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RUGBY - Agents sportifs, mode d’emploi

Agents sportifs, mode d’emploi

Mis à jourLe 26/03/2016 à 12:33

Publiéle 23/03/2016 à 09:17

Mis à jourLe 26/03/2016 à 12:33

Publiéle 23/03/2016 à 09:17

Article de Julien Plazanet

RUGBY - On les connaît peu… On les voit peu… Pourtant, ils sont aujourd’hui des acteurs à part entière du rugby moderne et professionnel. Détenteurs d’une licence, les agents sportifs effectuent un travail de l’ombre souvent méconnu mais essentiel. Découverte de ce "nouveau" métier en compagnie de Miguel Fernandez (Essentially), Xavier Batiste (Projexa) et Yazid Ayeb (A&R Sports).

S’il y a une erreur à ne pas commettre pour bien comprendre le métier d’agent en rugby, c’est de ne pas confondre "agent de joueur" comme on peut le voir dans le football et "agent sportif". La raison est simple, "nous ne sommes pas les agents des joueurs car nous sommes mandatés par les clubs et nos clients sont les clubs", rappelle Yazid Ayeb, agent basé à Bourg-en-Bresse. Pourtant, leur rôle est prépondérant dans la carrière du joueur.

Les tâches de l’agent sont bien définies

Plein de fantasmes et de clichés, le travail n’est pas toujours celui que l’on croit… "Quand on pense agent sportif, on pense à un mec qui va négocier un contrat sur un yacht à Saint-Tropez (…) mais on est très loin de l'image de l'agent en costard avec sa Rolex autour du poignet et sa grosse voiture", plaisante Xavier Batiste dont le quotidien n’a rien à voir avec cela, et qui sillonne surtout le Sud Ouest. "Nous sommes les intermédiaires qui mettons en relation un sportif de haut niveau et une entreprise sportive. La première fonction reste la négociation du contrat entre un joueur et un club", détaille Miguel Fernandez, co-directeur d’une agence qui pèse sur le marché.

Illustration rugby
Illustration rugby - Icon Sport

Plus que cela, il faut remplir de nouvelles fonctions notamment depuis que le nombre de joueurs étrangers dans les championnats français n’a cessé de croitre. "Quand tu signes un joueur, il faut lui trouver un appartement, installer l’eau, le gaz, l’électricité, s’occuper de ses impôts et s’il a des enfants, des fois tu t’occupes de trouver la crèche" , insiste Yazid Ayeb au moment d’évoquer une palette très large.

L’agent garde un rôle de conseiller pour le joueur

Le paradoxe repose sur le fait que ces professionnels jouent un rôle clé dans la carrière d’un joueur mais qu’ils sont dépendants des clubs. Au moment de parapher son contrat, le joueur peut avoir recours à un autre agent, au dernier moment, même si cela est très rare. Tout est donc une question de confiance d’autant plus qu’il y a des joueurs "qui n'ont pas les pieds sur terre avec une idée fausse du marché". "Il faut rapidement expliquer aux joueurs qu'on n'est pas magicien", souligne Xavier Batiste.

Et puis "quand un joueur ne joue pas, son premier relai c’est toi", précise Yazid Ayeb qui ajoute : "Tu traces le sillon de la carrière du joueur, tu le conseilles sur les endroits où aller ou ne pas aller en fonction de son jeu, du style de jeu de l’équipe, de l’entraineur, des partenaires, etc." C’est là qu’une expérience de joueur peut avoir son importance lorsque l’on est agent sportif. Puis vient l’aspect financier comme critère certain mais "si le joueur choisit une destination en priorité pour ce dernier critère, il y a neuf chances sur dix pour qu'il se plante" , prévient Miguel Fernandez.

Illustration rugby
Illustration rugby - AFP

Un réseau à créer, développer et qu’il faut ensuite gérer

Tout ce mécanisme nécessite néanmoins un réseau qui, suivant le niveau de réputation, fait que "tu as plus d'appels entrants que sortants. Des clubs te contactent pour te dire qu’un joueur est intéressant ou des joueurs t'appellent car ils ont vu un jeune prometteur", révèle Miguel Fernandez. Certains agents sont donc parfois en sommeil. Autre aspect et pas le plus désagréable, celui de devoir voyager malgré la présence de relais dans de nombreux pays !

Avec son associé Pierre Anglade qui couvre surtout l’Argentine, Yazid Ayeb s’oblige tous les 18 mois un voyage de quinze jours à trois semaines dans l’hémisphère Sud (Fidji, Tonga, Samoa, Nouvelle-Zélande, Australie) pour aller voir des joueurs et les ambassades, "car les lettres de sortie ou les visas, c’est un processus hyper délicat qui évolue sans cesse". Le plus dur dans tout ça reste ensuite la gestion humaine. Pour Xavier Batiste, "le plus important est d'établir une relation fiable sur la durée" et comme les agents ont de plus en plus de joueurs à gérer, il est désormais de plus en plus fréquent de les voir s’associer.

Retrouvez ce mercredi et jeudi les deux prochains épisodes de notre dossier sur les agents...

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