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Toulouse: La folle semaine de Fickou

Toulouse: La folle semaine de Fickou

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 20/09/2012 à 12:09 -
Par Rugbyrama - Le 20/09/2012 à 12:09
Gaël Fickou, le jeune centre du Stade toulousain vient de vivre une semaine particulièrement mouvementée : entre les épreuves du Bac, qu’il a passé en différé et le planning chargé des entraînements du Stade toulousain, le centre des Bleuets ne chôme pas.

"On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans", écrivait Rimbaud... Force est de constater qu’on le devient à dix-huit, comme Gaël Fickou, la jeune recrue du Stade toulousain, qui les a fêté le 24 mars dernier. Étincelant durant le Mondial des moins de 20 ans en Afrique du Sud (trois essais en quatre titularisations), le jeune centre a confirmé l'intuition de Jean-Michel Rancoule, le recruteur du Stade toulousain, qui l’avait convaincu de quitter Toulon et sa Rade pour rejoindre les bords de la Garonne. Un transfert qui avait de quoi faire tourner la tête. Seulement voilà, le jeune Fickou n’a pas terminé ses études. Il est même en plein milieu de son cursus scolaire, puisqu’il a passé le baccalauréat la semaine dernière en région parisienne: "Il était compliqué de réviser les semaines précédant les épreuves. Nous enchainions les matchs avec le Stade toulousain, et nous nous entrainions deux fois par jour. Il fallait que je me remette dans le bain de l’école tous les jours".

Un labeur toutefois essentiel, car le jeune centre sait à quel point une carrière sportive est éphémère : "Mon entourage, ainsi que l'encadrement du Stade toulousain me rappelle chaque jour le rugby ne suffit pas, et que ça va tant qu’on est bon, ou qu’on est pas blessé. Mais il faut toujours assurer ses arrières". Voulait pourquoi il ne figurait pas dans le groupe qui a fait le déplacement à Barcelone pour affronter Perpignan. Quand ses coéquipiers subissaient la loi des Catalans, Fickou tentait d’imposer la sienne aux épreuves du Bac. S’il l’obtient, le néo-Toulousain s’orientera l’année prochaine vers un "BTS M.U.C. (Management des Unités Commerciales, ndlr.), assorti d’un Bachelor effectué en parallèle". D’ici là, il compte bien faire sa place au milieu des stars toulousaines.


Novès, père protecteur

Jusqu’ici, la jeune recrue n’a pas à se plaindre : sur quatre rencontres (il était donc absent la semaine dernière), il compte trois feuilles de matchs dont une titularisation. Au total, il a joué cent douze minutes et a pris part au festival offensif offert face à Agen (62-13). Mieux, son temps de jeu pourrait encore augmenter dans les semaines à venir, car quelques uns de ses prestigieux coéquipiers et concurrents, en l’occurence Yannick Jauzion et Yann David, connaissent quelques pépins physiques. Alors il savoure son plaisir : "C’est un grand bonheur que de se sentir intégré à l’effectif, être traité comme n’importe quel autre joueur".

Le jeune Fickou a donc trouvé sa place dans la grande famille toulousaine. Et qui dit famille, dit patriarche, soit Guy Novès, le manager du Stade toulousain. En bon gestionnaire d’hommes, le technicien sait qu’il doit protéger son poulain, tant des critiques que des éloges. En ce sens, il distille les compliments avec parcimonie, et évoque un garçon "intelligent", à la "mentalité qui correspond à la philosolophie du Stade toulousain", un "jeune sur lequel nous fondons beaucoup d’espoirs", mais qui devra "travailler dur pendant deux ou trois saisons pour accéder au haut niveau". Et le technicien de conclure : "Est-ce que Gaël Fickou est le meilleur centre en France aujourd’hui ? C’est non. Est-ce qu’il peut le devenir un jour ? Je ne sais pas, on verra. Il veut bosser, nous allons l'aider". Le jeune centre a déjà eu la chance d’intégrer un grand d’Europe. A force de temps, de persévérance et de travail, il n’y a pas de raison que la bombe Fickou n’explose pas au visage du rugby français.