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RUGBY - La recette miracle pour vaincre les Blacks

La recette miracle pour vaincre les Blacks

Le 22/10/2017 à 21:42Mis à jour Le 23/10/2017 à 16:31

Les Néo-Zélandais, futurs adversaires des Bleus en novembre, ont été dominés samedi par les Wallabies à Brisbane, quelques mois après avoir été tenus en échec par les Lions britanniques. Des revers riches d'enseignements pour le XV de France...

On le reconnait d'emblée : le titre est un tantinet provocateur. Il n'existe pas de recette miracle pour battre la meilleure équipe du monde. Ou plutôt si, et elle est très simple : faire le match parfait. Gagner les duels, assurer la conquête, occuper le terrain, et faire montre d'un réalisme parfait. Plus facile à dire qu'à faire, n'est-ce pas ? Ceci dit, il faut tout de même constater les faits : après avoir conclu une année 2015 sans la moindre défaite, les Blacks en ont concédé une l'année suivante : à Chicago, contre l'Irlande. Un exploit éphémère, puisque les Néo-zélandais se vengèrent deux semaines après en dominant largement le XV du Trèfle à Dublin.

En juin 2017, ce fut au tour des Lions britanniques de défier les Blacks, avec succès : sur trois rencontres, les Blacks n'en ont remporté qu'une, le dernier choc se soldant par un match nul. Les derniers bourreaux des Blacks ne sont autres que les Wallabies, vainqueurs samedi sous la pluie à Brisbane. Rassurez-vous, on ne poussera pas le vice jusqu'à dire que les Kiwis sont sur le déclin. Mais ces échecs apportent de précieuses indications quant à la stratégie qui peut payer face à ce qu'il se fait de mieux sur la planète rugby.

Cadenasser le jeu...

Les Lions britanniques peuvent témoigner. Pour leur premier test face aux Blacks, ils ont fait le pari de la possession, et du jeu à outrance. Leur objectif ? Tenir le ballon, multiplier les temps de jeu, et tenter de déborder les Néo-Zélandais. Erreur. Contrairement à ce que l'on peut croire, la Nouvelle-Zélande n'est pas une équipe qui a besoin de tenir le ballon. Elle défend (très) fort, reste organisée en toute occasion, ne joue jamais à la main quand elle est dans son camp et mise tout sur les contres, un secteur dans lequel la qualité technique des joueurs fait des miracles. Résultat, lors du premier test, les Lions se sont épuisés à attaquer dans tous les sens, et ont été contrés. Lors du second test, ils ont donc changé leur fusil d'épaule, et ont cadenassé le jeu pour finalement l'emporter 24-21 à Wellington. Dans des conditions dantesques, les Lions britanniques s'en sont remis à la puissance de leurs avants pour forcer le verrou noir.

Rhys Webb avec les Lions Britanniques cet été.

Rhys Webb avec les Lions Britanniques cet été.Getty Images

…ou pas !

La solution des Lions est-elle idoine ? Pas nécessairement. Les Wallabies ont fait un autre pari samedi, à Brisbane. Loin de fermer le jeu, les hommes de Michael Cheika ont déplacé le ballon. Pourquoi ? Déjà parce qu'ils ont marqué d'emblée sur une interception de Reece Hodge qui les a mis dans de bonnes conditions. Ensuite parce que le contexte du match, avec notamment cet hommage au peule indigène leur a donné un net supplément d'âme face à des Blacks qui n'avaient rien à jouer. Et troisièmement parce qu'ils ont eu beaucoup de ballons car la conquête néo-zélandaise n'a pas été très bonne et qu'ils ont été meilleurs que leurs adversaires sous les ballons hauts. En clair, toutes les conditions étaient réunies, d'autant que les Blacks se montraient moins mordants en défense. La preuve en est qu'ils ont terminé la rencontre avec pas moins de 26 plaquages manqués. Un fait rare, pour les hommes de Steve Hansen.

Neutraliser Beauden Barrett

Il est le facteur X de cette équipe. De son propre aveu, le sélectionneur Steve Hansen ne se souvient pas avoir connu ouvreur plus rapide. Sa vitesse lui permet d'incroyables interceptions qui rendent bien service aux Blacks quand ils sont en difficulté. Et quand il n'est pas là, il manque. Beauden Barrett n'était pas de la partie de Brisbane, ce qui relativise un peu ce succès australien. Son remplaçant, Lima Sopoaga, n'a pas été au niveau. Brodie Retallick aussi manquait à l'appel. Qu'en aurait-il été dans le cas contraire ? On ne le saura jamais. Mais si vous voulez vaincre les Blacks, il faut trouver le moyen de museler leur maître à jouer.

Beauden Barrett (Nouvelle-Zélande)

Beauden Barrett (Nouvelle-Zélande)Getty Images

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