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Top 14

Le tour du Midol

Le tour du Midol

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 06/09/2011 à 18:45 -
Par Rugbyrama - Le 06/09/2011 à 18:45
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts de la dernière journée du Top 14. Là, ils mettent en avant le retour d'Alexandre Bias, l'essai d'Yves Donguy ou la performance de Grégory Arganèse.
 

Union Bordeaux-Bègles/Bayonne : 18-6. Gérard PIFFETEAU

La saison dernière, au cœur du championnat de Pro D2, Marc Delpoux nous avait fait cette confidence : "Si en plus, il était un tueur en mêlée, Nicolas Decamps serait en équipe de France." On aurait pu croire à une boutade si depuis, le pilier droit de l’Union n’alignait pas les performances de haut vol dans le registre du jeu et du mouvement, sans véritablement fléchir à l’épreuve de la mêlée. A observer de plus près la remarquable prestation de l’UBB samedi dans un stade Chaban Delmas chauffé à blanc, elle apparaît étroitement liée au profil des joueurs qui ont été choisis pour composer le groupe. Ils sont physiquement dessinés pour un rugby qui vacillerait entre défense agressive et redistribution offensive permanente. Puissance et vitesse. Ainsi, la première ligne alignée face à Bayonne, de Delboulbès et sa VMA à 17 à Decamps, en passant par le talonneur atomique Rofes, est sûrement l’une des plus mobiles et toniques du championnat. Et encore vont s’y ajouter Avei, Labbé, Béthery  et le nouvel arrivant Forbes. Il s’agit d’un choix délibéré qui correspond au projet sportif dont le public a apprécié les jolis contours face à Bayonne. Et quand le manager nous raconta que Justin Purll, son deuxième ligne australien de Rovigo champion d’Italie, était l’un des meilleurs joueurs de touche d’Europe, le doute aurait pu s’installer. Sauf que les qualités de jumpeurs et de contreur du grand Justin font merveille, son énorme activité également comme ce fut le cas pour aider à la belle victoire sur l’Aviron. Et si l’assemblage devient performant dans son apprentissage de l’élite, c’est bien parce qu’il est soutenu par quelques poutres comme Jaulhac ou Tisseau en attendant le retour du Samoan Leo. Vous l’aurez compris, le staff de l’Union a fait le - vrai - pari du jeu. Il est le fruit d’un travail précis et exigeant, et la pluie sur Bordeaux samedi soir n’a pas freiné l’ardeur offensive saluée par... le président toulonnais Mourad Boudjellal. L’enthousiasme contagieux de l’UBB s’est répandu parmi les 25 800 spectateurs et c’est pour cela que la fête a été belle.

Biarritz-Agen : 9-9. Simon VALZER

Non, les Biarrots n'ont pas passé un bon week-end. Tenus en échec par une équipe agenaise décomplexée et toujours aussi dangereuse en fin de rencontre, les Basques ont, une fois de plus, raté l'occasion de lancer leur saison 2011-2012. Les raisons ? Une certaine fébrilité dans les moments clés, et surtout une incapacité à occuper le terrain pour tenir le score. Tout n'est pas négatif cependant. Première bonne nouvelle, le BO a retrouvé sa mêlée : piqués au vif par leur défaite sur les bords de la Rade la semaine dernière, Eduard Coetzee et consorts se sont ressaisis. L'autre satisfaction est venue d'un jeune joueur: Talalelei Gray. Supporters biarrots, futurs adversaires, retenez bien ce nom. Arrivé à l'intersaison d'Australie et intégré au centre de formation en raison de son jeune âge (21 ans), le troisième ligne centre d'origine néo-zélandaise a frappé un grand coup pour sa première titularisation. Aussi puissant qu'incroyablement rapide pour son gabarit (1.91m pour 108 kgs), il a systématiquement avancé à l'impact, remettant sans cesse son équipe dans le sens de la marche. Les sceptiques n'auront qu'à revoir les images de son départ derrière la mêlée biarrote à la 23ème minute, où son tampon sur Ueleni Fono au cours de la seconde mi-temps qui fit perdre le ballon au géant tonguien. Une performance d'excellente augure au moment où le club doit se passer de ses deux grosses pointures au poste, Raphaël Lakafia et Imanol Harinordoquy. Avec Florian Faure, un autre gros client en matière de percussions, voilà le BO suffisamment armé pour attendre patiemment le retour de ses deux troisième ligne tricolores.

