Christophe Manas - Entraînement Perpignan - juillet 2010 - Midi Olympique
 
Top 14

Manas : "Je reste le même"

Manas : "Je reste le même"

Par Rugbyrama
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 19/07/2010 à 15:13 -
Par Rugbyrama - Le 19/07/2010 à 15:13
Titulaire à l’aile lors de la finale de Top 14 perdue par l’Usap contre Clermont il y a un mois et demi, Christophe Manas a désormais pris la succession de Franck Azéma dans le rôle d’entraîneur des arrières. Une fonction à laquelle il s’était préparé. Pour lui, tout se passe donc "naturellement"…
 

Alors que vous étiez encore joueur il y a quelques semaines, vous avez officiellement revêtu votre nouveau costume d’entraîneur des trois-quarts de Perpignan. Quelles sont vos premières impressions depuis une semaine ?

Christophe MANAS : Cela se fait naturellement. C’est bizarre comme sentiment mais je n’ai pas l’impression d’avoir changé de rôle. Il faut dire que le contexte favorise cette impression. J’entraînais déjà les espoirs et une bonne partie des joueurs dont j’avais la responsabilité font actuellement la préparation avec nous. Au-delà, je connais bien ce nouveau rôle. Je m’y préparais depuis longtemps maintenant.

En effet, vous étiez l’entraîneur des espoirs la saison passée. Sentez-vous un véritable bénéfice à avoir déjà occupé ces fonctions ?

C.M. : Complètement. Toutes les idées que je veux mettre en place, je les ai déjà touchées du doigt. Avec les espoirs, j’ai pu tester des choses. Le fait de combiner cette responsabilité avec mon rôle de joueur m’a aidé. J’avais un autre regard sur les problèmes collectifs à régler. Je me sers aujourd’hui de toute cette expérience. Pour moi, ce n’est pas une découverte complète.

De même, vous connaissez parfaitement le groupe dont vous disposez. En quoi est-ce un avantage ?

C.M. : J’en tire un bénéfice certain. Je sais exactement quels sont les axes de progression du groupe. J’ai vécu avec lui de l’intérieur et je ne vais pas perdre de temps à le découvrir. Je connais ses qualités mais aussi ses failles, donc les leviers sur lesquels travailler. Nous irons directement à l’essentiel.

Dans le fonctionnement quotidien, aurez-vous exactement le rôle que tenait Franck Azéma ou l’organisation de travail avec Jacques Brunel, le manager, et Bernard Goutta, l’entraîneur des avants, va-t-elle évoluer ?

C.M. : Il y a un mécanisme mis en place depuis plusieurs saisons. Et on ne peut pas l’éviter dans un fonctionnement avec un ordre établi, à savoir un manager et deux entraîneurs. Mais au-delà de la simple organisation du staff, nous allons modifier l’organisation et le style des entraînements. Après, mon rôle sera d’être moi-même. Je veux dire par là que je vais essayer d’amener des idées, des réflexions que je vais partager avec Bernard et Jacques. Nous en discuterons et le but est de faire évoluer notre équipe suivant nos ressentis pour tenter de gommer les points sur lesquels nous avons péchés les années précédentes. Mais tout doit être validé par Jacques. C’est son rôle. Disons que c’est un équilibre à trouver. Nous allons mettre les choses en place et plus la saison va avancer, plus les réglages vont se peaufiner.

Quand vous étiez sur le terrain, vous dégagiez l’image d’un joueur exemplaire et professionnel. Ce sont donc les valeurs que vous souhaitez inculquer à votre groupe ?

C.M. : Quand on devient entraîneur, nous avons deux choix. Soit on reste comme on était sur le terrain, avec ses propres valeurs. Soit on joue un rôle. Moi, je n’ai pas besoin de jouer un rôle. Je vais ressembler à ce que j’étais en tant que joueur. Déjà, aux entraînements, je n’hésitais pas à m’agacer quand ce n’était pas sérieux. Là, ce sera pareil. Je veux de la rigueur mais aussi déconner ou chambrer quand le moment est approprié. Le tout est de respecter les consignes. On peut gueuler quand c’est nécessaire mais l’essentiel est de conserver un bon esprit général. Moi, je ne vais pas forcer mon tempérament. Je reste le même.

A titre collectif, quelles ont été les dominantes depuis la reprise la semaine dernière ?

C.M. : Nous avions axé la semaine passée sur beaucoup de travail physique même si nous y avions intégré une petite dose de rugby. Maintenant, nous allons davantage touché le ballon avec un entraînement par jour dédié au rugby, à travers des ateliers spécifiques par petits groupes. De même, nous essayons de favoriser l’adaptation aux nouvelles règles.

Et comment sentez-vous vos joueurs ?

C.M. : Ils sont demandeurs. Ils savent qu’ils ont besoin d’évoluer dans le jeu par rapport à des oppositions qui nous ont posées problème l’an passé. Je sens qu’ils ne veulent pas stagner et ils ont pris conscience que pour cela, il faut passer par des choses nouvelles. Nous devons progresser dans beaucoup de secteurs : le jeu, la défense…Et je trouve les joueurs volontaires. En tout cas pas du tout abattus.

Cela signifie qu’ils ont digéré la déception de la finale de championnat perdue contre Clermont il y a un mois et demi ?

C.M. : Je pense, oui. Sur le moment, il a bien sûr existé une vraie déception mais il ne fallait rester abattu et au contraire, s’en servir. Au-delà du résultat net de cette finale, il faut regarder le chemin qui a été parcouru pour en arriver là. C’est le plus important, savoir comment le groupe a vécu dans des moments positifs mais aussi et surtout dans des moments délicats, comment il a trouvé des ressources pour avancer. En cela, le staff doit trouver le message pour guider les joueurs.

Avez-vous déjà fixé des objectifs à votre groupe ?

C.M. : Non, c’est trop tôt. Et en général, c’est le président qui parle de cela. Après, obligatoirement, nous allons rester dans une marge qui a été celle des années précédentes. Les grandes lignes sont déjà tracées. Même si les ambitions seront peut-être plus pointues dans une compétition que dans une autre. On va en discuter et décider pour fixer rapidement les objectifs.

Cela fait plusieurs saisons que vous ne jouez pas les premiers rôles en H Cup. Peut-il exister une motivation particulière dans l’esprit des joueurs pour briller sur la scène européenne ?

C.M. : Briller en Coupe d’Europe, c’est compliqué et simple à la fois. Il n’y a que six matchs de poule puis ensuite, au mieux trois matchs de phases finales. Les choses peuvent donc aller très vite. Mais ces rencontres sont intercalées avec des matchs de championnat. Il faut donc bien gérer ces périodes. En même temps, en H Cup, tu dois être à 100% car tu affrontes des équipes qui en ont clairement fait leur objectif prioritaire. En plus de la fraîcheur physique et mentale, il faut augmenter son niveau technique et rugbystique.

Pour terminer, un petit mot sur le programme de la première journée de Top 14 et la réception de…Clermont ?

C.M. : Avant tout, c’est une belle affiche pour commencer la saison. Ensuite, en fonction du match et du résultat, nous avons l’occasion de balayer définitivement le souvenir du dernier match du championnat précédent. Cette rencontre peut nous permettre de basculer dans la saison à venir et de bien se mettre en route pour la suite.

 
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