Paris Bastareaud déception 2010 - Midi Olympique
 
Top 14

Bilan : Stade français

Bilan : Stade français

Par Rugbyrama
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 06/06/2010 à 11:36 -
Par Rugbyrama - Le 06/06/2010 à 11:36
Septième volet de notre bilan des clubs avec le Stade français. Les Parisiens sortent d'une saison cauchemardesque, marquée par les coups du sort, un changement d'entraîneurs et des soucis financiers. Seule bouffée d'oxygène : la H Cup, avec la qualification en quarts de finale.
 

TOUR D'HORIZON

C'est peu de le dire : 2009-2010 ne restera pas dans les annales pour le Stade français. Le club parisien a beaucoup souffert cette saison. Sa défaite sur son terrain contre Montauban (40-35) dès la quatrième journée du Top 14 annonçait d'entrée la couleur. D'ailleurs, l'entraîneur australien Ewen McKenzie était remercié une semaine après pour être remplacé par un duo Delmas-Faugeron. L'électrochoc attendu par Max Guazzini intervenait, avec une victoire contre Castres et un nul à Toulouse notamment, mais le sort s'acharnait alors sur le club de la capitale. Il y avait d'abord les graves blessures au genou de Sergio Parisse et Brian Liebenberg. Ensuite, l'ERC suspendait Julien Dupuy (six mois) et David Attoub (dix-huit mois). Deux absences qui pesaient très lourd dans la suite de la saison... D'autant que l'infirmerie continuait à se remplir. Pour couronner le tout, le club accusait un déficit de deux millions d'euros et devait comparaître devant la DNACG. Tout se réglait finalement mais le climat ne s'en trouvait que plus lourd... Cette saison a vraiment pris des allures de chemin de croix pour les Parisiens. Qui n'ont pu souffler qu'en H Cup. Pour la première fois depuis deux ans, le Stade français se qualifiait pour les quarts de finale. Et s'ils étaient éliminés par Toulouse (le futur champion), ils s'étaient pris à rêver, un peu, dans leur saison cauchemardesque.

LE TOP : Les matchs nuls à Toulon, Clermont et Toulouse

D'accord, les Parisiens se sont montrés fébriles comme jamais sur leur terrain cette saison (quatre défaites, contre Montauban, Perpignan, Toulon et Toulouse). D'accord, ils n'ont remporté qu'un match à l'extérieur et ont dû patienter jusqu'à la 20e journée pour y parvenir, en battant Bourgoin 22-16 à Pierre-Rajon. Mais ils ont tout de même accroché quatre matchs nuls loin de leurs terres. Et pas chez n'importe qui puisqu'ils ont notamment tenu en échec Toulon (22-22), Clermont (19-19) et Toulouse (9-9) chez eux. Accrocher sur leurs terres trois des quatre premiers du classement final n'est pas anodin. S'ils n'ont pas joué les premières places cette saison, les Parisiens ont prouvé qu'ils pouvaient encore rivaliser avec n'importe qui.

LE FLOP : Les suspensions de Dupuy et Attoub

Icon Sport

Au coeur de l'hiver, alors que le club retrouvait des couleurs après son début de championnat mitigé et l'éviction de McKenzie, le Stade français était stoppé en plein élan : son demi de mêlée Julien Dupuy, reconnu coupable d'une fourchette sur l'Irlandais Stephen Ferris lors d'un match contre les London Irish, était suspendu six mois. Un mois plus tard, le pilier David Attoub se voyait lui interdit de jouer pendant dix-huit mois pour la même raison. Coup sur coup, le club perdait deux titulaires... qui allaient terriblement lui manquer durant le reste de la saison. Dupuy, notamment, faisait gravement défaut, alors qu'il affichait une forme internationale au moment de sa suspension. Touché par les blessures, interdit de recruter un joker médical, Paris n'a pas réussi à surmonter l'absence de ces joueurs. D'ailleurs, après l'élimination en quart de finale de H Cup, Jacques Delmas ruminait encore, notant combien l'absence de Julien Dupuy avait été préjudiciable à son équipe.