Montpellier-Brive : 12-28. Jérémy FADAT

On pourrait ici s'alarmer du début de saison décevant de Montpellier, du danger dans lequel est plongé le dernier finaliste du Top 14 après cette défaite à domicile... Mais on préfèrera se concentrer sur un sujet nettement plus joyeux. Car dans l'éclatante revanche prise par les Brivistes une semaine après leur désillusion à domicile contre Agen, un homme a particulièrement brillé. Déjà considéré comme le meilleur Corrézien lors de la première journée, Alexandre Bias a encore une fois été excellent. Omniprésent aussi bien offensivement que défensivement, il est en train d'apporter au CABCL l'impact physique qui aurait pu lui faire cruellement défaut. Lui, le joueur qui avait disputé son dernier match professionnel le 24 avril 2009 avant de se lancer dans le plus grand combat de sa vie, celui contre le cancer. Lui qui, après avoir surmonté la maladie, avait pris le pari fou de retrouver le haut niveau à 29 ans. Lui qui a profité de la main tendue par Ugo Mola et de l'essai effectué à Brive pour montrer qu'il en était capable. Lui qui semble aujourd'hui encore plus fort qu'il ne l'était il y a deux ans et demi. Après la rencontre de samedi, ses coéquipiers tenaient tous à le féliciter devant la presse. On ne peut qu'appuyer leurs louanges ! 

Castres-Stade français : 35-10. Léo FAURE

Le deuxième ligne sud-africain Gerhard Mostert, arrivé cet été dans la capitale en provenance des Sharks, n'a pas mis longtemps à se distinguer, samedi sur la pelouse de Pierre-Antoine pour sa première titularisation. Trois petites minutes, pour être exact. Sur la première séquence de jeu, le Springbok (2 sélections) s'accroche une première fois, avec Chris Masoe. Sans autre conséquence qu'un rappel à l'ordre de M. Péchambert. Mais à peine deux minutes plus tard, Mostert s'illustre à nouveau, dans un nouvel accrochage avec les Castrais. Bien mal lui en a pris. Pendant qu'il se chamaillait, son ouvreur Jules Plisson venait de claquer un drop, pour l'ouverture du score en faveur des Parisiens. Un temps accordé (et marqué au tableau d'affichage), le drop a été finalement refusé et Mostert envoyé dix minutes se calmer sur la touche. L'agressivité du début de match parisien est alors retombé. Les joueurs de la capitale n'ont ensuite fait que subir.

Lyon-Toulouse : 9-19.

Et Donguy a traversé le terrain. Prise de balle et course droite pour un essai d'un autre monde. Un essai aussi cocasse que précieux dans un match disputé sous une pluie battante. Une erreur de son vis-à-vis après un coup de pied de pression de Januarie et des avants plus occupés à s'agripper par le col ont suffi à lui dégager une voie royale. Lui, qui a souvent manqué de chance dans sa carrière, accélérait pour enfin faire tourner la grande roue du destin. Et tant pis pour des Lyonnais courageux mais piégés comme des débutants.

Toulon-Clermont : 0-17. Guillaume ALBERTO

Ce match aurait pu tourner tout autrement si les Toulonnais avaient su scorer dans le premier quart d'heure de la rencontre. Dominateurs en début de match, agressifs dans les rucks et bien décidés à avancer à l'impact, les Rouge et Noir n'ont pas réussi à concrétiser leur domination. Ils n'ont pas marqué d'essai mais, en plus, ils ont manqué des pénalités en début de partie (Benjamin Lapeyre à la 1ere, Julien Dumora à la 5e). Alors, quand l'ASM a pris le score par une pénalité de Brock James à la 22e puis l'a agavé par un essai quinze minutes plus tard, Toulon a sombré. Menés au tableau d'affichage, les Toulonnais ont complètement coulé collectivement, un peu comme à Montpellier le 7 mai dernier pour leur dernier match de la saison. En colère après ce zéro pointé, le président Boudjellal s'acharne depuis samedi sur son manager Philippe Saint-André qu'il veut voir partir au plus vite.

Racing-Metro/Perpignan : 47-23. Léo HUISMAN

Samedi à Colombes, il y a eu le carton du Racing - qui mettra 50 points à Perpignan cette saison ? -; il y a eu le festival des Fidjiens - on connaissait Bobo, on connaissait Qovu, on va apprendre à connaitre Vakatawa - et puis il y a eu Gregory Arganèse, le talonneur ciel et blanc. Après la rencontre l'ancien Montalbanais se définissait comme un Fidjien blanc, pas pour les grandes envolées dont il est bien incapable mais pour sa joie de vivre qu'il transmet à tout le groupe francilien. Malgré un manque de temps de jeu évident l'an passé, Arganèse, en une saison, est devenu un maillon essentiel de l'équipe de Pierre Berbizier. Festuccia parti, Noirot blessé, Arganèse a montré, face à l'Usap, qu'il était aussi un très bon joueur de rugby. Ce week-end, il a livré son match le plus plein sous ses nouvelles couleurs. Un lancer en touche raté - "ma spéciale, chaque début de deuxième mi-temps" - mais une présence de tous les instants, une défense hyper agressive, au plus grand plaisir de son entraineur Philippe Berbizier, qui l'a fait venir au Racing. Demain peut-être, Arganèse courra comme Qovu ou Bobo. il sera pleinement alors le Fidjien blanc.

 
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