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RUGBY À 7 - Une page à tourner pour la France avant un nouveau chapitre

Les Bleus du 7 doivent relever la tête à Paris avant de commencer un nouveau chapitre
Par AFP

Le 12/05/2017 à 12:09Mis à jour Le 12/05/2017 à 12:13

SEVENS - Un cycle à conclure du mieux possible : l'équipe de France messieurs de rugby à VII aborde sur la corde raide l'étape du circuit mondial à Paris, samedi et dimanche, avant de connaître de nombreux changements, nécessaires, la saison prochaine.

2016. Les Bleus du VII se présentaient au stade Jean-Bouin fringants, les jeux Olympiques de Rio en ligne de mire, après un podium sur le circuit mondial et avoir battu la Nouvelle-Zélande (24-0) lors de la précédente étape, à Singapour, pour la première fois depuis onze ans. Un an plus tard, les JO sont passés (7e place) et ils arrivent sur la pointe des pieds, handicapés par des blessures (Bouharoua, Lakafia) et avec un Virimi Vakatawa diminué pour son premier tournoi de la saison. Terminer troisième comme la saison passée sera donc ardu.

Les raisons d'un échec

"Le soufflé est retombé. Il n'y a pas les JO derrière, on ne présente pas la même équipe en terme d'expérience, de vécu commun. Mais il y a de la fraîcheur, de l'enthousiasme, de la qualité" veut cependant croire Julien Candelon, malgré l'absence de podium lors des huit précédentes manches et seulement deux quarts de finale, le dernier fin janvier à Wellington. L'entraîneur Frédéric Pomarel avance plusieurs explications à cette saison morose. La "décompression" post-Jeux, le "changement fédéral" avec l'éviction de son adjoint Cédric Laborde et du responsable du VII Jean-Claude Skrela, "l'absence de Virimi", meilleur joueur en 2015-2016 mobilisé par le XV de France puis blessé, et "le nombre de blessés".

Virimi Vakatawa (France 7) - Rio 2016

Virimi Vakatawa (France 7) - Rio 2016Icon Sport

La conséquence en partie d'un manque de réservoir chronique qui ne permet pas aux Bleus, d'après Pomarel, "de tenir la longueur" d'une saison éprouvante physiquement. Seulement quinze joueurs sont sous contrat fédéral, alors qu'il en faudrait "dix-huit" selon Pomarel et que les Anglais en comptent trente.

" Un duo Skrela-Pomarel pas légitime pour le VII (Jean-Baptiste Gobelet)"

Résultat : quelques éléments clés viennent à manquer et tout est dépeuplé, comme lors de cette saison insuffisamment préparée en amont, d'après l'ancien joueur Jean-Baptiste Gobelet. "On a fait une pyramide inversée : on a mis beaucoup de moyens financiers sur l'élite, et très peu sur la formation. Du coup l'héritage est quasi nul. Il y a eu un manque de détection flagrant", a ainsi souligné auprès de l'AFP Gobelet, qui regrette le manque de culture du VII en France, notamment au niveau des "éducateurs."

Jean Baptiste Gobelet - Crédit : World Rugby, Martin Seras Lima

Jean Baptiste Gobelet - Crédit : World Rugby, Martin Seras LimaOther Agency

Dans sa ligne de mire, le premier d'entre eux, Pomarel, en poste depuis 2010. "On a manqué de compétences humaines sur la compréhension du jeu, avec un duo Skrela-Pomarel pas légitime pour le VII", grince Gobelet, qui estime les méthodes d'entraînement "trop proches du XV" et pas assez "réactives" à l'évolution du jeu. Le technicien âgé de 44 ans quittera ses fonctions à l'issue de la saison d'un "commun accord" avec la Fédération, "fatigué et sûrement fatigant pour les joueurs", a-t-il expliqué.

Julien Candelon (France 7)

Julien Candelon (France 7)AFP

Avec le départ des historiques Vincent Inigo et Candelon, et peut-être de Terry Bouhraoua, une page se tournera et un nouveau cycle débutera, conduit par le nouveau manager Christophe Reigt, à la recherche d'un nouveau sélectionneur. Pourrait-il être étranger ? "Je ne m'interdis rien, mais cela m'étonnerait", a affirmé Reigt, dont "l'objectif prioritaire" est de "travailler sur le développement de potentiels" et de "monter ce groupe à plus d'éléments." Via en partie la venue de quinzistes professionnels, avec qui serait signée "une forme de convention" pour que soit planifiée sur l'ensemble de la saison leurs aller-retours entre Marcoussis et leur club. Avec l'objectif à terme de recoller "au top 5 mondial." Soit au moins sept places à gagner pour des Bleus douzièmes du classement général avant le rendez-vous de samedi.

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