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RUGBY - Agents sportifs, l'évolution du métier

Agents sportifs, l'évolution du métier

Mis à jourLe 26/03/2016 à 12:33

Publiéle 23/03/2016 à 16:10

Mis à jourLe 26/03/2016 à 12:33

Publiéle 23/03/2016 à 16:10

RUGBY - On les remarque rarement. Ils sont souvent dans l'ombre. Discrets et secrets. Les agents sportifs sont peu connus. Ils sont pourtant devenus en quelques années un élément incontournable du rugby professionnel. Qu'ils soient d'anciens joueurs, d'anciens avocats ou d'anciens correspondants de presse, leur rôle et leur nombre n'ont cessé de croître dans ce sport devenu professionnel.

Fréquemment décriés à tort ou à raison, trois d'entre eux ont néanmoins accepté de répondre à nos questions en toute franchise. Le but? Lever le voile sur un métier qui conserve une grande part de secrets auprès du grand public et en apprendre davantage sur ces hommes de l'ombre très éloignés de l'image perçue à travers le football.

Un métier en pleine évolution

"Je suis devenu agent sportif avant tout par passion pour le sport. Il y avait aussi l'opportunité de tenter quelque chose de nouveau. Cela n'existait quasiment pas à l'époque. Le rugby est passé professionnel en 1995. Les premiers agents sportifs ont commencé a arriver par la suite", révèle ainsi Xavier Batiste, co-gérant de l'entreprise Projexa créée en 1999. "Par conséquence, le marché était plus ouvert. Plus ouvert avec les joueurs mais avec les clubs, c'était un peu plus compliqué. C'était tout nouveau et on était à peine toléré. On a essuyé énormément de plâtres. Il a fallu du temps pour que le métier soit peu à peu accepté. Je suis intimement convaincu qu'on est un instrument de régularisation du marché. Si nous n'avions pas une utilité, on aurait déjà disparu".

Illustration rugby
Illustration rugby - Icon Sport

Et tout n'est pas encore fini, le métier d'agent sportif pourrait encore évoluer dans les années à venir comme l'explique Yazid Ayeb, ancien joueur et agent sportif basé à Bourg-en-Bresse: "Le rugby n’a pas encore trouvé son rythme de croisière. Au football, il y a le mercato et peut-être qu’il faudra passer par là. Le rugby reste un petit monde qui doit évoluer. On est un trop petit sport qui concerne une douzaine de pays alors qu’il a une résonnance mondiale".

Des agents sportifs à la hausse

À la fois conseiller, avocat, confident et parfois grand frère, les agents sportifs, comme les joueurs, se sont adaptés au professionnalisme. L'approche a évolué. Désormais, "Il y a toute une palette d'accompagnement qu'on se doit d'avoir en tant qu'agent sportif", explique Miguel Fernandez, actionnaire d'Essentially. Regroupés en agence (Projexa, Essentially, Sport Session, Concept Espace Communication etc...) pour avoir plus de poids sur le marché ou en simple artisan pour offrir un service sur mesure, le nombre des agents sportifs a fortement augmenté en une vingtaine d'année.

Illustration rugby
Illustration rugby - Icon Sport

"Aujourd'hui, il y a plus de 85 licences délivrées par la Fédération française de rugby alors qu'on n'était qu'une trentaine quand on a commencé", poursuit le vice-président du syndicat des agents sportifs Intervals. Et dans un marché limité par un nombre de joueurs défini, la hausse du nombre d'agents sportif a forcément entraîné une hausse de la concurrence où tous les coups sont permis. "Dans le milieu, on ne peut pas se permettre d'être gentil", souligne Xavier Baptiste. Reste à trouver le juste équilibre, ne pas gérer trop de dossiers à la fois, pour établir une relation fiable sur la durée.

Une image qui reste négative

Souvent jugé et catalogué par rapport au système du football, l'image des agents sportifs dans le rugby reste très négative. "Quand on pense agent sportif, on pense évidemment à un mec qui va négocier un contrat sur un yacht à Saint-Tropez", déclare Xavier Baptiste. "Mais le quotidien d'un agent sportif dans le rugby n'a rien a voir avec cela. On est très loin de l'image de l'agent en costard avec sa Rolex autour du poignet et sa grosse voiture. Il y a le football d'un côté et tous les autres sports de l'autre". "Il y a énormément de fantasmes sur le métier d'agent sportif. C'est un métier qui conserve une bonne part de secrets. On est sur des transactions qui se font en coulisses. Cela nécessite souvent de la confidentialité. Il y a donc une grande part de secret. Et ce secret amène une grande part de fantasmes", insiste-t-il.

Illustration rugby
Illustration rugby - Icon Sport

Des fantasmes qui alimentent encore davantage la mauvaise image de ces hommes devenus incontournables dans le monde du rugby professionnel auprès du grand public. Le processus paraît sans fin. "Pour ma part, je fais ce métier par passion et pas pour être aimé", assure malgré tout Miguel Fernandez...

Retrouvez ce jeudi le dernier chapitre de notre dossier sur les agents...

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