Audrin - Castres Montpellier - 24 mars 2012 - Icon Sport
 
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Top 14

Le tour de Midi Olympique

Le tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 26/03/2012 à 19:28 -
Par Rugbyrama - Le 26/03/2012 à 19:28
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts de la dernière journée de Top 14. Là, ils reviennent sur la blessure d'Audrin, le rouge de Caminati, la montée en puissance de Botha et la joie de l'UBB

Castres-Montpellier: 27-18. Emilie DUDON

Les images faisaient froid dans le dos: on y voyait la cheville droite de Yoan Audrin se tordre démesurément pour venir quasiment toucher son tibia. Le ralenti proposé par Rugby + laissait craindre le pire... Immédiatement évacué vers une clinique castraise, l'ailier montpelliérain passait des premiers examens samedi, qui écartaient l'éventualité d'une fracture. Mais, présent à la réception d'après-match avec ses béquilles,il nourrissait peu d'illusions alors qu'il répondait poliment à chaque supporter venu prendre des nouvelles: "Ma cheville était complètement sortie... Il n'y a pas de fracture mais la douleur était tellement violente que les médecins m'ont fait une piqûre pour me calmer. Je ne sais pas encore si les ligaments ont été touchés mais je ne suis pas très optimiste."  Un gros coup dur. Et un vilain coup du sort pour le joueur de 30 ans, qui faisait son retour à Castres pour la première fois depuis son départ du CO. Les jours précédant la rencontre, il avait refusé de parler dans la presse. Preuve de l'importance qu'il donnait à ce match. Titularisé en Top 14 pour la quatorzième fois de la saison, il n'en a disputé qu'une demi-heure... Le sort, toutefois, réserve des (bonnes) surprises de temps en temps : l'IRM effectuée ce lundi matin n'a révélé aucun arrachement osseux. Il doit passer des examens complémentaires pour savoir si les ligaments sont touchés. Au club on espère seulement "cinq à six semaines d’absence". Un moindre mal…

Bayonne-Brive: 19-12. Jérémy FADAT

Chacun peut légitimement penser que le tournant de ce match a eu lieu à la 46e, quand l'ailier briviste Julien Caminati s'est fait expulser après avoir reçu un deuxième carton jaune. A cet instant, le score était de 6-6 et les Corréziens semblaient en mesure de l'emporter au Pays basque. Mais le véritable tournant est peut-être intervenu deux minutes plus tôt quand le centre du CABCL, Jamie Noon, a dû sortir sur blessure après une action anodine. Alors qu'il plaquait Guillaume Bernad, il a heurté la tête d'Arnaud Mignardi, son compère du centre, et a été sonné par le choc. "Quand deux cailloux s'entrechoquent, cela fait des étincelles", ironisait Ugo Mola après le match. Et l'absence de l'Anglais sur le terrain a forcément été préjudiciable. Lui qui, sur le plan défensif, avait réalisé une énorme performance en première mi-temps en multipliant les tampons impressionnants sur les Bayonnais. Sa sortie a provisoirement déréglé le système défensif briviste et sur le lancement suivant, les Basques perforaient la muraille corrézienne au large. Tout sauf un hasard. Quelques temps de jeu plus tard, ils se retrouvaient en position de marquer...Jusqu'à ce que Caminati se mette à la faute pour éviter l'essai. Et voit rouge.

Clermont-Perpignan: 29-23. Léo FAURE

Clermont dispose de ressources assez exceptionnelles. Ce n’est plus une nouveauté. A tel point que, pendant un moment, on se serait égaré à omettre que pendant un mois et demi, les Auvergnats devaient composer en première ligne sans Vincent Debaty, certes, retenu pour le Tournoi des 6 nations, mais aussi sans Thomas Domingo (blessé au genou) et Davit Zirakashvili. Le dernier cité, victime d’une fracture de l’avant-bras le 11 décembre dernier face à Leicester (H Cup), a finalement rejoué samedi, face à Perpignan. Et quel retour! Ultra-dominateur en mêlée et très actif dans le jeu, le Géorgien a grandement participé à faire basculer cette rencontre indécise du côté des Clermontois. D’excellent augure alors que se profile un quart de finale européen des plus alléchants, chez les Saracens.

Toulon-Racing : 32-20.- Nicolas AUGOT

83 jours d'invincibilité pour Toulon qui vient d'enchaîner un huitième succès consécutif ce samedi face au Racing-Metro. Forcément impressionnant pour une équipe qui a maté le Racing-Metro, un prétendant à la phase finale. Une montée en puissance dans laquelle le sud-africain Bakkies Botha n'est pas étranger. L'international springbok (76 sélections), qui avait débarqué sur la Rade blessé juste après la Coupe du monde, revient à son meilleur niveau. C'est lui qui a sonné la révolte du RCT alors que le Racing avait viré en tête à la pause. A la pointe du combat, il a plané sur les rucks et enrayé le collectif francilien. Une performance digne de son statut de combattant de l'ombre qui laisse penser que le club de Mourad Boudjellal n'a pas fini d'impressionner d'ici la fin de la saison.

