Bernard Laporte - conférence de presse - décembre 2011 - AFP
 
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Laporte: "La logique a été respectée"

Laporte: "La logique a été respectée"

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 11/06/2012 à 13:38 -
Par Rugbyrama - Le 11/06/2012 à 13:38
Lucide au sortir d’une finale qui a vu les Toulousains maîtriser leur sujet, à défaut d’être flamboyant, l’entraîneur toulonnais Bernard Laporte regrettait l’explosion des siens en mêlée fermée mais ne se voulait pas amer. A part, peut-être, contre une frange des institutions françaises du rugby.

Cette finale, de par son scénario, laisse-t-elle des regrets ?

Bernard LAPORTE: Il n’y a pas de regrets à avoir, dans le sens où la logique a été respectée. Bien sûr, on a eu une balle de match que David Smith échappe. Mais mes joueurs ont tout donné. Quand on était à quatorze, j’ai eu très peur. Je me suis dit: "On va prendre un essai et ce sera terminé, tout va s’enchaîner". Et puis non. Il y a de la fierté dans cette équipe. Cela illustre bien ce que je disais: c’est tout sauf un groupe de mercenaires.

Cette balle de match, dont vous parlez, ne vous fait pas regretter de ne pas avoir écarté des ballons, en fin de match notamment quand vous buttiez sur leur ligne d’en-but?

B.L: On ne pouvait pas aller jouer au large. Quand vous êtes dominés de la sorte devant, il est trop difficile d’aller sur les extérieurs. On a essayé deux ou trois fois. Mais on a trop manqué de munitions. Vu leur domination, ils se permettaient d’avoir six avants debout et en défense. On était obligé de les re-concentrer. Ensuite, effectivement, on aurait peut-être pu lâcher un peu plus tôt les ballons derrière. Après trois temps de jeu devant. Mais ce n’était vraiment pas simple.

Peut-on gagner un match avec une mêlée dominée à ce point?

B.L: Quand vous êtes dominés en mêlée de la sorte normalement non, vous ne pouvez pas gagner. Vous y laissez du jus, mais aussi de la confiance. Mes joueurs ont tout de même failli l’emporter et je tiens à les en féliciter. Ils n’ont rien lâché.

En mêlée, ils ont ciblé votre pilier droit. De quoi relancer l’amertume de ne pas avoir pu disposer de Carl Hayman?

B.L: Cela ne sert à rien de revenir polémiquer sur ce sujet. Carl Hayman n’était pas là. C’est trop tard. On sait qu’à ce niveau, il faut disposer de beaucoup de joueurs à ces postes-là. C’est ce que j’essaie d’expliquer. Si on veut jouer la H Cup et le championnat à fond, il nous faudra comme Toulouse: six internationaux aux postes de piliers. Tout démarre là: si vous n’existez pas à ce niveau-là, vous ne pouvez rien espérer derrière.

Vous dites souvent que la vérité est sur le terrain. Aujourd’hui, n’est-elle pas aussi dans les prétoires?

B.L: Je n’ai pas envie de parler de cela. Ce serait rendre trop d’hommage à des gens qui ne le méritent pas. Ce qui me gêne, c’est qu’on ait fait espérer un gamin pour rien. On n’avait qu’à convoquer la commission dès lundi. Là, on a fait espérer Carl jusqu’à vendredi. C’est un manque de respect pour le joueur professionnel. C’est ce qui m’agace le plus. Alors que ces mêmes joueurs font le spectacle et leur permettent d’avoir des places gratuites. Les joueurs, pour les matchs, n’ont droit qu’à une place gratuite alors que tous ces goujats ont dix places à donner à leurs tantes et leurs maîtresses. C’est vraiment cela qui m’agace le plus.

Pour Kubriashvili, qui a joué 80 minutes en barrage puis en demi-finale, la répétition des matchs de haut-niveau était-elle trop dure?

B.L: Peut-être. Mais il faut appeler un chat un chat: il a été dominé. Et avec lui, toute notre mêlée. On ne va pas tourner autour du pot. Il faut que Davit apprenne. Il est encore jeune et la mêlée de Toulouse, c’est le niveau international. Lui, son niveau international, c’est la Géorgie. Ce n’est pas lui faire insulte, mais il a besoin de travailler. Il garde notre confiance mais s’il ne jouait pas, il y avait une raison.

Qu’avez-vous dit à vos joueurs en fin de match?

B.L: Je suis rentré assez vite aux vestiaires. Il y en a deux ou trois qui pleuraient, qui ne voulaient voir toute la cérémonie et je ne voulais pas les laisser seuls. J’étais à côté de Bakkies (Botha, N.D.L.R.). C’était un bon moment. Un champion du monde qui pleure... Quand on me disait qu’il était venu pour dormir, ou qu’il était un mercenaire... (rires). Ce sont des compétiteurs, des champions et des bons mecs.

C’est porteur d’espoirs?

B.L: Bien sûr. Il ne faut pas que cette finale soit une fin. Il faut désormais travailler dans la continuité, se structurer et avancer.

 
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