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Bourgoin, Madagascar, Nice... Qu'es-tu devenu, Jean-François Tordo ?

Bourgoin, Madagascar, Nice... Qu'es-tu devenu, Jean-François Tordo ?

Le 13/09/2017 à 08:00Mis à jour Le 13/09/2017 à 15:23

Ancien capitaine du XV de France, Jean-François Tordo s'est retiré du rugby professionnel en 2002. Il partage désormais son temps entre Madagascar où il œuvre avec son association Pachamama et Nice, où il prépare ses prochains séjours avec un œil bienveillant sur le Stade Niçois Rugby...

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Parmi ceux qui étaient à ses cotés le jour de sa première sélection en 1991 contre les Etats-Unis, ils sont nombreux à encore peser dans le paysage du rugby français : Serge Simon, vice-président de la fédération ; Fabien Galthié, manager du RCT ; Philippe Sella, directeur rugby du SUALG, sans même évoquer Philippe Saint-André, ancien sélectionneur des Bleus ou Serge Blanco, ex-président de la LNR… Jean-François Tordo, ancien capitaine du XV de France, s'est lui choisi un autre destin depuis le mois de janvier 2002 et sa démission de son poste d'entraîneur à Bourgoin. Question de nature. "Le professionnalisme a atteint ses limites. Si l'humain n'est pas au milieu de tout, je n'ai pas ma place".

Jeff Tordo après un France-Angleterre

Jeff Tordo après un France-AngleterreGetty Images

Sa place, il l'a trouvée ailleurs, loin de l'Isère : à Madagascar. Autre lieu, autre univers mais toujours un même monde, celui du rugby. C'est là bas, dans l'océan Indien que Jean-François Tordo passe la moitié de sa vie. Il y a fondé voilà bientôt dix ans, Pachamama, une association qui a l'allure d'une école de rugby, où est assuré pour ses membres, un suivi social et médical. L'éducation par le sport.

" C'est viscéral. C'est dans mon ADN"

Pachamama ressemblerait à l'oeuvre de sa vie. Tordo en parle volontiers mais refuse de la présenter comme sa fierté. Cet attachement à l'association et à Madagascar, l'ancien capitaine des Bleus se dit incapable de l'expliquer : "C'est viscéral. C'est dans mon ADN : il faut que ma vie ait un sens, qu'elle soit tournée vers les autres. C'est comme ça que je me construis, c'est un projet de vie". Un projet qui l'amène, pour l'heure, à passer la moitié de l'année à Madagascar.

En ce mois de septembre, il revient tout juste d'un de ses quatre séjours annuels. Cette fois en plus des missions devenues habituelles, il a été question de l'organisation d'un grand tournoi international de rugby à VII à Antananarivo, capitale de Madagascar, le 8 mars 2018, à l'occasion de la journée de la femme.

Jean-François Tordo avec Nice

Jean-François Tordo avec NiceGetty Images

Un projet dans le droit fil des actions menées par l'association. Jean-François Tordo explicite : "Parmi les enfants que nous suivons, il y a 40% de filles. Quand nous avons commencé nos actions, elles devenaient mères à 13 ans. Dix ans après, on s'aperçoit qu'elles deviennent mères à 17-18 ans. Elles restent plus longtemps à l'école, ont davantage de chances de trouver du travail. Nous avons du recul pour savoir que nous sommes dans le vrai. Néanmoins, la vie des femmes à Madagascar est très difficile. Et il nous faut aller encore plus loin".

" Madagascar est toujours dans l'urgence"

Ce tournoi en première étape. "Nous devrions privatiser le stade pour l'événement. Nous comptons inviter 30 000 femmes pour cette journée et autour du tournoi, mener des actions en partenariat avec des ONG pour faire de la prévention mais aussi organiser une levée de fonds. Madagascar est toujours dans l'urgence". Une situation qui concourt à ce qu'il s'imagine un jour, s'installer là-bas à temps-plein.

En attendant, il revient dans son pays Niçois. Une autre réalité. "Je travaille pour me permettre de repartir", dit-il des interventions en entreprise, la gestion de sa société photovoltaïque et des missions dans le bâtiment. "C'est une remise en question permanente. Une façon d'avoir mon destin en mains" Et quand il a fait le nécessaire, Tordo, maçon de formation, se retire dans son petit hameau dans l'arrière pays niçois qu'il a entrepris de réhabiliter, aidé par des amis.

Jeff Tordo dubitatif avec les Bleus

Jeff Tordo dubitatif avec les BleusIcon Sport

Il suit le Stade niçois

Le rugby, il s'en est un peu éloigné depuis sa dernière expérience sur le terrain à Poitiers (décembre 2006) et dans les coulisses du Rugby Nice Côte d'Azur Université Racing, au début des années 2010. Mais il continue de suivre avec un œil bienveillant le destin du Stade Niçois Rugby, où devrait se dessiner un nouveau projet en partenariat avec l'assureur Allianz et la fédération écossaise.

"Je suis les matches sans prétention. Si on me demande mon avis, je le donne. Sinon je passe un moment avec mes amis. Je n'ai pas de licence au club, seulement au club-house" se marre Tordo. Et je peux donner un coup de main pour les partenariats. Il y a un pari qui a été fait de restructurer le club. Il est assaini après des années difficiles. Ca prend forme. Mais surtout on sent une alchimie. Le rugby c'est un jeu avant tout, une histoire d'hommes. Tant que ça existera, je resterai au club. Sinon, je partirai sur mon VTT".

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