Timoci Matanavou - Toulouse Montpellier - 12 mai 2012 - Icon Sport
 
Top 14

Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 15/05/2012 à 10:48 -
Par Rugbyrama - Le 15/05/2012 à 10:48
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, ils reviennent sur le triplé de Matanavou, la banderole à Agen pour Deylaud et Lanta ou le retour en forme du pilier Domingo.
 

Agen-Racing: 25-22.- Léo FAURE

Le mois de mai c’est le muguet, les fruits qui se gorgent de sucre, les jupes qui rétrécissent. C’est aussi, dans le monde sportif, le temps des "au revoir". Comme sur un peu tous les terrains, la rencontre de samedi à Agen était partiellement consacrée à la nostalgie et aux adieux aux larmes. Celui à Adri Badenhorst fut superbe. Tee-shirt en son honneur, prénom régulièrement scandé dans les tribunes et discours au micro après le match. Le troisième ligne agenais, combattant irréprochable, a aussi eu le bon goût d’y ajouter un essai. Carton plein. L’adieu à Senekal, Ahotaeiloa, Lassalle, Dulin et Machenaud fut plus discret, même si aussi sympathique. Et quid des entraîneurs Lanta et Deylaud ? S’ils étaient absents du banc de touche pour cette dernière, ils l’étaient aussi, au départ, de la cérémonie des adieux. Jusqu’à ce que, à l’initiative des joueurs, une banderole soit déployée et que le président Alain Tingaud y revienne. Ouf ! Vu leur parcours au SUALG, il aurait été grossier de les omettre.

Toulouse-Montpellier: 20-13. Grégory LETORT

Le plus drôle, c'est qu'il s'est excusé. Timoci Matanavou, l'ailier fidjien du Stade toulousain avait promis de fêter son retour à la compétition par un quadruplé. "Je l'avais dit à Jean-Marc Doussain, à ma famille et aux supporters". Il n'a pas tenu sa promesse, s'arrêtant, contre Montpellier, à un triplé. Trois essais en quarante-quatre minutes: une performance majeure. Et pourtant du déjà-vu pour lui cette saison: il avait inscrit un triplé contre Bordeaux (56-6 ; 8e journée). Matanavou n'avait plus joué depuis l'élimination de Toulouse contre Edimbourg en quart de finale de Coupe d'Europe. A la sortie de Murrayfield, il s'était flagellé. "Tout est de ma faute". C'était exagéré, évidemment. Dans la foulée, il avait disparu: un retour aux Fidji pour se rendre au chevet de son père malade. Deux semaines en famille sans jamais s'entraîner. Il est rentré samedi dernier, s'est entraîné lundi et mardi puis a fait parler sa classe au Stadium pour le dernier round de la saison régulière. Le voilà à dix essais en Top 14 - 18 en incluant la H Cup. Après avoir été sacré meilleur marqueur du Pro D2 en 2011/2012, il est en course pour réussir la même performance à l'échelon supérieur. Toulouse, à ce moment-là de la saison, ne s'en plaindra pas...

Bordeaux-Bègles-Perpignan: 37-29. Gérard PIFFETEAU

L’Union Bordeaux-Bègles a encore un peu plus repoussé ses limites car qui aurait oser imaginer qu’un groupe de 23 joueurs, dont cinq seulement figuraient parmi les vainqueurs de Brive huit jours plus tôt, s’imposerait par un jeu de dimension à une Usap forte d’une dizaine de champions de France 2009 ? Le salut à ceux qui vont quitter le club avec la fierté du devoir accompli restera parmi les souvenirs les plus émouvants du jeune club. Pour Ferrères, Lilo, Fraser, Ternisien, Davies, Turini, Béthery et Houston peut-être, une page a été tournée. Quant à ceux qui vont poursuivre l’aventure à l’Union et qui ont peu joué, la qualité de leur prestation a ouvert des perspectives au président et au staff. Nous voulons parler des Brana, transcendant, Rofes, Seron, Madaule ou Tisseau qui a clairement affiché sa volonté de noircir sa feuille de présence parmi les futurs titulaires. Mais ce match avait une autre signification, majeure. A 21 ans, le centre Charles Brousse a une nouvelle fois exposé un potentiel qui pourrait faire de lui une révélation dans l’élite 2013. "On se régale, avoue t-il. Si on m’avait dit l’été dernier que je jouerai à ce niveau et avec l’équipe première je ne l’aurais pas cru. Aujourd’hui ce n’est que le début." Derrière la mêlée, le jeune Manu Saubusse, de surcroît buteur performant, pourrait voir son heure arriver la saison prochaine. Enfin, avant de s’envoler avec les moins de 20 ans tricolores pour disputer la Coupe du monde, le deuxième ligne Andrew Chauveau et l’ailier Darly Domvo ont fait le plein de confiance et de sérénité. Et Darly de reconnaître: "On n’a pas été intégrés avant-hier quand on a su qu’on allait jouer, nous l'avons été dès la prépa de début de saison. C’est vraiment un super groupe. A mon poste d’ailier j’espère avoir du temps de jeu à la sortie du Mondial pour ne pas être dans l’attente et continuer à progresser". Or c’est justement l’intention toujours affirmée du président Marti et des entraîneurs, ajouter à un recrutement très ciblé des jeunes à fort potentiel. Et notre petit doigt nous souffle que d’autres talents sont annoncés.

