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Didier Tison : "Je ne sais pas comment Narbonne peut autant manquer de professionnalisme..."

Tison : "Je ne sais pas comment Narbonne peut autant manquer de professionnalisme..."

Le 05/10/2016 à 14:36Mis à jour Le 05/10/2016 à 15:03

Le troisième ligne franco-sud-africain est de retour à Lyon après son prêt avorté à Narbonne. Didier Tison, qui va fêter ses 23 ans, revient sur cette expérience de deux mois au RCNM avec qui il a disputé trois matches amicaux, explique les raisons qui l’ont poussé à quitter le club et parle de ses ambitions avec le Lou… ou ailleurs en tant que joker médical !

Que s’est-il passé à Narbonne ? Vous attendiez-vous à rencontrer pareille situation ?

Didier TISON : Non ! Durant l’été, il y a eu l’annonce de la rétrogradation en Fédérale donc j’ai commencé la préparation à Lyon mais quand il y a eu officialisation du maintien en Pro D2, j’ai rejoint Narbonne. Ça a mal commencé parce que Rocky Elsom a été débarqué cinq jours après mon arrivée. Il y a eu un nouveau président, de nouveaux dirigeants et c’est devenu le bordel. Quand j’ai reçu ma première paye, ce n’était pas ce qui était prévu... Ils n’ont pas respecté mon contrat et les conditions. Je n’ai pas accepté la nouvelle proposition alors j’ai demandé à rentrer à Lyon. Je n’étais pas le seul, nous étions une douzaine dans cette situation.

Comment se sont passées les discussions avec les dirigeants du RCNM ?

D.T : Il y a des choses qui avaient été négociées avec Rocky (Elsom) avec lesquelles ils n’étaient pas forcément d’accord. Tout était justifié mais ils ne l’ont pas accepté. D’autres joueurs étaient dans la même situation et certains sont partis avant que ça n’explose. Je ne sais pas comment une équipe de Pro D2 peut manquer de professionnalisme comme ça. Les dirigeants n’ont pas soutenu les joueurs, avec parfois des familles venant de loin. C’était une situation compliquée et cela se voit aujourd’hui puisqu’ils ne sont pas bien classés.

" Il n’y avait pas de médecin, pas de kiné et les entrainements n’étaient pas bien préparés"

Il y a eu une rupture entre le groupe et les dirigeants...

D.T : C’est ça. Il n’y avait pas de vraie relation entre le groupe et les dirigeants. Les nouveaux sont arrivés dans un club qui avait beaucoup de problèmes. Ce n’est la faute de personne. C’est peut-être l’ancien président qui est responsable mais ce sont eux qui reprennent le club.

Quelle était la situation au quotidien ?

D.T : J’ai commencé la saison avec Lyon où tout est vraiment carré, structuré et professionnel pour arriver dans un club qui n’était pas comme à mon habitude. Il n’y avait pas de médecin, pas de kiné et les entrainements n’étaient pas bien préparés. J’étais frustré. Il n’y avait pas une bonne relation entre l’entraineur et les nouveaux dirigeants. Patricio Noriega et Steeve Kefu n’étaient pas vraiment libres de faire ce qu’ils voulaient. C’est triste pour les joueurs. Le planning hebdomadaire était envoyé le dimanche soir à 22 heures et il y avait toujours des changements. Tu arrivais à l’entrainement mais tout n’était pas planifié. Au départ, je me suis posé des questions sur les entraineurs mais je me suis rendu compte que ce n’était pas de leur faute. Ils n’avaient pas les mains libres.

Patricio Noriega (Narbonne)

Patricio Noriega (Narbonne)Icon Sport

Avez-vous un sentiment d’amertume ?

D.T : Oui car mon but était de partir en Pro D2, de faire une très bonne saison et de revenir à Lyon avec beaucoup plus d’expérience. Ça a été dur mentalement. Je n’avais jamais vu ça.

Avez-vous suivi ce qu’il s’est passé depuis à Narbonne ?

D.T : Oui et je savais que la faute allait être mise sur les entraineurs. Christian (Labit) est arrivé mais je pense que c’est trop tard. C’est un club avec beaucoup d’histoire qui doit se reconstruire. Les supporters savent ce qu’il se passe dans le club. C’est triste.

Comment s’est passé le retour à Lyon ?

D.T : Cela a été compliqué à expliquer car le club a été surpris. J’ai demandé à être libéré. J’ai prévenu Pierre (Mignoni) dès le premier mois que je risquais de revenir à Lyon parce que la situation était très mauvaise. Je savais que ça allait être sportivement compliqué pour moi car ce n’était pas prévu. J’espère jouer en Coupe d’Europe, peut-être faire un ou deux matches en Top 14 ou bien si un club cherche un joker médical... C’est compliqué de réintégrer un groupe déjà formé.

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