Alexis Palisson - Toulon - 14 septembre 2012 - Icon Sport
 
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Top 14

Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 17/09/2012 à 18:44 -
Par Rugbyrama - Le 17/09/2012 à 18:44
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, ils reviennent sur la copie de Palisson, l'essai de folie de Castres, l'émotion à Perpignan et les off du Stade français.
 

Montpellier/Toulon: 25-32. Emilie DUDON

Il l'avait clairement annoncé cet été dans Midi Olympique: Alexis Palisson veut jouer à l'arrière. Recruté comme ailier par le RCT il y a deux ans, l'international tricolore souhaite s'imposer en 15, pour avoir plus de liberté dans son jeu notamment. Aligné une seule fois à ce poste la saison passée, le joueur a été entendu par Bernard Laporte, qui l'y a de nouveau titularisé pour le déplacement à Montpellier. Bilan ? Une prestation majuscule pour l'ancien Briviste, qui n'a cessé d'impulser son dynamisme du fond du terrain. Il a ainsi été impliqué sur les deux essais toulonnais. Après avoir participé à la folle remontée qui a amené celui de Gunther, il s'est montré décisif sur la réalisation de Van Niekerk en s'infiltrant dans la défense pour servir sur un plateau le ballon de l'essai à son coéquipier. Vendredi soir à Du-Manoir, Alexis Palisson s'est montré à la hauteur de ses ambitions. Et à un mois de l'annonce du groupe tricolore retenu pour les tests de novembre, sa prestation n'est sûrement pas passée inaperçue...

Perpignan/Toulouse: 34-20. Jérémy FADAT

Il est parfois difficile de parler de sport, de technique ou autres... Malgré l'importance de cette délocalisation à Barcelone ou malgré le récital offert par une Usap sacrément séduisante, l'événement qui a marqué cette journée de samedi est tragique: la mort subite de Paul Okesene, le chauffeur du bus catalan. Ce Samoan de 44 ans, considéré comme le "papa" des Iliens de l'effectif et très proche du groupe, a été victime d'une crise cardiaque avant le match. Il n'a malheureusement pu être réanimé et s'est éteint sur le parking du stade juste avant le coup d'envoi. Chauffeur de profession et ex-pro en Nouvelle-Zélande avant de rallier l’Europe treiziste en 1992 à Sheffield, Pia et Avignon, il s’était ensuite dirigé vers le XV à Auch, recruté par Jacques Fouroux qui l'avait repéré lorsqu’il œuvrait pour le compte du PSG XIII. Et les joueurs perpignanais, euphoriques par leur succès et leur tour d'honneur à la fin de la rencontre, ont appris la terrible nouvelle en rentrant aux vestiaires. Presque sous nos yeux, alors que la presse débarquait dans les entrailles de Montjuic, ils sont passés en quelques secondes des sourires aux larmes, de l'ivresse à la détresse. Dans ce genre de situation, devant les pleurs de certains et le mutisme des autres, une seule issue: la dignité et la mesure. Pour tous.  

Castres/Biarritz: 28-13. Vincent BISSONNET

"Nous avons le projet de développer un maximum de jeu : c'est plaisant pour nous joueurs et ce doit être beau à voir pour le public." Le deuxième ligne castrais Christophe Samson ne s'y trompe pas: le jeu déployé par le CO a permis au public de Pierre-Antoine d'assister à une nouvelle belle victoire de ses protégés face à Biarritz. Pourtant, la défense basque a longtemps résisté et contré les assauts tarnais. Samedi, le salut des Castrais n'est donc pas venu d'un mouvement planifié mais d'un désordre général exploité par leurs attaquants les plus inspirés. Suite à un jeu au pied biarrot, Antonie Claassen s'empare de la balle devant sa ligne d'en-but, résiste, sert Marc Andreu pour un premier relais de folie avant de voir le mouvement poursuivi par l'intenable Marcel Garvey ; l'action arrive sur la ligne des 22 mètres adverses où Rory Kockott perçoit une faille et s'engouffre pour planter une banderille assassine. Cette action méritait bien une belle et longue ola du public de Pierre-Antoine...