LE MEILLEUR JOUEUR : Mathieu Bastareaud

L'an dernier à pareille époque, il était sur le point de créer l'une des plus grosses polémiques du rugby français. La vraie-fausse agression à Wellington, la table de chevet maléfique, les excuses des Premiers Ministres français et néo-zélandais puis la sanction de la FFR avaient mis Mathieu Bastareaud à terre. Et d'autres que lui n'auraient pas réussi à s'en relever. Pourtant, après un été à faire le point et des excuses publiques (bien que tardives), le puissant centre parisien est revenu. Encore plus fort. Avec son club tout d'abord, qui l'a beaucoup épaulé et n'a pas hésité à lui donner le temps nécessaire pour se remettre. En début de saison, il n'a pas prêté attention aux sifflets qui accompagnaient ses premières sorties. Et il a redoublé d'efforts pour retrouver son meilleur niveau. Il a finalement été rappelé chez les Bleus à l'occasion du Tournoi des 6 Nations. Très attendu au tournant, il a encore répondu présent, formant, avec Yannick Jauzion, une paire de centres très complémentaire. Très en forme en fin de saison également, Mathieu Bastareaud faisait logiquement partie des Bleus pour la tournée cet été mais le joueur à dû déclarer forfait. Le Stade français a eu raison de soutenir son joueur dans l'adversité. Il vient d'ailleurs de lui faire signer son premier contrat pro.

LA REVELATION : Antoine Burban

S'il n'y avait pas eu cette sélection à 7 non honorée fin mai, Antoine Burban serait au CNR de Linas-Marcoussis en ce moment, où il préparerait la tournée en Afrique du Sud et en Argentine avec les Bleus. Après une grave hernie discale et plus d'un an d'absence, après un pouce tordu qui l'avait privé des test-matchs en novembre dernier, le troisième ligne parisien allait enfin faire ses débuts internationaux. La récompense, en somme, d'une très bonne saison sous le maillot parisien. Puissant et très rapide, l'ancien joueur du PUC en Fédérale 2, fait les beaux jours de la troisième ligne stadiste depuis son retour de blessure. Mais la FFR et le comité de sélection en ont décidé autrement, à son grand regret : "J'avais envie de faire le tournoi à VII. Marc Lièvremont et l'entraîneur à VII m'avaient appelé, j'avais dit oui parce que c'était un très bon moyen de préparation, avait-il déclaré au moment de son éviction. Le club m'a dit que ce n'était pas possible pour des histoires de vacances. Je me suis dit que c'était un problème qui allait être réglé. Et puis non. On contrôle rien dans ces cas-là. Les décisions nous tombent dessus et on ne peut rien faire". Parions, toutefois, que sa première sélection en équipe de France arrivera d'ici peu...

L'AVENIR

Huitièmes au classement final du Top 14, les Parisiens ne participeront pas à la H Cup la saison prochaine. Ce sera la première fois depuis sept ans... Une sévère contre-performance pour le deuxième budget du championnat mais elle permettra au club de la capitale de se concentrer uniquement sur le championnat. Avec une masse salariale allégée et un nouvel entraîneur en la personne de l'emblématique coach du Leinster Michael Cheika, le Stade français veut faire table rase de ses soucis passés. Si quelques cadres ont quitté le navire (Marconnet, Gasnier, Mi. Bergamasco ou Messina), d'autres sont restés. Rabadan, Beauxis ou Roncero seront là l'an prochain pour remettre le club sur la bonne voie. Et Julien Dupuy reviendra, tandis que David Attoub pourrait voir sa sanction réduite à 52 semaines en Top 14. Bref, leur avenir est incertain mais les Parisiens se veulent résolument optimistes. On se dit que ça peut difficilement être pire de toute façon.

LES CHIFFRES CLE

Classement : 8e
Classement attaque : 2e (600 points)
Classement défense : 11e (572 points)
Meilleur marqueur : Mark Gasnier (7 essais)
Meilleur réalisateur : Lionel Beauxis (159 points)

 
  commentaire(s)
Ajoutez le vôtre !
  commentaire(s)
Ajoutez le vôtre !
 
×