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Test Match : Les Bleus condamnés à l'enfer ?

Les Bleus condamnés à l'enfer ?

Le 09/11/2017 à 06:02Mis à jour Le 09/11/2017 à 09:21

TEST MATCH - Après une tournée d’été désastreuse en Afrique du Sud, le XV de France retrouve le concert international sans véritables certitudes. Opposés aux All Blacks samedi (20h45), les Bleus ont bien conscience que tout le monde leur prédit une soirée cauchemardesque.

Il y a un an, le 26 novembre, le XV de France frôlait l’exploit. Sur la pelouse du Stade de France, la formation de Guy Novès échouait de peu face aux All Blacks (18-24) après avoir signé une deuxième période titanesque. Depuis, les Bleus ont multiplié les prestations frustrantes, fragiles, achevées par une tournée d’été en Afrique du Sud désastreuse (3 défaites, 109 points encaissés, ndlr).

Ajoutez à ce triste bilan une litanie d’absents sur blessure (Lopez, Lamerat, Lambey, Vakatawa, Ouedraogo, Camara, Leroux…) et le chemin tricolore qui se dessine pour ce premier test de novembre face aux All Blacks s’annonce des plus tortueux. "Quand tu joues les All Blacks, tu as toujours cette crainte, avec tout ce qu’il y a autour, les médias, le mythe, tu peux te sentir inférieur, reconnaît le trois-quarts centre Mathieu Bastareaud (29 ans, 39 sél.). Bien sûr, il faut les respecter, ils sont double champion du monde, ils ont des joueurs exceptionnels mais je pense qu’il faut mettre ça de côté et arriver sur le terrain comme lors d’un combat de boxe, mentalement prêt en se disant que sur ce match là, tu seras meilleur que le mec en face de toi."

Les Blacks n’ont plus perdu trois matches dans une même saison depuis 2009

Les mecs en face, parlons-en. Vainqueurs du Rugby Championship sans perdre un seul match, les All Blacks ont toutefois trébuché à deux reprises face aux Lions Britanniques et Irlandais en juillet (21-24) et, dernièrement, contre l’Australie (23-18). Pas de quoi assombrir pour autant le tableau impressionnant des Kiwis (10 victoires sur 12 matches disputés, ndlr). Plus inquiétant en revanche pour les coéquipiers de Guilhem Guirado, les joueurs de Steve Hansen n’ont plus perdu trois matches dans une même saison depuis… 2009.

Mathieu Bastareaud face à Ma'a Nonu, lors de Nouvelle-Zélande - France (21 juin 2013)

Mathieu Bastareaud face à Ma'a Nonu, lors de Nouvelle-Zélande - France (21 juin 2013)Getty Images

Autant dire que la perspective d’une victoire tricolore samedi soir semble plutôt mince. "Tous les pronostics, tout le monde nous voit perdant mais pas perdant accroché, perdant de loin, préfère sourire le talonneur Clément Maynadier (29 ans, 6 sél.). C’est aussi ce qui fait l’émulation. Ça sera une motivation en plus pour montrer à tout le monde que ce qui s’est passé en juin, c’était une erreur de parcours."

" Il y a un mélange de crainte, d’appréhension, de doutes mais surtout, beaucoup d’envie."

Pour échapper à la sinistrose des pronostics et des stats, les Bleus pourront s’appuyer sur la fraîcheur de leurs minots qui, pour la plupart, ont connu leur première grande émotion rugbystique en regardant à la télé le quart de finale de la Coupe du monde 2007 entre la France et la Nouvelle-Zélande (20-18). "Des matches comme ça, depuis tout petit, on rêve d’en jouer. Pour les jeunes qui sont avec nous, c’est une équipe avec laquelle ils ont joué à la Playstation, souligne Mathieu Bastareaud. Pour prendre l’exemple d’Anthony (Belleau), je sais qu’il est surexcité. Il y a un mélange de crainte, d’appréhension, de doutes mais surtout, beaucoup d’envie."

Suffisamment pour espérer remporter un premier succès face aux All Blacks sur le sol français depuis 2000 (victoire à Marseille, 42-33, ndlr) ? "C’est clair que c’est la meilleure équipe au monde mais on ne va pas les bader plus que ça, insiste le trois-quarts centre toulonnais. On nous promet l’enfer mais on est obligés d’y croire…"

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