Rémy Grosso Lyon Top 14 2011-2012 - Icon Sport
 
Top 14

Le tour du Midol

Le tour du Midol

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 06/12/2011 à 14:52 -
Par Rugbyrama - Le 06/12/2011 à 14:52
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts de la dernière journée de Top 14. Cette fois, le Lyonnais Grosso, le Parisien Gurruchaga ou l'essai du bout du monde de l'UBB sont à l'honneur.
 

Lyon - Perpignan : 19-12. Vincent BISSONNET

Après deux ans de galères, de graves blessures en pépins physiques, Rémy Grosso revit. Et grâce à son jeune ailier de 22 ans, le promu lyonnais survit. Contre Perpignan, l'international A, grand espoir du poste, a réalisé une performance décisive et très tranchante, martyrisant la défense perpignanaise en multipliant crochets et accélérations. Son essai, le deuxième de la saison après sa réalisation à Agen en septembre, symbolise toute sa détermination et témoigne de son talent intact. Après avoir raffuté Jérôme Porical, débordé Joffrey Michel et mené un sprint rageur en bout de ligne, le Lyonnais a inscrit l'essai de la révolte pour son équipe, dans le doute après sa défaite contre Montpellier et alors menée par l'Usap. Chapeau Grosso !

Stade français - Racing-Metro : 29-3. Léo HUISMAN

C’est l’une des réussites de Michael Cheika et de ses deux entraîneurs, Christophe Laussucq et Mario Ledesma. Dans la renaissance qu’est en train d’opérer le Stade français, la paire de centres Gurruchaga-Williams, associée pour la troisième fois samedi dernier contre le Racing Metro, prend une place prépondérante. Les deux arrières de formation, repositionnés au cœur des débats, font oublier le départ de Mathieu Bastareaud à l’intersaison, celui de Guillaume Boussès aussi, la retraite de Brian Liebenberg et les blessures à répétition de Gonzalo Tiesi. Martin Rodriguez-Gurruchaga avait, l’an passé lors de sa première saison à Paris, laissé entrevoir son potentiel immense. Enorme lors d’un match à Toulouse, claquant des drops venus d’ailleurs en Challenge européen, Gurruchaga s’était fait un nom. Il confirme cette saison où le travail physique opéré depuis un an porte aujourd’hui ses fruits. Il y a deux ans encore, Gurruchaga était amateur, jouait pour les Pampas XV, anti-chambre argentine vers l’Eldorado européen. Au centre, il s’accommode très bien d’une défense rapprochée, trouve toujours un intervalle où se faufiler ou un coup de pied millimétré pour prendre le rideau à défaut. Face au Racing, l’Argentin a brillé. Contre Clermont, c’était le Samoan le plus en vu. Au final leur association saute toujours aux yeux.

Toulouse-Toulon: 33-12. Bruno FABIOUX

A la place de Philippe Saint-André, on serait à la fois emm... et rassuré. A l'heure de faire son choix et de composer son futur groupe France, le nouveau sélectionneur tricolore va devoir évidemment se pencher sur le cas du Stade toulousain. Où ledit choix sera forcément soumis à embarras. Hormis Thierry Dusautoir que PSA a déjà officiellement reconduit dans ses fonctions de capitaine du XV de France, ils sont nombreux les candidats à la sélection. Et si le sort des trentenaires (Jean-Baptiste Poux, 32 ans; William Servat, 33 ans; Yannick Jauzion, 33 ans) est encore incertain, les "jeunots" ou "un peu moins jeunots" se bousculent au portillon. Yoann Maestri (22 ans), Romain Millo-Chluski (28 ans), Yannick Nyanga (28 ans), Louis Picamoles (25 ans), Gillian Galan (20 ans), Jean-Marc Doussain (20 ans), Lionel Beauxis (26 ans), Florian Fritz (27 ans), Yann David (22 ans), Vincent Clerc (30 ans), Clément Poitrenaud (29 ans), Maxime Médard (25 ans), Philippe Saint-André ne va forcément pas faire que des heureux. Vu le début de saison des Toulousains, on peut néanmoins penser, à ce jour, que l'équipe de France version PSA sera encore pas mal teintée de rouge et de noir.

Agen-Bayonne: 37-18. Nicolas AUGOT

Les deux bras levés au ciel, les poings serrés, un sourire ravageur. Le pilier néo-zélandais John Schwalger a savouré sa sortie du terrain à la 77e minute, remplacé par Laurent Cabarry, alors que le succès agenais était déjà acquis. Tout simplement heureux de quitter la pelouse sous une ovation méritée de la part du public d'Armandie. Des applaudissements fournis pour un joueur arrivé lors de la dernière intersaison et dont les performances laissaient les supporters agenais sur leur faim, pour ne pas dire méfiants. Des prestations inégales pour une véritable énigme même si Christian Lanta a toujours soutenu l'ancien joueur des Hurricanes. Une persévérance finalement récompensée puisque Schwalger a été étincelant face à l'Aviron bayonnais. Connu pour son abnégation défensive, il a su tenir la barre en mêlée fermée et efficace en attaque, aussi bien comme soutien au porteur que ballon en mains. Le temps d'adaptation est révolu, voici venu celui de la confirmation.

