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Intelligence du jeu, caractère bouillant… Joost Van der Westhuizen a révolutionné le poste de n°9

Intelligence de jeu, caractère bouillant… Van der Westhuizen a révolutionné le poste de n°9

Le 06/02/2017 à 18:18

CARNET NOIR - Décédé ce lundi à l’âge de 45 ans des suites de la maladie de Charcot, le Sud-Africain Joost Van der Westhuizen restera comme l’un des plus grands joueurs de sa génération. Aubin Hueber nous éclaire sur ce joueur qui a révolutionné le poste de numéro 9.

6 novembre 1993, Buenos Aires. Sur la pelouse du Ferrocarril-Oeste Stadium, le monde du rugby découvre une belle gueule, regard pénétrant et cette manière si particulière de rythmer le jeu. A 22 ans, Joost Van der Westhuizen honore sa première cape sous le maillot des Springboks face à l’Argentine (26-29). Immédiatement, Joost s’affirme avec ce style qui fera de lui une figure emblématique des Boks jusqu’en 2003. "La première fois que je l’ai joué, sur la Tournée 1993 contre les Springboks B à Port Elizabeth, on sentait déjà qu’il avait des qualités énormes", se souvient Aubin Hueber (22 sélections avec le XV de France entre 1990 et 2000). "Il nous plante un essai en mettant trois mecs sur le cul. Il avait plein de fougue. Il dénotait par rapport à ce que l’on voyait à l’époque. C’était le joueur moderne avant le professionnalisme (1995)".

Joost Van der Westhuizen (Afrique du Sud) face aux Lions britanniques - 1997

Joost Van der Westhuizen (Afrique du Sud) face aux Lions britanniques - 1997Icon Sport

" Il pouvait te mettre la folie autour d’une mêlée. Un vrai poison qui t’emmerdait. (Aubin Hueber) "

Véritable athlète avec un physique impressionnant pour un demi de mêlée (1,85m), le natif de Pretoria s’impose très vite comme un leader de jeu. "Il était capable de remettre dans l’avancée les Springboks", souligne Aubin Hueber. "C’est l’un des premiers demis de mêlée très physiques. Il pouvait te mettre la folie autour d’une mêlée, d’un ruck pour mettre le troisième-ligne sur le cul. Et c’était également un gros plaqueur. Un troisième ligne aile qui jouait demi de mêlée. Un vrai poison qui t’emmerdait. Il était capable de repartir au ras, de joueur autour de ses avants pour filer des cartouches. Il était omniprésent et mettait systématiquement la pression sur le 9 adverse".

38 essais en 89 sélections

Auteur de 38 essais (un record pour un n°9 !) lors de ses 89 sélections avec l’Afrique du Sud (1993-2003), Van der Westhuizen fut le meilleur marqueurs d’essais sud-africain jusqu’à ce que le trois-quarts aile Bryan Habana ne le détrône lors de la Coupe du monde 2011. "Il marquait pratiquement à chaque match", rappelle l’ancien demi de mêlée du XV de France. "Il avait une pointe de vitesse impressionnante et techniquement, il était doué avec une belle passe. Il était capable de jouer avec les deux pieds. Franchement, c’était un joueur vraiment complet qui pouvait tout faire avec le ballon". Sacré champion du monde avec les Springboks en 1995, Joost restera un personnage complexe.

Joost van der Westhuizen - 2003

Joost van der Westhuizen - 2003AFP

Un caractère souvent à la limite…

Afrikaner, capitaine des Bocks à dix reprises, l’ancien demi de mêlée des Bulls sera l’un des grands acteurs de la série de 17 matches consécutifs sans défaite de l’Afrique du Sud entre 1997 et 1998. Mais son caractère, son sens de la provocation ont souvent été à la limite. "C’était un compétiteur né", souligne Hueber. "Il avait un gros tempérament. Il aimait s’imposer sur le terrain. Je me rappelle de certains matches où c’était très chaud, parfois dans l’insulte. Il essayait de faire craquer l’adversaire. Mais il faut aussi savoir être comme ça au très haut niveau". Décédé ce lundi, Joost Van Der Westhuizen laisse derrière lui la carrière d’un immense joueur. Celle d’un homme passionné qui a révolutionné le poste de demi de mêlée dans les années 1990.

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