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Jules Plisson: "Les Barbarians ? J’étais comme un gosse, mort de rire..."

Plisson: "Les Barbarians ? J’étais comme un gosse, mort de rire..."

Le 21/11/2014 à 19:08

Jules Plisson était de retour à l’entraînement du Stade Français cette semaine, après un séjour à Toulon avec la sélection des Barbarians français. L’ouvreur parisien revient sur trois jours qu’il n’est pas près d’oublier...

Jules, c’était votre premier match avec les Baa-baas. Comment avez-vous vécu les jours qui ont précédé la rencontre ?

Jules PLISSON: J’avais déjà été appelé auparavant, mais je n’avais pas pu être libéré par le Stade français. Les Baa-baas m’ont contacté un peu plus d’un mois avant le match contre la Namibie et cette fois, avec l’accord de mon staff et de mon président, j’ai pu connaître les joies d’une sélection.

On imagine que vous avez vécu des choses marquantes durant ces trois jours.

J.P: C’est passé tellement vite. On aurait dit que c’était une nuit. Une longue nuit, faite de plein de rencontres exceptionnelles. Les joueurs déjà, des mecs contre qui tu batailles deux fois par an, que tu ne connais pas plus que ça. Et là, tu partages des moments avec eux, avec le même maillot sur les épaules. Tout le monde était super cool. J’ai découvert des mecs comme Rodrigo Capo Ortega, Benoît Paillaugue que je ne connaissais pas du tout. Non, vraiment c’était génial… mais un peu trop court !

Vous avez également fait la rencontre d’illustres anciens…

J.P: Bien sûr ! Au début j’étais un peu perdu, je suis jeune et je ne reconnaissais pas tout le monde. Le premier soir, je rentre avec Jérôme Fillol dans notre chambre, et je lui dis : "Belette (surnom de Fillol, ndlr), j’ai l’impression de connaître personne !" Et finalement, très vite, tu rencontres tout le monde, autour de la table, au cours de grands repas. Les anciens te racontent des histoires sur leur carrière, sur les matchs qu’ils ont joués. J’étais comme un gosse, mort de rire.

Comment prépare-t-on un tel match ?

J.P: C’est super particulier. On n’est plus habitués à ça, alors qu’en fait, c’est l’essence même du rugby. Le staff, comme les joueurs, est choisi pour la rencontre. Donc, c’est surtout le capitaine qui a les clés du camion. Henry Chavancy a pris la parole dans le vestiaire, après Jean-Pierre Rives. Tous les deux nous ont rappelé que si on avait été choisi, c’est que pour eux, on avait l’état d’esprit requis pour porter ce maillot. Tu reviens à ce pourquoi tu aimes ce sport. Uniquement à ces choses-là : la convivialité, le partage, le plaisir du jeu, et la connaissance de l’autre. Les Baa-baas, ça représente toutes les valeurs du rugby. On parle beaucoup du rugby professionnel, des travers que ça peut engendrer, etc… Mais les joueurs ne se prennent vraiment pas au sérieux, et c’est toujours rassurant de le constater.

" Wilkinson qui te remet ton maillot… incroyable !"

Y a-t-il un moment en particulier qui vous a frappé ?

J.P: Il y en a eu tellement. Des petites choses, mais que tu garderas pour toujours. Les touchers avec Bernard Laporte, Sylvain Marconnet, Denis Charvet, Virgile Bruni qui se pointe à l’entraînement en peignoir… Et bien sûr la remise des maillots, avec Christian Carrère et Jonny Wilkinson. Incroyable.

D’un point de vue rugbystique, est-ce que ce n’est pas un peu difficile de créer des automatismes en si peu de temps ?

J.P: En tout et pour tout, on a dû faire une demi-heure de collectif à l’entraînement. On a travaillé des enchaînements sur les trois premiers temps de jeu. Mais finalement ce n’était pas si désordonné pendant le match. Il y avait des initiatives, on a mis un bon volume de jeu. De toute façon, on se l’était dit: 'Si on se loupe, on passe à autre chose'.

Un mot sur l’équipe de France. Qu’avez-vous pensé des prestations des Bleus ?

J.P: Je n’ai pas pu voir le match contre les Fidji parce que j’étais à Clermont avec le Stade français, mais j’étais dans les tribunes pour le match contre l’Australie. Les mecs ont montré un état d’esprit exceptionnel dans les dernières minutes pour aller chercher cette victoire. Ils ont fait preuve d’une belle solidarité, ils se sont lâchés. On les a vus se congratuler entre chaque action, à la fin du match. Je suis très content pour l’équipe, et je n’espère qu’une chose, c’est qu’ils battent l’Argentine samedi soir.

On approche de la mi-saison en Top 14, comment analysez-vous cette première partie de championnat avec le Stade français ?

J.P: On est troisième, ce qui est une très bonne chose étant donné le niveau du Top 14, d’autant qu’on s’est beaucoup déplacés. On reçoit Brive la semaine prochaine, puis Toulon, Montpellier, Toulouse, Clermont. Je vais pas vous faire un dessin, ça va être épais. On est un peu dans la même situation que la saison dernière au même moment, à nous de ne pas répéter nos erreurs dans la dernière ligne droite. A nous de savoir rester pragmatiques, marquer des points, tout en gardant notre envie de jouer.

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