Castres-Bayonne: 31-29. Jérôme FREDON

C'est peut-être finalement un mal pour un bien que les Castrais rendent une copie raturée face à Bayonne. La saison dernière, le CO s'était imposé de manière très convaincante lors de la dernière journée à Aimé-Giral (29-10) avant de tomber de haut en barrages à domicile face à Montpellier. Ce coup-ci, les Tarnais ont livré une prestation bien en deça de la qualité de la saison dernière. Une performance constellé d’erreurs, avec notamment un nombre d’en-avants et d’approximations techniques considérables. Il faut dire qu'en ne mettant pas l'engagement suffisant au niveau du combat et des nettoyages sur les rucks, les joueurs des "Saint-Laurent" se sont rendus l'après-midi très pénible. Un bon signe avant la revanche contre Montpellier en barrages le 25 mai prochain au Stadium de Toulouse?

Biarritz-Stade français: 16-5. Simon VALZER

Certains adieux en éclipsent d’autres... Samedi dernier, ceux de Sylvain Marconnet, célébrés en grande pompe à coup de tee-shirts, de polos, et de 14 000 masques à l’effigie du pilier distribués au public d’Aguilera, ont éclipsés tous les autres. Ceux de Rodrigo Roncero, ceux de Patrice Lagisquet qui rejoindra jusqu’en 2015 l’équipe de France, et enfin ceux d’un autre grand monsieur de la première ligne française, Olivier Milloud. Le Berjallien, qui s’était donné un dernier défi en signant pour une saison en faveur d’un Stade français en pleine reconstruction, a donc tiré sa révérence après 17 ans au plus haut niveau. S’il a reçu une ovation du public d’Aguilera, celle-ci paraît bien mince au vu de sa carrière, riche d’un grand chelem (2002), de deux Tournois (2006 et 2007) et de deux Coupes du Monde. Celui qui fut le pilier du XV de France entre 2000 et 2007 (50 sélections) n’a pas eu de grand bal, ni de grande cérémonie. Mais tout le monde n’a pas la mémoire courte. Depuis ce week-end, les témoignages d’affection se mutliplient via les réseaux sociaux. De toute évidence, le taiseux de la Berjallie est un personnage attachant. Sa sortie a été à l’image du personnage : pudique, et discrète. Mais assurément, son incomparable gueule manquera à tous les amateurs de duels en mêlée de France. Salut l’artiste.

Clermont-Brive: 57-14. Marc DUZAN

Thomas Domingo est en forme. Les deux droitiers de Brive, Pat Barnard et Pablo Cardinali, peuvent en témoigner. Après un an d'absence et deux graves blessures au genou, l'enfant d'Egletons a aujourd'hui évacué tous les stigmates de plusieurs mois de souffrance. Très fort en mêlée fermée (les Brivistes ont été pénalisés à sept reprises dans ce secteur de jeu), actif dans le jeu courant, le pilier international a signé son grand retour à la compétition par une performance étonnante. Sera-t-il opérationnel pour la fin de saison des Jaunards ? Est-il trop tôt pour le faire débuter face à Toulon ou le Racing-Métro en demi-finale ? Jusqu'ici, la mêlée auvergnate a rempli son contrat; à gauche, Lionel Faure et Vincent Debaty sont à créditer, tous deux, d'une très bonne saison. N'empêche: si Domingo a retrouvé ne serait-ce que 85 % de ses moyens physiques, il serait peut-être dommage de se passer de ses services. A Cotter de trancher...

Lyon-Toulon: 5-29. Guillaume ALBERTO

Les Lyonnais quittent ce Top 14 par la petite porte. En recevant Toulon, les hommes de Raphaël Saint-andré se voyaient proposer un double défi: accrocher un "gros" pour jouer un rôle, malgré tout, dans l'organisation des matchs de barrage, et terminer la saison par une victoire devant leur public du Matmut Stadium. Objectifs manqués. Même s'ils ont su résister dans un première période des plus ennuyeuses, ils ont fini par céder dans le deuxième acte, emportés par la force et la maîtrise du paquet d'avants toulonnais et terrassés par les coups de sifflets de M.Poite. Un match cauchemardesque, avec quatre cartons jaunes à la clef, qui vient conclure une saison difficile qui voit le Lou terminer lanterne rouge avec seulement cinq victoires au compteur et dix-sept points de retard sur le premier non relégable. Toulon avait connu ça en 2006 et avait su rebondir pour être aujourd'hui l'un des cadors du Top 14 qui s'est assuré samedi un barrage à Mayol. Le recrutement lyonnais en vue de la saison prochaine (Chabal, Nallet, Cibray, Dumora, Bennett...) prouve que les Rhodaniens et leur écrin du Matmut Stadium n'entendent pas s'éterniser en Pro D2. Qui sait, dans quelques années, Lyon-Toulon sera peut-être une affiche du haut de tableau du championnat de France !

 
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