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RUGBY - France - Nouvelle-Zélande : L’heure des compétiteurs

L’heure des compétiteurs

Le 14/11/2017 à 07:00Mis à jour Le 14/11/2017 à 08:37

Son statut, son horaire, son contexte... ce match, et non pas test-match, entre la France et la Nouvelle-Zélande n'a rien de commun. A-t-il vraiment un intérêt autre que financier ? Peut-être celui de confronter un élément de langage à la réalité.

Drôle de match, pas vrai ? Tu parles, Charles… De mémoire d’observateur, on n’avait franchement jamais vu ça. Un match international préparé à la va-vite, avec un sélectionneur qui déboule la veille de la rencontre, suivi des entraîneurs principaux au matin du match. Franchement, même les Barbarians français n’avaient jamais osé...

Les enjeux individuels ? Ils semblent également tout relatifs, étant entendu qu’à seulement quatre jours du prochain France - Afrique du Sud, les chances de grappiller une place de titulaire paraissent bien maigres, quand bien même le règlement de World Rugby ne préconise rien de plus qu’un "repos minimal de 48 heures, pour pas plus de sept joueurs d’un match à l’autre" dans ses statuts officiels, au sujet de l'enchaînement de deux matches dans la même semaine… Pour tout dire, c’est le capitaine de circonstance Yoann Maestri qui a le mieux résumé la situation : "Jamais je n’avais préparé une rencontre comme ça..."

Alors, ajoutez-y le fait que ce match n’aura pas valeur de cape, ni même les honneurs de son diffuseur habituel ('faudrait pas toucher à Plus Belle la Vie, quand même) ou que les Néo-Zélandais ont poussé l’affairisme jusqu’à faire avancer le match d’une demi-heure, afin de décoller au plus tôt de l’aéroport d’affaires de Bron, et vous comprendrez un peu mieux pourquoi ce France - Nouvelle-Zélande aurait toutes les raisons de faire b… un tantinet mou, si vous nous passez l’expression.

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Un rêve de gosses

Mais toutes les raisons énumérées ci-dessus sont-elles suffisantes, après tout ? Pour tout dire, on se prend à en douter. Certes, ce match demeure une épine dans le pied dans la préparation du XV de France qui doit songer, dès samedi, à prendre une revanche sur lui-même et sur les Springboks. Certes, ce deuxième France - Nouvelle-Zélande disputé en trois jours demeure, au mieux, un ultime moyen de lobbying au moment de convaincre les caciques de World Rugby quant à la passion qui anime le public tricolore, à la veille de l’attribution du Mondial 2023.

Au pire, une simple pompe à fric, synonyme d’une recette de deux millions d’euros pour la FFR... N’empêche que 60 000 personnes prendront place dans les tribunes d’un Groupama Stadium rempli jusqu’à la gueule, dans l’espoir de voir des Bleus lutter jusqu’à leur dernier souffle face aux Tout-Noirs. Et que rien que cela doit pouvoir suffire à trouver une motivation, d’autant que seulement 40 000 billets s’étaient écoulés dimanche pour le France - Springboks de samedi... Habitués à nous bassiner les oreilles tous les week-ends avec leurs discours convenus de "compétiteurs", les Bleus ont cette fois l’occasion de prouver qu’ils le sont vraiment, dans un match sans valeur, ni autre enjeu que celui de leur offrir un strapontin pour affronter le Japon dans une U Arena elle aussi appelée à sonner creux.

Enfin, on s’entend : sans enjeu autre que celui d’affronter la meilleure équipe du monde, celle face à qui tous les gosses de toutes les écoles de rugby de la France profonde ont un jour rêvé d’évoluer. Sans autre enjeu que leur propre plaisir, en somme, dénué de toute forme de pression… Alors, si on ne voudrait pas pousser le poujadisme jusqu’à titiller l’âme d’enfant de nos Bleus, on espère simplement que ceux-ci se rappelleront de leur chance au moment de se poster, aux alentours de 19 heures, face aux All Blacks et leur légendaire Ka Maté. Et que tout le monde sera enclin à leur faire honneur, public y compris…

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