Icon Sport

Romain Teulet: Teulet: "Être buteur, c'est se poser des questions à en devenir parfois névrosé"

Teulet: "Être buteur, c'est se poser des questions à en devenir parfois névrosé"

Le 03/02/2015 à 18:41

Suite de notre entretien avec Romain Teulet, le consultant du XV de France pour le jeu au pied. Il revient entre autres sur le rôle du buteur.

Le buteur qui se dessine pour le Tournoi et certainement pour la Coupe du monde est Camille Lopez. A t-il une marge de progression dans ce secteur ?

Romain TEULET: Camille est un joueur qui a connu une progression énorme depuis quelques années. Dans le domaine du but, pour le suivre depuis quelques semaines, on sent qu'il a encore une marge assez importante. C'est une éponge, il prend tout ce qu'on lui dit et en tire ce qu'il faut pour s'améliorer. Il a beaucoup joué durant la Tournée mais d'autres travaillent bien aussi. Rory Kockott a aussi prouvé qu'il pouvait être efficace dans les grands matchs, même s'il a eu des périodes plus délicates, comme Camille. C'est le lot de tout buteur. C'est pour ça qu'il faut donner du sens à son échec. Être buteur, c'est prendre du temps, se poser des questions à en devenir parfois névrosé et être ultra perfectionniste. Cela demande beaucoup de travail.

Contre l'Écosse, si Camille Lopez est titulaire, il aura à ses côtés un autre buteur confirmé en club, que ce soit Morgan Parra ou Rory Kockott. Il faudra alors faire un choix...

R.T. : Il y aura un choix à faire ! On va y réfléchir avec le staff et une décision sera prise. Aujourd'hui, c'est Camille. Il sait très bien qu'il doit être performant car, à côté de lui, des joueurs peuvent l'être tout autant voire mieux. C'est une remise en question et un test à chaque fois. Tous le savent. Nos deux demis de mêlée sont très efficaces. Morgan l'a souvent montré par le passé, avec notamment un excellent ratio à la Coupe du monde 2011. Il a cette capacité à savoir prendre ses responsabilités et être très précis. Rory, on le connaît tous et Camille a aussi cette dimension. On a les artilleurs pour pouvoir scorer dans les moments importants. J'espère que d'autres se révéleront aussi bientôt.

Philippe Saint-André avait évoqué les noms d'Alexandre Dumoulin, Brice Dulin et Scott Spedding après la Tournée d'automne. Quel sera leur rôle dans les semaines à venir ?

R.T. : Alex Dumoulin, Brice Dulin et Scott Spedding ont la capacité de buter sur de longues distances. Ils peuvent prendre des coups de pied de 45-50 mètres suivant le buteur défini au départ. C'est pourquoi on les fait aussi travailler. Parmi les trois potentiels numéro 1, Rory est peut-être celui qui a le plus la capacité à tirer aussi de loin. On se donne des possibilités, avec des garçons comme Alex, Brice ou Scott, de pouvoir soulager sur les longues distances celui qui butera sur les plus courtes.

François Trinh-Duc, qui reviendra à la compétition d'ici quelques semaines, fait-il partie des potentiels "artilleurs" que vous souhaiteriez voir ?

R.T. : Il était prévu que je le suive à Montpellier avant qu'il ne se blesse. On connaît tout le potentiel de François dans ce registre et, automatiquement, s'il revient bien de sa blessure... Je ferai en fonction des orientations que me donnera le sélectionneur. On parle de François, mais on peut aussi parler de Frédéric Michalak, de Pierre Bernard ou de Jules Plisson. Beaucoup de monde est efficace en club. Mon rôle est que les buteurs puissent optimiser leurs performances.

Romain Teulet lors du titre de Castres - Juin 2013

Romain Teulet lors du titre de Castres - Juin 2013

" Si on n'a pas réussi à dégager un buteur numéro 1 pour la Coupe du monde d'ici la fin du Tournoi, c'est qu'il y aura un souci"

Partez-vous confiant pour le Tournoi des 6 Nations ?

R.T. : On a du potentiel, c'est certain. On a des joueurs qui ont prouvé qu'ils pouvaient soutenir la cadence, que ce soit Morgan, Rory ou Camille. Maintenant, il faudra qu'on arrive à être constant et régulier. On doit dégager 2-3 voire 4 buteurs en fonction des difficultés qu'on aura peut-être, que ce soit les blessures où les méformes. C'est pourquoi mon travail avec tous est important. D'ici la Coupe du monde, il risque de se passer beaucoup de choses.

Donc vous ne souhaitez pas fixer au plus vite une hiérarchie clairement établie des buteurs...

R.T. : De toute façon, un buteur numéro 1 va forcément se dégager dans les prochaines semaines. Si Camille arrive à avoir un certain rythme de croisière, à être efficace comme contre l'Australie et peut confirmer cela, il emmagasinera de la confiance et la confiance lui sera accordée.

Le buteur de l'équipe de France à la Coupe du monde sera t-il connu à la fin du Tournoi ?

R.T. : J'ose espérer. Du moins je l'espère fortement. Fin mars, nous serons à quatre mois du début de la préparation de la Coupe du monde. Si on n'a pas réussi à dégager nos buteurs, et certainement le buteur numéro 1, il y aura quand même un souci. Les joueurs sont des professionnels, des grands garçons et ils le savent automatiquement.

0
0