Top 14

Finale Top 14 2013 - Mourad Boudjellal: "Quand il y aura trop de consanguinité dans le rugby..."


Par Rugbyrama
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 31/05/2013 à 14:19 -
Par Rugbyrama - Le 31/05/2013 à 14:19

Pour Boudjellal "trop de consanguinité" fera disparaître le rugbyMourad Boudjellal, le président de Toulon, se réjouit qu'un homme comme lui, "qui n'a jamais joué au rugby", puisse permettre à un club de réaliser le doublé.

 

Vous avez gagné la Coupe d'Europe, vous pouvez réaliser un doublé. Vous attendiez-vous à une telle réussite ?

Mourad BOUDJELLAL: Je n'y avais pas pensé, je n'avais pas une imagination suffisante et pourtant Dieu sait qu'elle est grande. Je rêvais d'un titre de champion de France. Et puis il nous est tombé sur la tête un titre de champion d'Europe sans qu'on le voit venir, puis une victoire en demies de Top 14 face à Toulouse de façon irréelle. Là, j'ai vraiment eu le sentiment qu'on tombait dans la dimension du 'Tout va bien, tout nous sourit'. Et on se retrouve à un match d'un doublé. Je ne sais pas si on le fera, mais rien que de se retrouver dans cette situation c'était impensable.

Cette dynamique du "Tout va bien" peut-elle s'arrêter si près du but ?

M.B: Quand on emprunte le chemin de 'Tout va bien', on arrive au village de 'Si j'avais su'. C'est surtout quand ça va bien qu'il faut être prudent. Les éclaircies c'est après la pluie mais aussi avant. On aura des turbulences, ce sera peut-être samedi soir. Rien n'est acquis... sauf la Coupe d'Europe! (rires)

Vous allez tout de même arriver en favori...

M.B: Le statut de favori ne veut rien dire. Depuis le début de la compétition, ça a défavorisé les favoris. Le fait d'être favori fait qu'on n'est pas favori si on suit la logique de cette saison.

Vous avez critiqué le soutien de Clermont par Michelin. Vous allez affronter Castres qui est financé par Pierre Fabre...

M.B: J'ai juste dit qu'ils (Clermont NDLR) avaient de l'argent, ce n'est pas une insulte. Castres en a aussi. J'avais une boîte qui faisait 40 millions d'euros, Pierre Fabre c'est un ou deux milliards d'euros. Ils ne peuvent pas dire qu'ils n'ont pas de moyens. Ça ne me dérange pas qu'ils en aient. Juste, il faut arrêter de faire le pauvre quand on est riche.

Avec le troisième budget du Top 14, vous ne faites pas partie des riches ?

M.B: Oui mais cette richesse correspond à l'économie du rugby à Toulon, ce n'est pas du mécénat c'est l'argent des Toulonnais. Ce qui me pose problème, ce n'est pas l'argent, c'est qu'on le cache. Pierre-Yves Revol a dit récemment qu'il ne communiquerait pas le budget alloué par Pierre Fabre à Castres. C'est sûr que si demain on licencie des gens chez Pierre Fabre, ce sera difficile de dire 'On met tant de millions dans le club de rugby'. C'est de la stratégie interne ça les regarde, ça ne me pose pas de problème. Ce qui me pose problème, c'est quand on m'explique que Pierre Fabre est moins riche que Mourad Boudjellal, là je rigole. Je n'ai pas de jet privé, pas de filiales à l'étranger...

Votre titre européen et cette finale ne marquent-elles pas une forme de reconnaissance, à la fois sportive pour le RCT et personnelle pour vous ?

M.B: La reconnaissance personnelle n'est pas très importante. La reconnaissance, elle vient des joueurs. Simplement, j'ai entendu plein de gens dire qu'il faut avoir joué au rugby pour être dans le rugby. On m'a reproché de n'avoir jamais joué au rugby. A ces gens, j'ai envie de dire: 'Il faut avoir un bac maths pour avoir le droit de compter ? Un bac+ 5 pour avoir le droit d'écrire ?'. On peut gérer un club de rugby et apporter des choses nouvelles justement parce qu'on n'est pas issu du monde du rugby. On sait que la consanguinité est la principale cause de disparition de beaucoup de civilisations. Quand il y aura trop de consanguinité dans le rugby, ça voudra dire qu'il est appelé à disparaître. C'est bien qu'il y ait du sang extérieur pour amener de l'énergie nouvelle. On peut ne pas être d'accord sur la forme mais si je n'emploie pas cette forme, on ne retient pas ce que je dis.

Après une saison d'ores et déjà réussie, que reste-t-il à réaliser au RCT ?

M.B: Il y a beaucoup de gens qui veulent prendre notre place, il nous faut donc avoir un train d'avance. Je ne vais pas vous en dire plus mais ce titre européen, et encore plus si on fait le doublé, ce sera un accélérateur de notre projet.

 
0 commentaire
Ajoutez le vôtre !
 
×