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RUGBY - Agents sportifs et argent: une fois encore, le rugby reste à part

Agents et argent: une fois encore, le rugby reste à part

Mis à jourLe 24/03/2016 à 11:25

Publiéle 24/03/2016 à 10:35

Mis à jourLe 24/03/2016 à 11:25

Publiéle 24/03/2016 à 10:35

Article de Anthony Tallieu

RUGBY - Comme le rugby professionnel, les agents sportifs, arrivés dès le milieu des années 1990, ont aussi profité du boom des capitaux pour se structurer en lobby discret mais puissant. Statuées par la FFR, leurs sources de revenus restent toutefois bien éloignées de ce qui se pratique dans le football.

Au cœur des négociations et des tractations du sport professionnel, la fonction même d'agent sportif incite au fantasme. Souvent noir d'ailleurs. Dans l'inconscient collectif, l'agent, c'est presque toujours ce trader du sport qui spécule sur les carrières des athlètes et dont le seul et unique intérêt est le contenu de ses poches. L'image du très célèbre agent de footballeurs portugais Jorge Mendes, qui brasse des millions chaque été avec les transferts des stars du ballon rond, n'est jamais loin. Sauf que le rugby, ce n'est pas le foot! Soucieux de ne pas se jeter à bras le corps dans le libéralisme économique extrême du football, le milieu marginalise le rachat de contrat.

" L'agent n'est pas rémunéré sur l'indemnité de départ d'une rupture anticipée"

On ne parle d'ailleurs pas de transferts (on en dénombre qu'une demi-douzaine en France depuis 1996) mais de mutations, qui interviennent dans la majorité des cas à la fin des contrats. "Légalement, les transferts pourraient exister", explique Miguel Fernandez, vice-président du syndicat des agents sportifs Intervals et directeur associé de CSM-Essentially, entreprise leader de la profession. "La pratique fait que si un joueur ou un club veut faire une rupture de contrat anticipée, la règle tacite est une négociation entre 50% et 80% du total des salaires restants. Il n'y a pas de valorisation du joueur comme au foot et l'agent n'est pas rémunéré sur l'indemnité de départ. Les ruptures anticipées de contrat sont très minoritaires dans le rugby puisque environ 95% des contrats vont au bout".

Illustration rugby
Illustration rugby - AFP

Et il l'assure, le refus de basculer vers le modèle du football est, à ce jour, majoritaire chez les agents sportifs du rugby. Tout comme la volonté de rester discret sur les négociations en cours: "On est un sport qui évolue vite mais moins tu en dis, mieux tu te portes", confirme Yazid Ayeb, basé à Bourg-en-Bresse. "Les gens viennent souvent du monde du rugby et ils restent dedans. On y est très bien. Il n’y a pas de grands problèmes, de grands drames et les gens veulent le protéger.Vivons heureux, vivons cachés. C’est une chasse gardée!".

"Tous les coups sont permis" pour avoir une belle part du gâteau

Évidemment, plus un agent gère de dossiers, plus son compte en banque augmente. Sauf qu'ils ne sont plus une poignée comme ce fut le cas à l'origine du professionnalisme. Plus de concurrence pour se partager un même gâteau, d'où la nécessité de jouer des coudes, comme le laisse entendre Xavier Batiste, incontournable dans la région de Castres: "On doit être à peu près une centaine et cela fait quand même beaucoup pour un marché Top 14/Pro D2 qui doit représenter environ mille joueurs. Il y a une grosse concurrence! Tous les coups sont permis et il y en a parfois en dessous de la ceinture. Tout le monde se bat pour les mêmes transactions. C'est un marché limité donc tout le monde lutte pour avoir sa place".

Illustration rugby
Illustration rugby - AFP

Point majeur de discorde, lorsqu'un agent parvient à "piquer" un joueur à un autre en promettant de lui obtenir de meilleurs revenus.

Des commissions entre 4 et 10% du salaire brut annuel des joueurs

Après avoir accompagné la transition de l'amateurisme au monde pro, la FFR s'est attachée à fixer des gardes-fous pour les agents. Dans ses statuts, elle indique que leur rémunération, indexée au salaire négocié, est de 10% pour un joueur gagnant entre 1€ et 49.000€ annuels (chiffre exprimé en brut). Elle descend à 8% lorsque le salaire se situe entre 49.001€ et 149.000€, puis 6% entre 149.001€ et 249.000€ et enfin 4% au-delà de 249.000€.

Illustration joueur de rugby
Illustration joueur de rugby - Icon Sport

Le salaire moyen étant de 12.000€ par mois en Top 14, soit 144.000€ par an, la majorité des joueurs qui le composent se situerait dans la deuxième tranche. En négociant le salaire de Dan Carter au Racing (environ 1,3M€), l'agent français de la star All Black Laurent Laffitte (CSM Essentially) a réalisé le plus gros coup dans la jeune histoire de sa profession.

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