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Pepito Elhorga: "En quelques mois, l’équipe de France peut renverser des montagnes"

Elhorga: "En quelques mois, l’équipe de France peut renverser des montagnes"

Le 13/11/2014 à 15:10

A un an de la Coupe du monde, les Tricolores sont "encore dans les délais" selon Pepito Elhorga. L'ancien arrière du XV de France, retraité depuis 2012, a "confiance en ce groupe", lui qui travaille aujourd’hui comme commercial pour les transports Lataste à Bayonne mais commente également des rencontres de Bayonne pour Sud Radio et France Bleu Pays Basque.

Cette semaine, il retrouvera les terrains puisqu’il vient d’accepter de donner un coup de main au club de Sare, le village où il a grandi et où il réside. Spedding, ses anciens clubs ou le XV de France : il s'est longuement confié.

Qu’avez-vous pensez du match France Fidji ?

Pepito ELHORGA: Le match s’est emballé dans la dernière demi-heure. Sur les cinquante premières minutes, il n’y a pas eu grand-chose côté français. On avait l’impression qu’ils se cherchaient un peu. Les Fidjiens n’avaient pas non plus une grosse équipe. Ils pouvaient être dangereux sur quelques actions mais d’un point de vue de l’organisation, ils n’étaient pas dangereux. Il a fallu attendre quelques actions de Scott Spedding et Teddy Tomas, deux joueurs qui ont mis le groupe dans l’avancée et on a retrouvé une équipe de France qui jouait ensemble et qui nous faisait plaisir.

Vous évoquez Scott Spedding. Il est arrivé là grâce à un joli concours de circonstance...

P.E.: C’est sûr qu’il arrive là à la suite des blessures de Brice Dulin et de Maxime Médard. Il était quand même pisté depuis quelques temps par le trio Saint-André, Bru et Lagisquet. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Il a su être patient. Il a été très bon sur tous ses matchs avec l’Aviron et notamment sur le dernier. Tout n’était pas encore fait avant ce match contre Clermont. Il devait encore être jugé et il a été encore royal. C’est tout à fait logique qu’il soit sélectionné. Ensuite, il a su saisir sa chance et il a montré que le groupe France pouvait compter sur lui.

Pour vous Scott Spedding a réussi son entrée dans ce XV de France ?

P.E.: Scott a fait un super match. Pour une première sélection, ce n’est jamais évident. Il est arrivé sur la pointe des pieds. Ça faisait un petit moment qu’il y pensait. Pour en avoir discuté avec lui, l’équipe de France est pour lui quelque chose de fabuleux. On l’a vu sur les images de l’annonce de sa sélection, il était vraiment très ému. Il a su évacuer cette pression et il a reproduit le même genre de match qu’il réalise avec l’Aviron avec sa longueur de jeu au pied et son assurance en attaque et en défense. Il a fait un match plutôt encourageant pour la suite. Ces matchs contre les Fidjiens sont toujours des matchs pièges. On ne sait jamais trop à quoi s’attendre de l’adversaire et lui était dans l’inconnu sur son propre rendement pour une première internationale, avec seulement une semaine de préparation et une nouvelle façon de jouer à assimiler. Scott, comme les autres nouveaux, s’en sont plutôt bien sortis. Difficile pendant cinquante minutes. Mais ils n’ont pas paniqué et ça s’est mis en route à l’heure de jeu.

" Serge connait très bien le niveau international et il va apporter un plus à ce trio déjà compétent"

Pour vous, y-a-t-il débat sur la sélection des "étrangers" avec le XV de France ?

P.E.: Pour parler du cas de Scott, il n’y a pas de débat. Il est français puisqu’il a obtenu sa nationalité après avoir satisfait à tout le processus administratif pour devenir français. Aujourd’hui, il est français et il mérite sa sélection. Pour parler des étrangers, ce sont tous d’excellents joueurs qui vont emmener un plus à l’équipe de France, mais je pense qu’en France on a des joueurs qui ont déjà prouvé  leur valeur. Je pense particulièrement à Morgan Parra. On a de quoi faire en France avant de penser sélectionner un étranger. Mais bon la règle est ce qu’elle est et toutes les sélections l’utilisent.

