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RUGBY - TEST-MATCH - Irlande - Afrique du Sud : place au terrain !

Entre Irlandais et Sud-Africains, place au terrain !

Le 10/11/2017 à 16:03Mis à jour Le 10/11/2017 à 16:21

TEST-MATCH - La rencontre entre l'Irlande et l'Afrique du Sud, ce samedi à l'Aviva Stadium (18h30), promet beaucoup. Ce ne sont pas seulement deux grosses écuries qui vont s'affronter, mais également deux nations qui se disputent l'organisation du Mondial 2023.

Le hasard fait parfois bien les choses. Car en d'autres circonstances, cet Irlande-Afrique du Sud aurait pu manquer de piment. Certes, les deux protagonistes figurent parmi les meilleures nations du monde, et pratiquent deux rugby opposés mais très intéressants. Seulement, il n'existait pas de rivalité particulière entre les deux nations, si ce n'est cette victoire irlandaise en juin 2016 en lever de rideau d'une tournée sud-africaine remportée par les Boks, qui avaient lavé l'affront en gagnant les deux tests suivants. Pas de quoi agacer grand monde, en somme...

Jusqu'à la semaine dernière, où Phil Browne, le président de la fédération irlandaise à adressé une missive lapidaire à Brett Gosper, le président de World Rugby, pour interroger ce dernier sur la méthodologie de travail de la commission d'évaluation des candidatures pour l'organisation du Mondial 2023. Pour rappel, World Rugby a rendu sa recommandation le 31 octobre, et celle-ci n'est clairement pas en faveur des Celtes, qui arrivent bon derniers derrière la France, deuxième, et l'Afrique du Sud, l'élue de l'instance supérieur du rugby mondial.

Visiblement vexé de ce classement, Phil Browne a donc envoyé une lettre de quatre page à Gosper ainsi qu'à tous les membre du conseil de World Rugby. Et il ne s'est pas privé d'égratigner au passage l'Afrique du Sud, doutant de sa capacité à remplir ses stades, à assurer la sécurité d'un tel événement, ou à même avoir les moyens financiers suffisants. Clairement provocateur, l'Irlandais a même poussé le vice jusqu'à qualifier l'économie sud-africaine de "pacotille". Difficile de croire que les joueurs sud-africains feront abstraction de pareille injure.

Le calme avant la tempête ?

Interrogés à ce sujet, joueurs et membres du staff sud-africain ont juré les grands dieux qu'ils ne se laissaient pas polluer par ce genre de débat, à commencer par l'entraîneur des avants Matt Proudfoot, qui se bornait aux analyses technico-tactiques : "Les Irlandais nous ont vraiment frustré l'année dernière par leur capacité à ralentir nos balles. Les libérations rapides, c'est notre Graal. Ils l'ont démoli non seulement par la vitesse de montée défensive, mais aussi par la justesse de leurs choix dans les 'contest'. Selon leur position au contact, les Irlandais peuvent vous plaquer très bas et contester ou au contraire très haut et vous enfermer dans une sorte de cage. Dans les deux cas, il est impossible d'avoir une libération rapide."

Tendai Mtawarira (Afrique du Sud) face à l'Irlande - 25 juin 2016

Tendai Mtawarira (Afrique du Sud) face à l'Irlande - 25 juin 2016AFP

Merci pour l'analyse, chef. Mais Proudfoot ne dit rien du contexte hostile dans lequel les Boks ont débarqué. Et pour cela, il vaut mieux donner la parole à un journaliste, sud-africain de préférence...

Matt Pearce est un chroniqueur pour un média sud-africain. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a ressenti cette tension : "Cela ne fait pas 24 heures que je suis arrivé en Irlande, et je peux vous confirmer que l'ambiance est nettement plus tendue qu'il y a trois ans, lors de ma dernière visite. Je ressens une vraie agressivité autour de moi. Les Irlandais veulent tout faire pour inciter les représentants des nations à ne pas suivre les recommandations de World Rugby." Nous y sommes, enfin. Le décor est posé. Les hommes de Joe Schmidt auront donc une mission : martyriser les Boks sur le terrain et montrer à la planète rugby qu'ils sont les plus forts. Mais l'on doute que les hommes d'Eben Etzebeth aient apprécié les propos du boss des Celtes...

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