Mike Phillips - Bayonne Biarritz - 14 avril 2012 - Midi Olympique
 
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L’Aviron respire... et espère

L’Aviron respire... et espère

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 15/04/2012 à 15:06 -
Par Rugbyrama - Le 15/04/2012 à 15:06
Bayonne a su se remobiliser après la gifle reçue à Perpignan pour remporter un 101e derby basque qui s’avérait décisif. Symboles de ce succès, l’ouvreur Potgieter, transfuge anonyme arrivé en cours de saison, et le demi de mêlée remplaçant Garcia, cadre de l’effectif et auteur d’un drop magistral.
 

"Ne pas mourir". Ces trois mots simples, prononcés par le flanker bayonnais Guillaume Bernad à quelques jours du match, résumaient tout l’enjeu de ce 101e derby basque. Côté biarrot, le refrain n’était pas différent. "C’est eux ou nous", posait froidement l’ex-Bayonnais Arnaud Héguy. Non, ce rendez-vous ne laissait pas de place aux sentiments. Simplement à l’instinct: celui de survie. Humiliés la semaine dernière à Aimé-Giral, les Ciel et Blanc ont su retrouver les valeurs essentielles de combat et de solidarité pour relever la tête. L'entraîneur Didier Faugeron ne cachait pas son soulagement et sa satisfaction à l’issue du match: "Je suis content pour tout ce groupe parce qu'il a su réagir. J'étais mécontent et je leur ai dit, j'étais dans mon rôle. Mais quand ça se passe bien, avec cet engagement-là, je ne peux qu'être satisfait et fier d'eux. En plus, quand on voit le bonheur qu'ils ont donné à tout ce stade, c'est fantastique». Le public de Jean-Dauger n’a pas failli à sa réputation de l’un des meilleurs publics de France. Après quatre-vingt minutes passées à chanter, chambrer, s’exclamer et surtout trembler pour son équipe, le peuple Ciel et Blanc a pu exulter.

Potgieter et Garcia, les symboles d’un succès

Si l’intensité du match fut digne d’un vrai combat de gladiateurs, la fête aurait toutefois pu être plus belle. Car malgré plusieurs occasions franches, ce derby n’aura connu qu'un essai (Bolakoro, 50e) et aura viré à un duel de buteurs. Jacques-Louis Potgieter d’un côté, Dimitri Yachvili de l’autre. Au final, le Sud-Africain a inscrit 21 points grâce à sa botte, signant même un remarquabe 7/7 jusqu’à la 45e minute, avant de manquer ses trois dernières tentatives. Ironie du sort, c’est finalement l’inconnu du clinquant recrutement bayonnais qui a été le principal artisan de la victoire.

Mais si l’artilleur a pu s’exprimer, c’est aussi grâce à l’engagement sans faille des Chisholm, Boutaty, Roumieu, Bernad et Marmouyet. Il y eut aussi cette entrée fracassante de Neemia Tialata qui, depuis quelques matchs, veut clairement faire taire ses détracteurs une bonne fois pour toutes. Le colosse néo-zélandais mit au supplice un pack biarrot déjà en difficulté dans le premier acte. Et enfin ce drop magistral trente-cinq mètres à gauche signé Cédric Garcia. Un autre symbole fort venant de la part d’un cadre de l’effectif bayonnais qui, même s’il vit cette saison dans l’ombre d’un autre grand nom du rugby mondial, montre une fois de plus que son équipe peut compter sur lui. Bayonne qui bat Biarritz, des revanchards qui se rebiffent, des inconnus qui entrent dans la lumière... Ce 101e derby n’a pas déçu.