essai de Yves Donguy - 18.02.2012 - Toulouse - Icon Sport
 
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Top 14

Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 21/02/2012 à 13:45 -
Par Rugbyrama - Le 21/02/2012 à 13:45
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts de la dernière journée de Top 14. Là, ils reviennent sur le doublé de Donguy, le touche montpelliéraine et des fins de matchs hallucinantes.

Toulouse-Agen: 21-10. Bruno FABIOUX

En marquant deux fois samedi face à Agen, Yves Donguy a porté son palmarès à 8 essais et dépassé le leader du classement des marqueurs du Top 14 avant la rencontre, en l'occurence l'ailier fidjien Timoci Matanavou, qui en totalise 7. A chaque fois qu'Yves Donguy a marqué, aux 39e et 55e minutes, c'est une dernière passe de Luke McAlister qui l'a envoyé de l'autre côté de la ligne. Dire qu'Yves Donguy "n'avait plus qu'à marquer" est un peu réducteur, même s'il est vrai qu'il n'eut guère qu'un raffût à effectuer sur ses deux réalisations. Pourtant, les deux flèches de l'attaque toulousaine pouvaient fort bien partager le "trône" à l'heure où nous écrivons ces lignes. A la 71e minute de la rencontre, après qu'il eut percé sur une bonne trentaine de mètres et navigué dans la défense agenaise, Luke McAlister, oublia?, ne vit pas?, n'entendit pas?, Timoci Matanavou, totalement démarqué sur sa droite, et termina sa course en s'empalant sur un défenseur. Un rapide coup d'oeil lui eut pourtant commandé, après les deux cadeaux précédents à Yves Donguy, d'en offrir un troisième au Fidjien. On peut supposer que ce n'est que partie remise... D'autant que Timoci Matnavou peut largement se consoler avec les 7 qu'il a marqués en H Cup, contre zéro pour son "rival".

Perpignan-Biarritz: 25-6. Vincent BISSONNET

Vendredi soir, sur les quinze Catalans alignés d'entrée, cinq quitteront Aimé-Giral en juin prochain: Freshwater, Tincu, Olibeau, Le Corvec et Boulogne. Tous ont réalisé une performance de premier ordre pour permettre à l'Usap de remporter cette rencontre décisive face au rival Biarritz. Les deux premiers ont contribué à la domination catalane en conquête, le deuxième et le troisième ligne se sont imposés comme les patrons des zones d'affrontement et le demi de mêlée a parachevé l'oeuvre du collectif. Au-delà des considérations stratégiques et techniques, comment ne pas saluer la mentalité exemplaire de ces joueurs, dévoués jusqu'à la dernière seconde à la mission maintien du club ? En tout, une dizaine de joueurs plus les deux entraîneurs, Christophe Manas et Bernard Goutta, ne porteront plus les couleurs sang et or la saison prochaine. Mais si l'avenir ne leur appartient plus, ils n'entendent en aucun cas insulter le passé ou négliger le présent. Et ont promis de tout donner. Alors, simplement bravo à cette bande de valeureux !

