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Super Rugby - Finale Hurricanes-Lions : Dane Coles - Warren Whiteley, duel de capitaines

Coles - Whiteley : le leader de jeu face au meneur d'hommes

Le 05/08/2016 à 15:45Mis à jour Le 05/08/2016 à 15:46

SUPER RUGBY - Le doute planera peut-être jusqu’à la dernière seconde. Warren Whiteley devrait jouer la finale du Super Rugby, Dan Coles pourrait être aligné. Et si le suspense ne concerne plus vraiment que le Néo-Zélandais, aucun des deux capitaines n’a disputé la demi-finale. C'est à peu près leur seul point commun...

Ils ont partagé la douleur de ne pas débuter la demi-finale sur le terrain. Dan Coles (touché côtes) et Warren Whiteley (épaule), tous deux blessés, on donc assisté en spectateurs à la qualification de leurs équipes. Et de leurs hommes. Deux capitaines au destin plus ou moins similaire sur la fin de saison, mais deux joueurs au caractère très différents.

Whiteley, ce héros

"Qu’est-ce que vous pouvez dire dans ces moments là… C’est un coup dur pour nous. Warren (Whiteley) est une personne très spéciale sur, et en dehors du terrain, et son leadership va beaucoup nous manquer". Les mots datent d’une semaine à peine et sont signés Johan Ackermann (entrevue accordée à Supersport). Un entraineur pas spécialement réputé pour sa sensibilité et son tact... L’officialisation de son forfait pour le match face aux Highlanders est un coup dur, même pour Ackermann. L’entraineur qui doit se résoudre à aligner… son propre fils en position de numéro 8. Même si c'est la famille, on ne remplace pas son meilleur joueur sans pincement.

Warren Whiteley, leader exemplaire depuis la remontée des Lions dans l’élite du rugby sudiste, est un capitaine qui dépasse le cadre du terrain. Convoqué par les Springboks cet été, Matt Proudfoot, l’entraineur des avants sud-africains lâche en conférence de presse : "La façon dont il mène les gars est phénoménale et il arrivé dans ce camp d’entrainement avec une éthique de travail incroyable".

Warren Whiteley

Warren WhiteleyAFP

L’adjoint des Boks ajoute : "Warren est très intelligent, en grande forme et un bon contreur en touche. Mais ce qui m’a impressionné, c’est sa capacité à mener les autres". Une tendance encore plus impressionnante quand on sait que le troisième ligne n'avait jamais démarré un match avec l'Afrique du Sud avant juin 2016...

Un joueur tellement important que, s'il est annoncé forfait jusqu’à la fin de la saison après sa blessure face à l’Irlande, le troisième ligne est aussitôt mis dans du coton par le très bon staff médical des Lions. Un repos assez salutaire pour ressortir du chapeau de manière imprévue pour le quart de finale du Super Rugby. Un match risqué, puisqu'il se blesse à nouveau.

Coles, la référence

Un quart de finale que Dane Coles, lui aussi, a disputé. 43 petites minutes. Le capitaine des Hurricanes se relève après un contact. Son visage est grimaçant et ne laisse pas planer le doute : son match est terminé. En conférence d’après-match, John Boyd ne fait pas de mystère sur la nature de la blessure : "Je suis dégouté pour Dane. Il s’est fait quelque chose à une côte ou au cartilage, donc il s’accroche et il a été transporté à l’hôpital". Dès cet instant, le quotidien de Coles n’est plus qu’une immense course contre la montre. Un chrono par équipe même, qui concerne le staff médical, l’entraîneur et le capitaine de la meilleure équipe de la saison régulière.

Le brassard ne s’est pourtant pas imposé comme une évidence pour le talonneur. Dès son premier rendez-vous avec la presse en début de saison, il doit se justifier. Comme si le statut de capitaine qui lui était dévolu l’était un peu par hasard. "Quand vous regardez tous les grands capitaine, les plus grandes choses qu’ils font sont de prendre en charge la causerie et être cohérents dans leur jeu. C’est ce que je me prépare à faire. Je peux influencer mes coéquipiers de cette manière".

Dane Coles

Dane ColesAFP

Un discours qui a du mal à convaincre. Succéder à Conrad Smith n’est pas aisé. Dane Coles est peut-être le meilleur talonneur du monde, mais prendre la place du joueur le plus intelligent et le plus charismatique des Hurricanes pendant 10 ans est un immense défi. Et le paradoxe est peut-être là. Coles est indispensable à sa formation parce qu’il est le meilleur talonneur des quatre dernières saisons. Sa mobilité, son dynamisme et sa régularité au lancer n’ont que très très peu d’équivalents dans le monde. Son absence, au delà d’un éventuel manque de leadership, fait surtout considérablement baisser le pourcentage de réussite en conquête.

Si Whiteley a eu le privilège d’être le premier capitaine à mener son équipe vers les sommets, le poids de l’héritage n’a jamais été un problème aux Lions. Les Hurricanes, malgré une histoire proche de la malédiction, doivent eux assumer un passé. Une situation dans laquelle il n’est jamais simple de trouver alors sa place pour un capitaine.

Le plus cruel réside dans le faut qu’un seul sera couronné samedi. Et l'un des deux sera forcément le premier capitaine de l’histoire de sa franchise à soulever le trophée le plus prestigieux de l’autre hémisphère. De quoi faire taire les doutes entourent Coles. Ou de quoi démontrer que Whiteley est un bien un leader exceptionnel.

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