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"Transparence", "clarté" et consensus avec les clubs : la préparation est lancée pour les Bleus

"Transparence", "clarté" et consensus avec les clubs  : la préparation est lancée pour les Bleus
Par Midi Olympique

Le 19/07/2017 à 11:52Mis à jour Le 19/07/2017 à 11:53

XV DE FRANCE - Mardi, Guy Novès a rencontré les clubs concernés par la liste "Groupe France" afin de discuter de la préparation physique des Bleus.

Guy Novès connaissait bien les lieux. Moins l'accueil qui lui serait réservé. Ce mardi, le sélectionneur accueillait dans les locaux d'Ernest-Wallon, à Toulouse, les staffs des clubs de Top 14. En tout cas, les neuf clubs concernés par la liste "Groupe France" divulguée début juillet par le sélectionneur (UBB, Brive, Clermont, La Rochelle, Montpellier, Paris, Racing 92, Toulon, Toulouse). Beaucoup d'entraîneurs avaient fait le déplacement, comme Nicolas Godignon, Vern Cotter ou Jacques Brunel.

D'autres s'étaient fait représenter par leur responsable de la préparation physique. Tous ont été accueillis dans la matinée par le sélectionneur Guy Novès, les préparateurs physiques du XV de France (Julien Deloire, Bruno Dalla Riva et Robin Ladauge) ainsi que Serge Simon, vice-président de la FFR, manager des équipe de France et qui avait mené les négociations auprès des présidents de clubs concernant cette préparation estivale gérée par la FFR. Une grande première dans le paysage rugbystique français. "Il y avait forcément des incertitudes sur ce fonctionnement à créer. Cet été, on va jouer les cobayes", reconnaît le sélectionneur.

Brice Dulin et Guy Noves (XV de France) - Juin 2017

Brice Dulin et Guy Noves (XV de France) - Juin 2017Icon Sport

Azéma : "Guy a instauré un discours d'honnêteté"

La première des informations, c'est l'ambiance de la réunion. Résolument constructive, comme en témoignent plusieurs acteurs. "Guy a instauré un discours d'honnêteté", apprécie Franck Azéma. "Des deux côtés, il y a aujourd'hui de la clarté sur le suivi du joueur, aussi sur le projet équipe de France vis-à-vis des clubs. C'est important pour nous de savoir, par exemple, ce qu'ils veulent mettre en place en termes de jeu parce que ça influe sur la préparation physique du joueur, y compris dans nos murs".

Et de continuer son propos : "Quels sont les critères que les joueurs ont besoin de maîtriser pour les Bleus ? C'est important qu'on le sache. De notre côté, en retour, nous avons aussi fait le choix de ne rien cacher. Si on peut les aider, tant mieux. La majeure partie de l'année, les joueurs sont chez nous. Si on peut aider le XV de France en lui donnant des indications sur l'état de fraîcheur physique ou mental d'un joueur, c'est une bonne démarche" .

Les joueurs du XV de France lors d'un entraînement - juin 2017

Les joueurs du XV de France lors d'un entraînement - juin 2017Icon Sport

Pendant le week-end précédant cette réunion, des réticences avaient pourtant émergé chez des acteurs du Top 14 sur l'impossibilité de mener à bien ce nouveau modèle de préparation, jugé bancale et dont les clubs étaient d'abord exclus. "Tout s'est très bien passé", s'enthousiasmait Novès mardi après midi, au sortir de la réunion. "Qu'il y ait de l'inquiétude, c'est normal. Cette réunion était justement faite pour lever le voile sur un certain nombre de sujets : expliquer comment on souhaitait animer ces semaines mais aussi, la manière dont nous souhaitions impliquer les clubs".

Un référent issu de chaque club

Ici se situe le changement le plus notable. D'abord spectateurs de cette préparation, dans la première mouture du projet, les clubs compteront finalement bien parmi les acteurs de ces cinq semaines de travail physique. Dans le droit fil de la politique de rapprochement entre clubs et fédération, voulue par Guy Novès depuis sa prise de fonctions. "Nous prenons la main sur la préparation, bien sûr. Mais cela doit se faire avec le consentement et le concours des clubs. Et cela doit perdurer au-delà de ces semaines de travail physique".

Julien Deloire, préparateur physique du XV de France - Juin 2016

Julien Deloire, préparateur physique du XV de France - Juin 2016Icon Sport

Pas envisagé au départ, il y aura finalement un référent par club. Du côté fédéral, bien sûr (Julien Deloire pour Clermont, Montpellier, Paris, Toulon ; Robin Ladauge pour le Racing 92 et La Rochelle ; Bruno Dalla Riva pour Toulouse, Brive et Bordeaux). Mais aussi du côté des clubs. "L'idée a émergé pendant la réunion, sur proposition de Bruno Dalla Riva", raconte Novès. "Il voulait une personne référente au sein des clubs, pour maintenir un suivi du joueur quand les personnes fédérales ne seront pas au contact. Un interlocuteur privilégié avec lequel échanger pour savoir si le mec a bien bossé, comment il a bossé, quelle est son évolution… Cette proposition a été accueillie favorablement".

Ambiance de consensus

Cette démarche oblige à la transparence, des deux côtés. "Les préparateurs des clubs seront tenus au courant de chaque détail et chaque évolution du programme qu'on a mis en place. A l'inverse, on leur demande de la transparence sur le suivi. Ce sont les préparateurs physiques des clubs qui seront le plus souvent au contact des joueurs. On souhaite travailler en bonne intelligence avec eux".

Franck Azéma (Clermont)

Franck Azéma (Clermont)AFP

Une démarche qui a trouvé un écho favorable. Auprès des Clermontois, déjà, qui tiennent près d'un quart du contingent de joueurs (10) concernés par cette préparation estivale. "La réalité de nos joueurs, c'est qu'ils ne sont pas focalisés seulement sur le club ou l'équipe de France", constate Azéma.

"Ils doivent cumuler différents objectifs au cours d'une même saison : Coupe d'Europe, championnat, test-matches de novembre, Tournoi des 6 nations… Le tout avec la Coupe du monde en ligne de mire. Il faut aider les joueurs à mener tout cela de front, plutôt que de le subir. S'ils sentent que le fonctionnement va dans leur direction, je suis sûr que tout le monde sera gagnant à la sortie". En espérant en retirer des répercussions positives dès novembre, lorsque la France se confrontera deux fois aux All Blacks, puis au Japon et à l'Afrique du sud.

Par Léo FAURE

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