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Une mi-temps ratée, puis les Bleus ont fait trembler les All Blacks (18-38)

Le trou noir... puis un coin de ciel bleu

Le 11/11/2017 à 22:57Mis à jour Le 12/11/2017 à 01:46

TEST-MATCH - La France s'est réveillée trop tard. Largement dominés par la Nouvelle-Zélande pendant une mi-temps, les hommes de Guy Novès se sont inclinés sur la pelouse du Stade de France, samedi soir, lors de leur premier test match face aux Blacks (18-38). Auteurs d'une superbe seconde période, les Bleus sont passés à côté d'une remontée fantastique.

On leur promettait l’enfer et l’apprentissage s’est en effet avéré bien délicat pour ce jeune XV de France. Totalement dépassés et étonnamment passifs dans le premier acte, les Bleus se sont très vite interdit tout exploit face aux All Blacks. Mais, lueur d’espoir dans cette soirée pluvieuse au Stade de France, ils ont su profiter du relâchement des hommes en noir après la pause pour afficher un bien meilleur visage. De quoi sensiblement atténuer ce revers somme toute assez lourd (18-38).

Pendant un quart d’heure, le Stade de France s’est mis à vibrer d’un seul homme. À saluer chaque geste français, chaque prise d’initiative, chaque ballon récupéré. Preuve qu’il s’est sincèrement pris à croire en une improbable remontée. Celle de ces jeunes Bleus, menés de vingt-six points en rentrant aux vestiaires (5-31) mais totalement transfigurés à leur retour sur la pelouse. Dans le sillage d’un Antoine Dupont bluffant de culot et de justesse, l’écart au score avait commencé à fondre progressivement grâce à la botte d’Anthony Belleau. L’essai de pénalité accordé suite à ce ballon boxé hors de son en-but par Sonny Bill Williams aurait dû être le pivot de cette incroyable retournement.

Une rencontre aux deux visages

Mais la précision est venue à manquer, tout comme l’essence dans le moteur. Comme un symbole, à la sirène, les All Blacks ont accéléré. Une dernière fois. La seule de la deuxième mi-temps. Et Waisake Naholo a fini dans l’en-but pour son deuxième essai personnel. Ne nous leurrons pas, les hommes en noir ont joué le second acte à l’économie. Mais admettons aussi que ce relâchement a bien failli leur jouer des tours, tant les Français ont su l’exploiter pour se faire pardonner de cette première mi-temps d’une extrême fébrilité.

S’il y aura beaucoup à écrire sur les motifs d’espoir engendrés par les quarante dernières minutes, il faut aussi évoquer ce premier acte complètement raté. Ces quatre essais encaissés, ces dix plaquages manqués, ces dix turnovers concédés, ces fautes à répétition de Rabah Slimani en mêlée qui lui ont valu un carton jaune, cette occupation de 74 % de la part des All Blacks ont eu de quoi laisser de marbre. Et ce récital offert par la meilleur équipe du monde face à un XV de France déboussolé, hagard et bien heureux de voir Teddy Thomas aller à dame sur sa seule offensive (27e).

Comme attendu, l’apprentissage a donc été difficile pour cette jeune garde tricolore. Mais, à l’image de cette rencontre aux deux visages, les analyses devront être mesurées et partagées. Car, malgré une entame cauchemardesque, la jeune garde incarnée par Anthony Belleau est parvenue à redresser la tête et faire ce qu’on attendait d’elle : jouer libérée, montrer ce dont elle est capable et tout tenter pour renverser l'indestructible monument néo-zélandais. Les Bleus ont failli le faire. Ce match doit constituer un point de départ et non une occasion manquée. Il est temps de raviver la flamme.

Teddy Thomas marque un essai lors de France / Nouvelle-Zélande

Teddy Thomas marque un essai lors de France / Nouvelle-ZélandeGetty Images

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