UBB-Montpellier: 26-30. Emilie DUDON

Le sort est parfois cruel. Les Bordelo-Béglais pourraient vous en dire quelque chose. Alors qu'ils avaient largement dominé en touche durant toute la rencontre,volant 40% des ballons sur lancers montpelliérains, les Girondins ont vu leurs espoirs de victoire s'envoler à trois minutes de la fin du match... sur une pénaltouche du MHR captée par Fakate (entré en jeu un quart d'heure plus tôt), suivie d'un maul impliquant douze joueurs et d'un essai de Tulou. Et c'est en cafouillant à l'issue d'une ultime pénaltouche, à la 80e, qu'ils ont permis aux Héraultais de récupérer le ballon et de se dégager pour conquérir leur cinquième victoire à l'extérieur. "C'est marrant que le match se résume à ça", souriait Didier Bès à l'issue du match. Un sourire jaune toutefois pour l'entraîneur des avants du MHR: "Nous avons perdu quatre ballons sur dix en touche. C'est énorme. Ce qui nous gêne, c'est qu'on n'a pas pu générer plus de jeu sur cette phase de conquête." Au total, les Montpelliérains ont bénéficié de seulement dix lancements (quatre en mêlée, six en touche). Mais ils ont gagné. Et c'est parce qu'ils se sont montrés extrêmement réalistes durant leurs temps forts et qu'ils ont assuré en défense. "S'ils ont été en difficulté en touche, les joueurs ont été performants sur les ballons portés. C'était exactement le cas inverse du match précédent, contre Perpignan. Alors on se dit que quand un secteur ne va pas, l'autre prend le relais. Mais on sait que si on a autant de déchets contre les gros, ça ne passera pas." Et Montpellier doit encore se déplacer à Toulon, Castres, Clermont et Toulouse.

UBB-Montpellier: 26-30. Gérard PIFFETEAU

Les relations étroites, sincères, que les joueurs de l’Union Bordeaux Bègles entretiennent avec leurs supporters est l’une des belles réussites de cette première saison au contact du Top 14. Culturellement, ce club aime ceux pour qui le maillot signifie quelque chose, et qui le défendent sans jamais tricher dans leur engagement. Aujourd’hui à Bègles ou à Bordeaux, comme hier, c’est le terrain qui suscite l’émotion. Ce fut encore vrai dans l’affrontement sans relâche avec les Montpelliérains qui sont fait du même moule. Jusqu’à l’ultime seconde, la bande à Clarkin a lutté au corps à corps pour arracher une victoire qui venait de lui échapper à trois minutes du coup de sifflet final. Sur le terrain, depuis la 62e minute, le pilier droit Patrick Toetu avait remplacé Bees Roux. L’ex tarbais fait partie de ces joueurs qui forcent l’admiration. Tout donner dans les vingt dernières minutes c’est la mission qu’il affectionne. Pas seulement en mêlée où sa force est redoutable, mais aussi dans la manipulation et la conservation du ballon qui mettent en lumière sa technique. Mais pour en arriver là, sait-on tous les efforts herculéens et douloureux que ce gaillard de 125 kg, dont on limitait l’horizon à la Pro D2, a dû endurer sans broncher sous les ordres de l’impitoyable préparateur physique Ludovic Loustau ? En début de saison, le président Laurent Marti lui avait fait promettre de ne plus se laisser aller à ses excès. Patrick Toetu a non seulement tenu parole mais en dépit de blessures qui auraient pu briser sa saison, il a “travaillé comme une bête“ pour devenir aujourd’hui un pilier droit crédible en élite lorsque les coachs font appel à lui. Ce parcours, cette construction, ont quelque chose d’émouvant.

Stade français-Toulon: 19-19. Grégory LETORT

Paris vaut bien une fête. Mais pas tout le temps. Une semaine après le fiasco de France/Irlande, le clash Stade français/Toulon à Saint-Denis n'a pas été à la hauteur de ce grand rendez-vous que Max Guazzini avait réussi à créer au fur et à mesure des délocalisations amorcées à l'automne 2005. Malgré les animations dans l'esprit Carnaval de Rio, le SDF n'a pas dansé la samba. Il faisait froid, les tribunes étaient à moitié vides et personne n'a eu le réel désir de communiquer sur le nombre de spectateurs. De retour dans l'arène de leurs exploits, Bernard Laporte et Mathieu Bastareaud ont quand même été émus. "Je me pensais blindé.En fait, non", reconnaissait Mathieu Bastareaud, de retour à son meilleur niveau. Mais à Toulon, on sait surpasser ses émotions. Même quand Jonny Wilkison sort avant la demi-heure de jeu. Il faut dire que Laporte, Bastareaud et toute la clique, en plus de pouvoir compter sur les excellents David Smith et Steffon Armitage, ont la chance d'être guidés par un ouvreur remplaçant qui joue comme dans un rêve : Matt Giteau qu'on ne présente plus mais qui se réinvente à chaque fois. Avec le Wallaby à la baguette, Toulon, mené, s'est degrippé avant d'arracher le match nul sur le gong. Un final explosif qui place le RCT parmi les cadors et qui rappelle à Paris que la reconstruction est toujours en cours. Mais au moins après l'ennui, les spectateurs du Stade de France ont eu droit à l'oeuvre de Giteau puis à celle du président Thomas Savare : deux feux d'artifice pour le prix d'un. C'est toujours ça de pris.