Biarritz-Montpellier: 23-29. Emilie DUDON

78e minute de jeu à Aguilera. Biarritz bénéficie d'une mêlée introduction Lesgourgues dans ses trente mètres. Une nouvelle fois, les avants montpelliérains font l'effort et les Basques sont mis sur le reculoir. Incapables d'assurer la sortie du ballon, ils se le font subtiliser par Tulou qui part au ras et sert Trinh-Duc. Ce dernier crochète intérieur, efface un défenseur, et s'en va marquer le quatrième essai du MHR malgré le retour de Bolakoro. Un essai déterminant, qui enfonce définitivement le BO et qui permet au MHR d'empocher un très précieux point de bonus offensif. Si Biarritz a touché le fond, Montpellier a bel et bien retrouvé le haut de l'affiche. Cette réalisation de l'ouvreur international, sa première cette saison en Top 14, symbolise toute l'audace d'une équipe retrouvée et à nouveau dangereuse. En neuf jours, le club héraultais a remporté trois victoires (dont deux à l'extérieur) et treize points au classement. Il en avait seulement marqué quatorze lors des neufs premières journées. Les errances du début de saison (trois défaites à domicile) sont ainsi compensées, même si elles ne seront jamais rattrapées. A la sortie des vestiaires, le président Mohed Altrad se disait "ravi. Les joueurs ont réalisé un match exceptionnel. Le retour des Mondialistes a fait beaucoup de bien mais il n'y a pas que ça. Nous avons su garder le moral pendant les difficultés et tout le monde s'est montré très solidaire." Et voici le(s) résultat(s).

UBB-Brive: 16-12. Gerard PIFFETEAU

Dans l’euphorie de l’éblouissant feu d’artifice final tiré par leur équipe à Moga samedi, les supporters girondins rêvent de voir cette inoubliable réalisation sacrée "essai de l’année". Cette action de 5 minutes parsemée de 31 rucks et 58 passes, a marqué les esprits parce qu’elle est d’ordinaire l’apanage des rugbymen anglo-saxons. Comment cet exploit a-t-il été possible ? Nous pouvons situer son origine au cœur du projet de jeu défini par Marc Delpoux associé à Vincent Etcheto et Laurent Armand. L’essentiel du travail aux entraînements en matière de mouvement et de redistribution offensive dans le système des cellules adopté par l’UBB, prépare les joueurs à l’enchaînement des séquences. Physiquement et techniquement, avants et attaquants en totale osmose. Le pack de l’Union est bien sûr fort capable d’organiser d’efficaces ballons portés, mais soyons clairs, ce n’est pas une priorité dans le programme collectif. Une autre raison nous semble évidente : le préparateur physique Ludovic Loustau privilégie dans sa méthode la capacité des joueurs à courir et se déplacer. Lever de la fonte n’est pas une obsession girondine mais ne vous y trompez pas, le travail dans la salle de “torture“ très moderne de Musard est d’une implacable rigueur. Enfin, comment passer sous silence l’influence sur l’état d’esprit du groupe, de ses éléments anglo-saxons ? Dans ce final à couper le souffle, l’ancien Black Reihana, l’Australien Houston vainqueur 2012 du Super 12, l’ex Springboks Adams, le Samoan Avei, les Néo-Zélandais Clarkin et Frazer, les Australiens Connor et Purll ou le Tonguien Lilo ont conservé une maîtrise hallucinante. Ils étaient là dans leur culture de la conservation du ballon. Et Vunga Lilo a marqué l’essai de la délivrance, mais si dans quelques mois les faits démontrent que cette victoire sur Brive a permis le maintien, nous ne devrons pas non plus oublier le rôle majeur joué dans cette version française de “l’essai du bout du monde“ par l’attaquant Félix Lebourhis. Il est l’un des 13 joueurs qui ont touché le ballon, il a fait 4 passes et sur une réception difficile, il a repris avant qu’il ne tombe au sol le ballon qui aurait scellé la victoire briviste. Mais surtout, en point d’orgue triomphal, il a scotché à l’ultime rucks l’ailier du CAB Caminati pour permettre à Lilo de marquer dans un couloir libéré d’un mètre. Ce détail est passé quasiment inaperçu, sauf pour le malheureux Julien Caminati effondré après la rencontre.

Clermont-Castres: 33-16. Nicolas ZANARDI

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. Alors, quand s'absentent plusieurs individus, imaginez le désastre... Sans Chris Masoe et Rodrigo Capo Ortega, ses leaders de combat, le CO n'a pas existé à Clermont-Ferrand. Plus costauds, plus agressifs, les avants clermontois ont concassé des Castrais épuisés par l'enchaînement des matchs et obligés de composer avec les blessures. "Mais eux aussi avaient des absents, tempérait sportivement l'entraîneur tarnais Laurent Labit. Buttin, Vosloo, Bardy, Domingo, Floch... La vérité, c'est que nous avons péché dans notre comportement." Le raisonnement est juste, bien sûr. N'empêche : lorsque l'ASMCA accuse certaines absences, les remplaçants évoluent systématiquement au même niveau. La force d'un effectif richissime que le CO ne peut qu'admirer. Ou quand la différence entre deux équipes se situe non pas au niveau du XV majeur potentiel, mais des joueurs en réserve. Et donc, du budget. On y revient toujours...

 
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