Joie Marc ANDREU - 07.05.2011 - Castres - Icon Sport
 
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Top 14

Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 10/05/2011 à 15:01 -
Par Rugbyrama - Le 10/05/2011 à 15:01
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, pour l'ultime journée, ils reviennent sur l'ambiance à Yves-du-Manoir, la réussite des Castrais et la blessure de Rougerie.

Perpignan/Castres : 10-29 - Nicolas ZANARDI

Allo, ici l'ombre... Sans bruit, sans vagues, sans gesticulations ni déclarations impromptues, le Castres olympique a infligé à Perpignan sa quatrième défaite de la saison à Aimé-Giral. Anecdotique au vu de la démobilisation des Catalans, usés jusqu'à la corde et privés de ressources mentales pour offrir à Jacques Brunel un départ inoubliable ? Cela pourrait être le cas, si ces quatre points n'avaient pas propulsé le CO en tête du classement de la phase retour. Le genre de détail imperceptible, mais qui situe la dynamique actuelle de ces Tarnais à qui tout semble réussir... Auteurs de deux essais sur interceptions et d'un autre à zéro passe signé Andreu, exploitant avec brio un cafouillage sous une chandelle, les Castrais ont en effet frappé par leur surréaliste réalisme. "C'est à souligner, convenait Laurent Labit. Nous nous sommes si souvent plaints en début de saison d'avoir manqué des situations imparables qu'il faut savoir le reconnaître lorsque les choses tournent en notre faveur." Jusqu'où les Castrais conserveront-il cette réussite ? Pour tout dire, eux-mêmes l'ignorent...

Bourgoin/Biarritz : 18-22 - Jérôme PREVOT

On a beau se devoir d'être neutre en tant que journaliste, nul n'est tenu à l'impossible. Après CSBJ-Biarritz, nous avons ressenti un sentiment mitigé. La première sensation fut le soulagement après la victoire et la qualification des Biarrots, l'équipe que l'on suit tout au long de l'année et qu'on a envie de suivre au moins encore une semaine pour un grand match à Clermont. La deuxième sensation fut la tristesse de savoir que c'était le dernier match d'élite à Bourgoin, au Mythique Pierre-Rajon, ce stade britannique transplanté en Isère (dans notre esprit c'est un compliment). Et le regret de ne pas avoir assez goûté à l'atmosphère si populaire du Bar du Stade, l'établissement du mythique "tête d'ampoule", ami de Charlelie Couture. Rien que pour ces moments-là de franche camaraderie avec des gens venus de Chambéry, de Viriat (Ain) ou du staff du club de foot de Bourgoin, on souhaite le retour du CSBJ dans l'élite.

Toulouse/Clermont : 15-6 - Nicolas AUGOT

Il aurait été agréable d'évoquer le match de Rupeni Caucaunibuca, décidément fantasque mais surtout décisif sur les deux essais toulousains. Il aurait été plaisant de saluer le bel hommage d'un stadium plein à craquer aux joueurs du Stade qui vont quitter le club fleuron du rugby français à l'issue de cette saison. Il n'aurait pas été sot de s'hébéter devant les mauvais choix clermontois pour conclure leurs occasions d'essai. Mais, en dehors de la première place consolidée du Stade toulousain et le barrage à domicile sauvé par l'ASMCA, cette rencontre a surtout été marquée par la blessure d'Aurélien Rougerie. Opéré de la cheville gauche, le trois-quarts centre international sera immobilisé pendant six semaines et plusieurs mois seront nécessaires à son rétablissement. Une triste nouvelle pour l'homme, le club auvergnat mais aussi l'équipe de France. C'est maintenant une course contre la montre qui débute et l'on ne peut qu'espérer une victoire d'Aurélien Rougerie.

Montpellier/Toulon : 27-3 - Pierre-Laurent GOU

De véritable match, il n’y en a eu finalement qu’en tribunes. Les supporters de Toulon et le jeune et néanmoins enthousiaste public montpelliérain se sont livrés une magnifique bataille. Pour la première fois de son histoire, le stade Yves-du-Manoir a ressemblé à une véritable arène: chaude, bouillante et coloré. Les Rouge et Noir toulonnais d’un côté, les Bleus de l’autre. Au niveau du nombre, il n’y avait pas photo. 1400 pour le visiteurs et 10 000 pour la nouvelle vague. Mais quel match ! Autant sur la pelouse, Ouedraogo et ses partenaires étaient seuls pour jouer au rugby, autant en tribunes, cela chantait, hurlait, sifflait. Si bien que si ce samedi après-midi est historique pour le MHR, il le doit beaucoup à ses joueurs, mais aussi au public présent dans les travées. C’était une belle fête du rugby !

Agen-Brive : 36-10 - Emilie DUDON

Comme un symbole. En s'imposant avec le bonus offensif (et un record de points et d'essais marqués cette saison) face à Brive samedi à Armandie, le SUALG a dépassé le Stade français au classement pour terminer sa saison à la dixième place. Tout sauf anecdotique pour le promu. Jalil Narjissi s'explique: "Je ne veux pas parler du passé, d'autant que je viens de la région parisienne, mais on se rappelle de ce qu'il s'était passé il y a quatre ans. Du coup, cette défaite fait vraiment du bien ici..." Le talonneur marocain fait partie, avec le capitaine Adri Badenhorst et le pilier Laurent Cabarry, des rescapés de ce funeste jour de mai 2007, qui avait vu le club de Max Guazzini envoyer les Lot-et-Garonnais en Pro D2 en l'emportant 18-5 à Armandie. Alors cette dixième place est tout sauf insignifiante dans la cité de Jasmin. Et elle est venue clore une saison très longue et compliquée par un joli clin d'oeil du destin.  

La Rochelle/Bayonne : 17-30 - Jerôme FREDON

Samedi soir, les Rochelais avaient beau avoir perdu leur dix-neuvième match cette saison – le septième revers à domicile – cela ne les a pourtant pas empêché de faire la fête avec leurs supporters jusqu'au bout de la nuit. Déjà condamnés au Pro D2 avant même d'affronter l'Aviron, les Maritimes avaient décidé d'offrir à Rémi Tales, Thomas Combezou, Serge Milhas et David Darricarrère une fête d'adieu à la hauteur de l'immense énergie dépensée pour ce club. Le quatuor magique n'est pas près d'oublier de sitôt ces joyeuses funérailles rythmées par les chants et les danses de leurs exemplaires supporters. Une ambiance d'après-match incroyable dont nous garderons aussi des images indélébiles. Vivement que les Rochelais remontent en Top 14!

Stade français/Racing : 16-29 - Léo HUISMAN

A l’en croire, l’affiche Stade français-Racing Metro ne constitue en rien un derby d’Ile-de-France. Max Guazzini s’agace lorsqu’on lui parle de son encombrant voisin. Au mieux, il feint l’ignorance. Il peut pourtant remercier l’aide des Ciel et Blanc sur ce coup-là. Samedi à Charléty, pour le dernier match du Stade français à domicile cette saison, les tribunes étaient pleines. C’est bien la première fois de la saison que les joueurs doivent s’époumoner pour faire entendre leurs combinaisons, la première fois qu’à chaque cri, ils ne se reprennent pas illico leur écho dans la tronche. Et bien que le stade ne soit pas fait pour le rugby, c’est entendu, quand il est plein, comme ce fut le cas ce week-end, on se met à vibrer que l’on soit parisien, francilien, stadiste ou racingman. Et finalement ce derby n’est-il pas un peu plus qu’une affabulation de journalistes en manque de sensationnel ?