Deception argentine angleterre - 9 novembre 2013 - Icon Sport
 
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Situation préocupante pour l'Argentine

Situation préocupante pour l'Argentine

Par Fabien Pomiès
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Dernière mise à jour Le 25/11/2013 à 18:01 -
Par Fabien Pomiès - Le 25/11/2013 à 18:01
Dix défaites en douze matches, un groupe divisé en clans, un sélectionneur qui claque la porte: l'équipe d'Argentine a vécu en 2013 une annus horribilis et affiché une fragilité préoccupante à moins de deux ans du Mondial.

Si à la fin des années 2000, les Pumas étaient capables de battre les grandes nations européennes et faisaient parfois vaciller les trois ténors de l'hémisphère Sud, ils n'ont battu cette année que la Géorgie (29-18) et l'Italie (19-14). Au lendemain d'une rencontre avec le Pape au Vatican, la victoire laborieuse ce week-end à Rome, dernier match de sa tournée d'automne, est à l'image de la saison: manque de discipline et de réalisme chronique à l'approche de l'en-but.

"La victoire contre l'Italie a soulagé un groupe qui en avait besoin, mais le chemin menant au Mondial 2015 est long et il est fondamental de ne pas réitérer les erreurs qui ont jalonné 2013. Il fallait terminer l'année en gagnant mais cela n'aura servi à rien si joueurs, staff et dirigeants ne partent pas du principe qu'en 2014, il faut partir de zéro", note le journaliste Jorge Busico, co-auteur du livre "Être Puma".

Le choc Phelan

Le fiasco du Four Nations pèse lourd sur les épaules des Argentins par le nombre de défaites (6 sur 6) car en termes de jeu, les Sud-Américains se sont parfois montrés séduisants, tenant tête à deux reprises aux champions du monde All Blacks durant une mi-temps, perdant d'un point en Australie (14-13) ou échouant d'un souffle contre l'Afrique du Sud à Mendoza (22-17). Deux semaines après le Four Nations et seulement dix jours avant le départ pour la tournée d'automne, une détonation a secoué la fédération argentine de rugby (UAR).

Le sélectionneur Santiago Phelan a jeté l'éponge après cinq années de mandat, se plaignant que les joueurs ne soient pas capables de laver le linge sale en famille, lassé par les divisions d'un groupe qu'il ne contrôlait plus. Prise de cours, l'UAR a nommé un homme du sérail, Daniel Hourcade, qui entraînait jusque-là l'équipe B d'Argentine après une expérience européenne au Portugal et en France (Rouen). Les Pumas version Hourcade ont sombré face à l'Angleterre (31-12) et le pays de Galles (40-6) et gagné "avec le coeur" à Rome, selon les mots du sélectionneur. La génération actuelle ne soutient pas la comparaison avec l'armada argentine menée par Pichot et Ledesma, troisième du Mondial 2007.

Bâtir avec qui ?

Certains cadres sont encore là, comme le capitaine Juan Martin Fernandez Lobbe (32 ans, 56 sélections depuis 2004, blessé en novembre), Patricio Albacete (32 ans, 57 sélections depuis 2003) ou Juan Martin Hernandez (31 ans, 44 sélections depuis 2003, blessé en novembre), mais une nouvelle génération peine à émerger.

Quelques joueurs ont cependant tiré profit de cette année difficile et entretiennent l'espoir d'embellie. Deux jeunes de 20 ans ont crevé l'écran: le pilier Matias Diaz et le flanker Pablo Matera. Le premier va tenter l'aventure du Super-15 avec la franchise néo-zélandaise des Highlanders, alors que Matera a été recruté par le club anglais de Leicester. Le Bordelais Nicolas Sanchez s'est quant à lui affirmé à son poste d'ouvreur et l'ailier du Racing-Métro Juan Imhoff est devenu une pièce maîtresse de l'équipe, qui a perdu l'emblématique Felipe Contepomi, parti à la retraite.

Le patron du rugby argentin Agustin Pichot doit désormais décider s'il maintient à son poste Daniel Hourcade ou s'il engage un grand entraîneur étranger pour redresser la sélection tombée à la 10e place du classement mondial, son pire rang depuis plus de dix ans. En annonçant la nomination de Hourcade, il avait prévenu que l'UAR considérait l'éventualité de faire venir un technicien de réputation internationale, après avoir eu l'ex-entraîneur des champions du monde néo-zélandais Graham Henry comme conseiller.

 
 

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  • OISEAUDENUIT28/11/2013 16:00

    Comme le disent certains, si on jouait le For Nations, 4 fois sur 5 on finirait dernier, alors restons humbles...

  • pcail4427/11/2013 10:29

    Ben, je ne vois pas en quoi c'est pire que la France ? Une année catastrophique, une cohésion d'équipe introuvable, des centres qui ne passent jamais la balle à leurs ailiers... Bref, une crise du rugby latin ?

  • OISEAUDENUIT26/11/2013 08:45

    Ouf, merci l'Argentine, on pourra dire, qu'avec le nul face l'Irlande au Tournoi, on a fait mieux!!!