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Arandiga : "Une grande précarité"

Arandiga : "Une grande précarité"

Par Rugbyrama
Par Rugbyrama - Le 16/07/2009 à 18:30
Le délai supplémentaire accordé aux clubs promus ayant pris fin, les mutations pour la saison à venir sont définitivement closes. 76 joueurs restent sur le carreau. C’est presque deux fois plus que l’an dernier. Le directeur général de Provale Gaël Arandiga fait le point.
 

La période des mutations étant close pour tous les clubs désormais, quel est votre premier bilan ?

Gaël ARRANDIGA : Il fait état de 76 joueurs qui bénéficieront d'une période supplémentaire pour trouver un club. C'est beaucoup plus que l'an dernier puisqu'on en comptait 43 à la même époque. Une grosse trentaine de ces "chômeurs" participera au match amical que nous organiserons contre Dax le 7 août à Peyrehorade (Landes).

On a beaucoup parlé de la crise pour expliquer cette augmentation du nombre de chômeurs. Quelles sont vos explications ?

G.A. : Ce sont toujours les mêmes raisons. Nous possédons le championnat qui fournit le plus de contrats (1161 cette année, NDLR) et qui offre les rémunérations les plus importantes alors, forcément, cela attire suscite les convoitises. Les clubs font confiance aux jeunes issus des centres de formation et aux joueurs étrangers, alors cela pousse beaucoup de monde vers la sortie. Ce sont clairement des problèmes de riches. Beaucoup veulent jouer en France mais le nombre de places est limité.

Etes-vous inquiet ?

G.A. : Ce qui m'inquiète le plus, ce n'est pas le nombre de joueurs au chômage mais plus leur situation sociale. Certains d'entre eux n'avaient pas du tout envisagé leur sortie du circuit professionnel et ils se retrouvent dans une grande, voire une très grande précarité. Ils ne s'attendaient pas à se retrouver dans cette situation et n'avaient donc rien préparé. C'est à ce moment-là que nous intervenons mais leurs situations sont parfois très difficiles.

Quelles sont les solutions envisagées ?

G.A. : La majorité des joueurs sans club rejoindront les championnats de Fédérale mais il s'agira surtout de leur créer une vraie situation, de les mener dans une voie pérenne et cohérente par rapport à l'histoire de chacun. Il faut en fait mettre en place un vrai projet de vie. Le constat, c'est que beaucoup de rugbymen ont un projet de carrière mais pas « d'après-carrière ». Il faut travailler là-dessus. Nous oeuvrons en collaboration avec la LNR pour trouver rapidement des solutions à ce niveau.

Concrètement, en quoi cela consiste-t-il ?

G.A. : Nous allons mettre en place un système de formation tout au long de la carrière, exactement comme dans le monde du travail classique. Tous les salariés « normaux » ont droit à des formations qui les font évoluer pendant leur vie. Il faut faire pareil pour les rugbymen. Etre rugbyman professionnel est une chance extraordinaire mais parfois, le retour à « l'ordinaire » est difficile et cette notion de formation est très importante pour empêcher les joueurs de tomber dans la précarité. C'est un problème très bien ancré dans les centres de formation mais l'objectif premier d'un jeune qui évolue dans ces centres est d'être pro. Et quand il y arrive et qu'il en sort, la notion de double projet, rugbystique et professionnel, est souvent abandonnée. Cela crée un trou d'air qui marginalise les joueurs pros, comme dans les autres sports d'ailleurs. Ces gens vivent dans une bulle. Il ne faut pas la faire éclater mais l'ouvrir.

Quand connaîtrons-nous la liste des chômeurs ?

G.A. : Provale ne la publiera pas. On sait que des joueurs comme Jeanjean, Bias ou Dridi en font partie et cela donne une photographie assez parlante de la situation. Cette liste va être envoyée ce jeudi à la LNR, qui la validera et décidera de la période supplémentaire de mutations. Comme l'an dernier, elle devrait courir de début août à mi-septembre.

 
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