Lyon-Biarritz : 17-34. Jérôme PREVOT

Biarritz est-il sorti d'affaire ? Ce n'est pas encore sûr car les Basques devront recevoir trois équipes costaudes (Clermont, Racing, Stade Français) mais la performance du BO à Lyon incite vraiment à l'optimisme. Après, tous les hommes d'Harinordoquy n'ont jamais été menés au score à l'extérieur contre une équipe censée jouer sa peau. Ils ont marqué quatre essais et surtout, ils ont négocié la reprise la deuxième mi-temps (le moment où les matches basculent souvent) par un décisif 10-0 (qui s'est transformé en 24-0). Cette équipe de Biarritz n'avait pas gagné trois matches de suite en championnat depuis un an. Cette saison, elle a parfois souffert mais elle a montré qu'au pied du mur, elle pouvait réagir non seulement avec cœur et talent, mais aussi avec sang-froid, même si elle a subi un carton jaune en fin de partie. Le Biarritz 2012 n'est plus celui de 2006, ni même celui de 2011 mais il a gardé l'instinct qui lui permet de faire basculer les matches qui sont à sa portée.

Bordeaux-Bègles-Toulouse: 18-17. Gérard PIFFETEAU

Dans les deux dernières minutes de leur intense affrontement avec Toulouse, les Girondins ont bien cru que la malédiction allait encore les frapper au cœur. Car deux fois récemment, dans les ultimes instants des matchs l’opposant à Montpellier à Bègles puis au Racing à Colombe, l’Union avait dû s’incliner sur des coups du sort qui furent interprétés comme autant d’injustices. A Chaban-Delmas, la transformation de Beauxis à la 76e minute n’a pas crucifié la bande à Clarkin qui a ensuite défendu avec un engagement inouï son minuscule avantage. Un petit point qui pourrait se révéler d’une énormissime importance dans les prochaines semaines. Mais surtout, une telle issue quand l’adversaire n’est autre que la meilleure équipe d’Europe, devrait marquer un tournant dans l’histoire de ce groupe uni comme les doigts de la main. L’attaquant Rafaël Carballo fut l’un des premiers vendredi dernier à ressentir le formidable élan qu’impulsait cette victoire. L’un de ceux aussi qui attribue cette performance à la stabilité du collectif et du staff depuis trois ans. Mais à cet instant du propos, comment ne pas accorder aux joueurs et aux entraîneurs le mérite qui leur revient d’avoir séduit un public qui se presse désormais au stade, à Bègles ou à Bordeaux. Vendredi, les héros ont partagé leur bonheur avec 34 000 personnes. A l’heure où bien des groupes sportifs se referment sur eux-mêmes pour fuir je ne sais quel danger, l’UBB reste ouverte. Jamais cette saison un entraînement n’a été déclaré à huis clos ; les joueurs sont disponibles toute la journée quatre jour sur sept et les vestiaires s’ouvrent après les matchs. Même à Chaban Delmas après l’exploit face à Toulouse. Et le président Laurent Marti qui sait ce que le mot "Valeurs" veut dire en vérité, se veut le garant de ce relationnel de qualité. La semaine dernière, un journaliste se présentant à l’entraînement du mardi eut cette remarque: "L’ambiance des lieux ressemble au rugby des années 90". Le propos n’était pas péjoratif, il se voulait être au contraire très élogieux. Et les épatants joueurs de l’UBB n’ont pas eu à mettre des casques sur leurs oreilles et des lunettes noires pour, trois jours plus tard, battre le champion de France.

Stade français-Agen: 53-27.

Le festival offensif parisien a été gâché par la blessure du pilier droit international David Attoub. Sur un plaquage, celui-ci y a laissé son poignet gauche. Une bien mauvaise nouvelle pour l’encadrement parisien en cette période de l’année. D’autant que le Stade français va devoir faire face à de grosses échéances prochainement. Dès samedi avec la venue du leader Toulouse. En son absence, c’est toute la stabilité du pack stadiste qui se retrouve en danger. Son apport dans le combat et l’épreuve de force n’est plus à prouver. Il fera défaut, c’est une certitude. Les derniers examens passés ont indiqué une absence de l’ordre de trois semaines. Pas de quart de finale de challenge européen pour Attoub donc. Michael Cheika est déjà en train de se remuer les méninges pour trouver le nom de son remplaçant…