Brive-Castres: 13-15. Jérémy FADAT

Deux fois qu'il vient, deux fois qu'il brille. L'an passé, alors qu'il se trouvait dans l'ombre de Cameron McIntyre, Pierre Bernard avait profité de l'absence du Néo-Zélandais pour réaliser une excellente performance à Brive et permettre au CO de s'y imposer. Une victoire à l'extérieur, bonheur que n'avait plus connu le club tarnais depuis des lustres à l'époque... Cette saison, même lieu, même conséquence. Doublure de Rémi Tales en début de saison, l'ancien ouvreur de Bayonne s'est vu confier les clés du jeu castrais depuis la grave blessure de l'ex-Rochelais. Au stade Amédée-Domenech, il a démontré qu'il était beaucoup plus qu'un remplaçant de choix. Précis dans l'occupation du terrain au pied et précieux sur ses chandelles, il a surtout permis à son équipe de prendre le large en seconde période : deux drop-goals parfaitement exécutés pour valider deux temps forts des siens dans le camp corrézien et une pénalité de plus de cinquante mètres. En face, les buteurs du CABCL laissaient treize points en route... Décidément, à Brive, Bernard est dans son jardin.

Bayonne-Clermont: 22-22. Jérôme FREDON

Un final ébouriffant! Le crépuscule du match entre Bayonne et Clermont-Ferrand a tenu en haleine le public de Jean-Dauger tant les actions des joueurs de Vern Cotter ont été tranchantes et les rebondissements nombreux. Devant un tel suspense, les supporters de l'Aviron en ont quasiment perdu leur Basque! Après l'essai tout à l'énergie de Sam Gerber à la 79ème minute, ceux-ci pensaient vivre une fin de rencontre tranquille. Il n'en a rien été. A cause d'un ballon rendu immédiatement sur le renvoi aux Clermontois, l'Aviron a bien failli abandonner les deux points du match nul conquis de haute lutte. Au cours d'un dernier temps de jeu d'anthologie de plus de trois minutes trente, les partenaires d'Elvis Vermeulen auraient en effet pu marquer deux fois. D'abord par Noa Nakaitaci stoppé à cinq centimètres de la ligne par un plaquage désespéré de Sam Gerber. Ensuite par Anthony Floch parti légèrement devant le coup de pied de Brock James. Dès lors, on comprend mieux pourquoi le public de Jean-Dauger s'est levé comme un seul homme au coup de sifflet final. Soulagé de s'en être tiré à si bon compte. Pour les Bayonnais, ce match nul héroïque avait sans aucun doute la saveur d'une victoire.

Lyon-Racing: 22-33. Sébastien FIATTE

Battu samedi à domicile par le Racing, auteur de trois essais à zéro passe dont deux dans le premier quart d'heure sur de grossières erreurs défensives, le LOU, à l'image du 2e ligne, Arnaud Marchois, entend bien se battre jusqu'au bout pour rester en Top 14. "Il faudra nous mettre dehors, lança l'avant en conclusion de la conférence de presse dans la zone mixte du Matmu Stadium. Mathématiquement, il reste de l'espoir, l'équipe ne lâchera rien". Les Brivistes sont prévenus...