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RUGBY - Mathieu Bastareaud : "Je me sens plus libre"

Bastareaud : "Je me sens plus libre"

Le 04/11/2017 à 09:54

Retenu avec le XV de France pour disputer les tests de novembre, Mathieu Bastareaud (39 sélections) a effectué un gros travail sur lui-même pour retrouver le niveau international. A 29 ans, le trois-quarts centre du RCT se sent beaucoup plus libre et épanoui dans son jeu.

Mathieu, ça vous fait quoi de retrouver l’équipe de France ?

Mathieu Bastareaud : Je me dis que je me fais vieux. Il y a beaucoup de jeunes (rires). C’est toujours un rêve d’être ici, de revêtir ce survêtement frappé du Coq. Je redécouvre un peu tout ça (sourire). Pour en avoir parlé avec Anthony Belleau, on avait autant le trac l’un que l’autre. Maintenant, ce n’est pas une fin en soi. J’espère jouer un peu. Mais d’une manière générale, j’ai pris beaucoup de recul par rapport au rugby, à l’équipe de France, au club. Je me dis que c’est bien pour moi parce que j’ai bossé ces derniers temps pour pouvoir retrouver un très bon niveau. J’ai toujours été honnête sur mes performances. Je n’avais pas à revendiquer quoi que ce soit alors que je n’étais pas au niveau.

Vous aviez fait une croix sur l’équipe de France ?

M. B. : On n’oublie pas. Les Bleus, ça reste toujours dans un coin de la tête. Mais j’ai essayé de ne pas en faire une fixation pour me concentrer sur mes performances en club. C’est une suite logique. A moi de saisir ma chance.

" Le capitanat a piqué ma curiosité, ça m’a ouvert d’autres portes"

Est-ce que le fait d’être capitaine à Toulon a changé votre approche du rugby ?

M. B. : Je suis plutôt réservé, dans mon coin. C’est vrai que ça a un peu forcé ma nature. Je ne suis pas quelqu’un qui aime parler ou s’exprimer. Remplir ce rôle de capitaine, c’était nouveau. Au début, je n’étais pas forcément très à l’aise. Au final, ça a piqué ma curiosité. Finalement, j’ai vu que ça me plaisait, tout simplement. Ça m’a ouvert d’autres portes.

Mathieu Bastareaud - XV de France

Mathieu Bastareaud - XV de FranceAFP

Ça vous a libéré sur le terrain ?

M. B. : J’ai beaucoup plus de responsabilités. Je suis quelqu’un qui n’aime pas décevoir. Quand Fabien (Galthié) m’a nommé capitaine pour certains matches, j’avais envie d’être irréprochable. Ça a levé mon niveau d’exigence envers moi-même et mon niveau de jeu.

" Je n’ai plus peur de tenter des choses "

On vous sent beaucoup plus serein…

M. B. : C’est l’âge aussi. Je ne suis pas si vieux que ça mais j’ai quand même 29 ans (sourire). J’ai onze ans de carrière derrière moi, mine de rien... J’ai connu beaucoup, beaucoup de choses dans ma carrière. Avec le recul, je me dis que je suis plus vers la fin qu’au début de ma carrière. Autant prendre le maximum de plaisir. Le jour où je devrais arrêter, je ne veux pas avoir de regrets. C’est pour ça que je me donne à fond et que je ne regarde pas derrière moi.

Guy Novès vous avait déjà convoqué lors d’un précédent rassemblement. A l’occasion d’un entretien individuel, il vous avait fait part de ses attentes. On a le sentiment que vous l’avez entièrement convaincu…

M. B. : Le projet de jeu que l’on essaye de pratiquer à Toulon se rapproche un peu de ce qu’on fait en équipe de France. J’ai toujours dit que j’étais un joueur qui s’adaptait à tout, à ce qu’on me demandait. Le jeu pratiqué à Toulon m’a épanoui. Je me sens plus libre. On ne me demande pas d’être dans un seul registre. Je n’ai plus peur de tenter des choses. Ma confiance a grandi.

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