger...

Grenoble-Toulouse: 15-6 Nicolas ZANARDI

Est-il logique que le meilleur joueur de l'effectif actuel du Stade toulousain soit son entraîneur des avants ? Poser la question, c'est en partie y répondre. Mais les circonstances actuelles sont ce qu'elles sont, alors il serait bégueule de porter un autre jugement que celui de l'admiration... Car la prestation livrée par William Servat au stade des Alpes fut, une fois de plus, de niveau international. Officialisée au dernier moment, sa titularisation à la place de Tolofua (victime d'un coup à la hanche) a pesé de tout son poids dans le combat. L'ex-talonneur emblématique du XV de France a constamment permis à son équipe d'avancer, "cassant" un nombre conséquent de plaquages. L'ovation réservée par le connaisseur public isérois à la sortie de Servat ressemblait, d'ailleurs, autant à un hommage qu'un franc soulagement... Si bien que la question se pose aujourd'hui avec toujours plus d'acuité: William Servat doit-il redevenir joueur à part entière ? Pour Guy Novès, aucune ambiguïté. "C'est bien qu'une personne comme William Servat soit là pour se mettre à disposition de on club, compte tenu des blessures. Il sera toujours présent lorsque nous aurons besoin de lui et retrouvera son poste d'entraîneur à chaque fois que tous nos talonneurs seront valides". Dont acte. Pour l'instant...

Stade français-Biarritz: 36-23 Léo HUISMAN

Il est de retour. Julien Dupuy, taulier du Stade français depuis son arrivée de Leicester, mais franchement en dedans depuis le début de saison, retrouve peu à peu son niveau de jeu. Et son "intelligence situationelle" aussi. Il l’a prouvé samedi soir à Charléty face à ses anciens coéquipiers du BO. Pendant 70 minutes, Dupuy a allié jeu au pied impeccable, maintenant les biarrots dans leur trente mètres, et vitesse d’exécution permettant aux siens de concrétiser leur temps forts. Puis à la 73e minute, la Grolle se retrouve en infériorité défensive sur la ligne médiane quand il intercepte en filou une passe de Taele. Il n’y plus qu’à courir. Seulement Ngwenya rôde, et Dupuy n’a pas les cannes de l’ailier supersonique. Malicieusement, il transmet immédiatement à son ailier Francis Fainifo qui s’en va à dame. L’"intelligence situationelle" on vous dit.

Perpignan-Montpellier: 30-19 Emilie DUDON

Il est resté de longues minutes au sol avant d'être évacué sur civière sous les applaudissements d'Aimé-Giral. A la 29e minute de jeu samedi soir, Luke Charteris a été victime d'une grave entorse d'un genou sur une phase de jeu en apparence anodine. Après le match, les nouvelles n'étaient pas rassurantes: en plus d'une rupture du ligament latéral interne, le deuxième ligne de l'Usap souffre vraisemblablement d'une rupture des croisés antérieurs, voire des ligaments croisés postérieurs. Un coup dur pour le club catalan, qui perd là l'un des meilleurs sauteurs du championnat, mais aussi pour le joueur, dont la saison s'est terminée à l'occasion de cette treizième journée de Top 14. Pas de Tournoi des 6 Nations cet hiver pour l'international gallois, ni même de tournée avec les Lions britanniques en Australie en juin prochain. Noël ne réserve pas que des bonnes surprises...

Bayonne-Mont-de-Marsan: 39-13 Grégory LETORT

Ce n'est que du rugby et ce un match aide à le réaliser. Bayonne a battu Mont-de-Marsan, infligé cinq essais à la pire défense du Top 14, marqué son premier bonus offensif de la saison, le deuxième de l'année 2012 et prouvé à ses supporters qu'ils avaient eu raison de ne pas désespérer. Mais l'image qui ne sera jamais oubliée sera celle de la sortie sur civière avec masque à oxygène de François Carillo, troisième ligne de l'Aviron bayonnais pendant l'échauffement. "Un garçon de l'équipe. Un super garçon" présentera Christian Lanta. François Carrillo (24 ans), professionnel formé au club, quatre matchs de Top 14 dans sa carrière, aligné en Challenge européen contre Mogliano était vingt-quatrième homme samedi soir. Foudroyé pendant l'échauffement suite à un malaise cardiaque mais parfaitement pris en charge par les secours. "J'ai senti qu'il s'était passé quelque chose de grave. Ca m'a glacé le sang" a raconté Marc Baget, premier joueur à lui porter assistance avec Abdelatif Boutaty. Et peut être premier à lui sauver la vie. Secouru près des vestiaires, évacué à la mi-temps, son pronostic vital fut un temps engagé. Pendant que ses coéquipiers luttaient sur le terrain, il a lutté pour sa vie. Quand, enfin parfaitement informés, les joueurs l'ont réalisé après la victoire, François Carrillo était dans le coma. Dimanche, le club a annoncé son reveil, la visite de sa famille et des résultats d'examens qui ne lui promettaient aucune sequelle. Comme un miracle de Noël. Samedi à Jean-Dauger, la plus belle victoire était la sienne.

Castres-Racing: 31-10 Jérôme PREVOT

Quel bonheur de revenir à Castres quand on n'y a pas mis les pieds depuis longtemps. Un stade à l'ancienne avec des tribunes qui rasent le terrain, un public bon enfant, des dirigeants, des entraîneurs et des joueurs faciles d'accès, une attachée de presse aux petits soins pour les journalistes. Si une nouvelle "petite ville" doit être un jour recevoir le Brennus, la sous-préfecture du Tarn est toute désignée. Un regret toutefois, il fut un temps pas si lointain où après les matches, on pouvait entrer dans les vestiaires du CO pour deviser avec les Alain Gaillard, Kees Meeuws ou Pascal Papé. Dommage que ce club si "authentique" ait cédé à la mode de la conférence de presse formatée et calibrée dans une salle sans âme. Ce fut le seul petit regret d'une soirée si douce.

Agen-Toulon: 9-15 Marc DUZAN

Jonny Wilkinson à 60 % de réussite dans ses tirs aux buts, c'est un événement en soi. A Agen, le demi d'ouverture du RCT, malgré quelques plaquages électriques, n'a pas livré le match le plus inoubliable de sa carrière. Passé l'heure de jeu, une poignée d'indélicats, rassurés par l'anonymat que leur procurent les réseaux sociaux, s'amusaient même de la quasi faillite de Wilko, bourreau des Bleus en Australie. Puis le canonnier toulonnais s'est fâché; Jonny est passé "en mode 2003", a demandé la balle à Sébastien Tillous-Borde au détour d'un ruck, avant de claquer un drop majuscule. A 15-9, Armandie revenait à la raison. Le SUA était mort et enterré. "Quand il a vu que nous avions quelques difficultés, sourit le talonneur Jean-Charles Orioli, Jonny a pris les clés du camion". Comme il le fera encore la saison prochaine ? Concernant l'avenir de son numéro 10, Mourad Boudjellal attend toujours une réponse...

 - Rugbyrama@RugbyramaFR
 
 
 
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