Pepito Elhorga sous les couleurs bayonnaises - 2009

Pepito Elhorga sous les couleurs bayonnaises - 2009Icon Sport

Que pensez-vous de cette équipe de France depuis la Coupe du monde en Nouvelle Zélande (2011) et à quelques mois de la Coupe du monde en Angleterre (2015) ?

P.E.: Ils sont sortis d’une Coupe du monde très encourageante et là on a l’impression qu’ils se cherchent alors que l’équipe aurait déjà dû être consolidée car la Coupe du monde est l’année prochaine. Ça brasse encore au niveau des joueurs et ça bouge au niveau du staff. Concernant l’arrivée de Serge (Blanco ndlr), c’est un plus pour cette équipe. Serge connait très bien le niveau international et il va apporter un plus à ce trio déjà compétent. Par contre, maintenant il va falloir aller vite. L’échéance approche. Il y a ces deux matchs de l’automne, le Tournoi des 6 Nations et ensuite c’est parti. On est toujours dans les délais. Mais Il va falloir prendre les bonnes décisions et faire les bons choix assez rapidement, arrêter un groupe et travailler avec ce groupe. En quelques mois, l’équipe de France peut renverser des montagnes. J’ai confiance en ce groupe.

Après les Fidji, le XV de France va rencontrer l’Australie samedi...

P.E.: Ce sera le niveau supérieur. Face aux Fidjiens, ils s’en sont bien sortis. Ce n’était pas fantastique mais le résultat est là avec quarante points. C’est encourageant. Face à l’Australie, ils auront plus de repères. Mais l’Australie est une grosse cylindrée avec des joueurs exceptionnels. Le danger vient de partout. Ils ont des individualités comme l’arrière Folau, mais ça peut arriver du pilier comme de la troisième ligne. Défensivement ou offensivement, ils sont en place et ça va très très vite. Face à des équipes de ce niveau, il faut essayer de récupérer le ballon le plus vite possible. Si le ballon est rendu, il faut être très performant en défense. L’Australie est très bien organisée sur le troisième rideau et aime beaucoup relancer. L’équipe de France peut vite être dépassée si elle n’est pas concentrée en défense. Ce match sera intéressant notamment pour positionner le XV de France. Sont-ils prêts ? Que doivent-ils travailler ? Ce sera un bon match de préparation pour les futures échéances.

" Ça fait mal de voir Biarritz prendre quarante points à Pau en Pro D2"

Philippe Saint-André parle de revanche après la dernière tournée en Australie. Êtes-vous d’accord ?

P.E.: Si l’équipe de France a une revanche à prendre, c’est surtout envers elle-même. Certes, c’est frustrant de perdre trois fois en Australie, mais la revanche est personnelle et non pas envers les Australiens. Les Français doivent se concentrer sur leurs performances, qu'elle soit individuelle ou collective.

Un mot sur les trois clubs ou vous avez évolué dans votre carrière, Agen, Biarritz et Bayonne...

P.E.: A Agen, on sentait le potentiel pour monter ces deux dernières années. Cette saison, ils patinent un petit peu. L’objectif est de terminer dans les cinq pour faire les phases finales, après on ne sait jamais ce qu’il peut se passer. La Pro D2 devient très difficile. Biarritz peut en témoigner. Ça fait mal de voir Biarritz prendre quarante points à Pau en Pro D2. Ils ont fait rêver le Pays Basque il n’y pas si longtemps et les retrouver dans cette position… on se sent un peu mal pour eux. Leurs matchs ne sont pas forcément convaincants. La transition est compliquée mais j’espère qu’ils vont y arriver. En Top 14, Bayonne produit beaucoup de jeu actuellement. Ça fait plaisir à voir. Les jeunes prennent du plaisir et font même avancer les "vieux". Il y a une nouvelle politique pour l’Aviron avec un esprit "rugby de clocher". Il y a du beau jeu mais il faut que ça gagne. Pour le moment ça se tient, mais on sent que sur une ou deux erreurs, l’Aviron peut très vite se retrouver en danger. Tous les matchs sont très compliqués.

Pepito Elhorga lors d'Agen-Stade français - 2007

Pepito Elhorga lors d'Agen-Stade français - 2007Icon Sport

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