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Saint-André, formation, Laporte, French Flair... le candidat Pierre Salviac n'épargne personne

Saint-André, formation, Laporte, French Flair... le candidat Salviac n'épargne personne

Le 13/01/2016 à 09:33

ELECTIONS FFR - Candidat pour la présidence de la Fédération fin 2016, Pierre Salviac n'a pas fait de langue de bois au moment d'expliquer son choix de se présenter.

Si Pierre Camou et Bernard Laporte, les deux autres candidats déclarés à la présidence de la FFR ont plus occupé le terrain médiatique, un troisième homme tente de se faire une place. Fin octobre, le journaliste Pierre Salviac avait déjà dévoilé son intention de se présenter ainsi six mesures phares de son programme. Dans le Midi Olympique de ce lundi, il en a profité pour critiquer le modèle en place dans le rugby français et adressé un plaquage appuyé à l'encontre de Laporte.

" Je ne fais pas une campagne politique. Je suis un agitateurs d'idées. C'est mon ADN."

D'entrée, il a prévenu sur sa candidature : "Si j'entre dans la mêlée, c'est à l'insu de mon plein gré [...] J'ai vu apparaître des noms mais pas de projets. Alors j'ai osé en écrire un". Plus loin, il précise d'ailleurs ne pas penser à ce poste le matin en se rasant, reprenant une formule bien connue de Laurent Fabius en 2002 et reprise par Nicolas Sarkozy par la suite. Avant de préciser: "Cette candidature n'est pas celle d'un homme, c'est la candidature d'un programme dont je revendique la paternité".

Pierre Salviac et Thierry Lacroix en tribune journaliste - le 12 mars 2005

Pierre Salviac et Thierry Lacroix en tribune journaliste - le 12 mars 2005Icon Sport

" Ce qui nous rend différents avec Laporte ? Moi je n'ai jamais vécu du rugby."

S'il se montre plutôt amical avec Pierre Camou ("J'apprécie l'humaniste"), par contre, il ne l'est pas autant avec Bernard Laporte, le manager de Toulon, ancien sélectionneur et Secrétaire d'Etat aux Sports. Il reconnait pourtant que "lui et (moi), nous avons des points communs. D'abord le palmarès. Nous n'avons jamais été des dirigeants fédéraux à ce jour. Nous n'avons jamais été des internationaux. Nous n'avons jamais réussi à faire monter le XV de France sur un podium de la Coupe du monde".

" PSA n'est pas le seul responsable de ce tsunami."

Revenant sur le "parcours pitoyable mais prévisible" du XV de France lors de la dernière Coupe du monde, Salviac ne souhaite pas que Philippe Saint-André porte seul sur ses épaules la responsabilité de ce fiasco sportif. "Son staff, les entraîneurs de l'élite, les éducateurs, les présidents de club à tous les niveaux doivent prendre leur part de responsabilité dans ce désastre [...] Je les juge coupables de non-assistance à rugby en danger".

Philippe Saint-André après la défaite de la France contre la Nouvelle-Zélande - 17 octobre 2015

Philippe Saint-André après la défaite de la France contre la Nouvelle-Zélande - 17 octobre 2015AFP

" Saint-André avait pris des chaussures trop grandes pour lui. Il a fini son parcours avec des ampoules"

Malgré tout, l'ancien commentateur n'épargne pas l'ancien international aux 69 sélections. Selon lui, le costume d'entraîneur-sélectionneur des Bleus n'était pas taillé pour PSA. Au sujet du "Goret", il précise: "J'ai aimé le joueur. Je sais que le capitaine était un as du double langage. J'ai recueilli des témoignages critiques de la part de ses anciens partenaires et je l'ai vu à l'oeuvre". L'intéressé appréciera.

" Le Top 14 est un produit surévalué, qui fait la promotion d'un rugby primaire, qui permet à des arbitres de prendre plus d'importance que les joueurs, qui prétend être le meilleur du monde parce qu'il propose... les plus gros salaires."

Depuis plusieurs saisons, le rugby français se targue d'avoir le "meilleur championnat du monde" grâce à l'arrivée massive de stars étrangères dans les rang des clubs hexagonaux mais aussi le règne des Toulonnais en Europe. Très actif sur Twitter, Salviac n'a jamais caché son désaccord à ce sujet, pointant notamment du doigt la flambée des salaires. Une nouvelle fois, il l'exprime.

Dan Carter lors de sa première avec le Racing en Champions Cup contre Northampton - 12 décembre 2015

Dan Carter lors de sa première avec le Racing en Champions Cup contre Northampton - 12 décembre 2015Icon Sport

" La formation française est déficiente. Tout est à inventer."

Sur le sujet de la formation, il rejoint le constat de Bernard Laporte et de nombreux spécialistes. Il faut d'ailleurs plus loin, puisque le journaliste-candidat veut "imposer à tous les clubs de présenter des équipes de rugby à 7 (voire à 8) qui développe le rugby de type "la balle à l'aile, la vie est belle" plutôt que ce rugby de collisions qui est contraire à l'ADN du rugby français".

" Avec les mêmes règles, on peut sortir de la "Chabalisation" du rugby de France et revenir au French Flair au point d'en faire une marque déposée"

Nouveau sélectionneur du XV de France, Guy Novès a annoncé vouloir pratiquer un rugby différent, sortant du jeu axé sur le physique et le défi. Pierre Salviac étend cette critique au championnat : "Il faut une remise en question de la capacité de nos techniciens à sortir du tout défensif. Ils sont responsables de ce rugby de collisions".

Sebastien Chabal

Sebastien ChabalAFP

Où lire cet entretien en intégralité ? Dans Midi Olympique de ce lundi, en page 28.

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