Bayonne/Racing: 18-25. Simon VALZER

La conquête du Racing a décidément de quoi impressionner le Top 14. L'adversaire veut s'appuyer sur des mêlées pour vaincre ? Julien Brugnaut, Dimitri Szarzewski et Benjamin Sa sont au sommet de leur forme. Derrière, Luc Ducalcon, Eddy Ben Arous et Benjamin Noirot se chargent de terminer le boulot. En touche, c'est presque pire. Simon Raiwalui, entraineur en charge de ce secteur, ne compte plus les options dont il dispose... Battut, Gérondeau, Dellape, Le Roux, Van der Merwe, Qovu... Pour ne citer qu'eux. Samedi, contre Bayonne, ils ont imposé leur loi, sous les commandements de Karim Ghezal, capitaine de touche et de coeur. Les Biarrots, futurs adversaires du Racing, sont prévenus.

Agen/Grenoble: 32-26. Nicolas AUGOT

Il ne faut pas avoir peur de le dire et reconnaître le talent. Saïmoni Vaka, l'ailier agenais, a inscrit deux essais magnifiques en l'espace de neuf minutes. Deux réalisations pour fêter son retour sur le pré après une absence de trois semaines. Deux essais plein de promesses pour le SUALG qui attend toujours de pouvoir compter sur un "serial-marqueur". Malgré des courses endiablées, Vaka n'avait souvent trouvé l'ouverture la saison dernière. Seulement quatre essais en dix-neuf titularisations la saison dernière. Six lors de la remontée d'Agen en Top 14. Certainement que le système de jeu mis en place par le nouveau staff lui convient mieux et qu'il devrait être plus décisif dans les semaines à venir. Les Agenais l'espèrent. Les amateurs de rugby aussi, car Saïmoni Vaka est un joueur spectaculaire, capable de se jouer de quatre adversaires avant d'aller pointer dans l'en-but. Ce ne sont pas les Grenoblois qui diront le contraire.

Mont-de-Marsan/Clermont: 6-14. Léo FAURE

La performance des Clermontois à Mont-de-Marsan n'a pas eu grand-chose de rassurant, après le sérieux rappel à l'ordre, déjà, la semaine précédente face au Racing-Métro. Très loin de là. Alors: Clermont doute-t-il? "Pas du tout", en sourit Julien Bonnaire. De prime abord, le discours sonne comme un habile travail de communication. Pourtant, le doute s'immisce. Alors que ses joueurs multipliaient les fautes de goût, jamais Vern Cotter, le long de la ligne de touche, n'a semblé céder à l'agacement. Et si la force des grands clubs était justement celle-là? Celle qui a d’ailleurs longtemps fui les Auvergnats: même dans la difficulté pour poser son jeu, le club ne doute pas. Mieux: il gagne et pointe à une rassurante deuxième place. "Il n’y a pas d’affolement. On se connaît. On est sûrs de notre force" résume, en une tirade, Julien Bonnaire. Clermont voit loin. Premier rendez-vous capital: l’ouverture de la H Cup, dans quatre semaines.

Bordeaux-Bègles/Stade français: 30-22. Léo HUISMAN

Unanimement, en "off", les Parisiens du Stade français ont fait le même constat: l’arbitrage de M. Matheu n’a pas avantagé leur domination en mêlée fermée. En "off", c’est-à-dire micros éteints, parce qu’ils ne voulaient pas ajouter à leur terne prestation, le ridicule de l’excuse. Aucun joueur n’a eu l’audace d’expliquer la défaite parisienne sur ce seul fait de jeu. Il a beaucoup trop manqué à Paris pour cela samedi à Chaban-Delmas. Mais leur remarque n’était pas dénuée d’intérêt pour autant. Et si le ramdam autour de la mêlée fermée, la position tranchée des uns s’entrechoquant avec celle des autres, n’avait pas eu pour conséquence indirecte de rendre frileux les directeurs de jeu ? Si à force de stigmatiser leurs coups de sifflet intempestifs, on leur avait coupé la chique quand bien même une mêlée dominée mériterait une sanction ? C’est ce dont se plaignait le Stade français qui aurait aimé voir sa domination nette en mêlée fermée, mieux récompensée.