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Pro D2 - Francis Salagoïty (Bayonne): "Ça fait du bien de pouvoir travailler dans la sérénité"

Salagoïty: "Ça fait du bien de pouvoir travailler dans la sérénité"

Mis à jourLe 07/01/2016 à 12:11

Publiéle 07/01/2016 à 11:57

Mis à jourLe 07/01/2016 à 12:11

Publiéle 07/01/2016 à 11:57

Article de Denis GIBERT

ENTRETIEN - Francis Salagoïty est à la tête du deuxième de Pro D2 et le coprésident de Bayonne goûte avec plaisir cette période de réussite sportive qui lui rappelle l'aventure de la première montée du club dans l'élite en 2004. L'urgence du début de saison passée, les dirigeants peuvent désormais construire pour l'avenir.

Êtes vous surpris du début de saison de votre équipe ?

Francis SALAGOÏTY: Quand on est revenu aux affaires en juin, il faut reconnaître qu'on ne savait pas très bien vers où on allait. On a eu peu de temps pour reconstruire et pour faire en sorte que l'Aviron ait une équipe compétitive. L'osmose s'est faite rapidement. La première victoire à Albi nous a mis dans une bonne dynamique. Les choses ont roulé dans le bon sens. Peut-être aussi parce qu'on avait aucune pression particulière. Il n'y avait pas d'objectifs précis si ce n'est de maintenir l'Aviron bayonnais dans le rugby professionnel.

" Pourquoi aller chercher des soi-disant "supers joueurs", alors qu'en prenant des joueurs au chômage, d'autres que les clubs ne voulaient plus, des revanchards, des jeunes du club, on arrive à faire quelque chose de bien"

Dans l'urgence, vous avez visé juste dans le recrutement...

F.S: C'est vrai. On pensait qu'il y aurait plus de déchets, parce qu'on prenait des joueurs qui étaient encore sur le marché. Ça pose une question : pourquoi aller chercher des soi-disant "supers joueurs", alors qu'en prenant des joueurs au chômage, d'autres que les clubs ne voulaient plus, des revanchards, des jeunes du club, on arrive à faire quelque chose de bien. Est-ce que c'est une exception, un contexte ? Il y a là une analyse à faire.

Nicolas Morlaes, Christian Devèze, Vincent Etcheto, Francis Salagoïty et Dewald Senekal lors de la conférence de presse de rentrée de Bayonne - juillet 2015
Nicolas Morlaes, Christian Devèze, Vincent Etcheto, Francis Salagoïty et Dewald Senekal lors de la conférence de presse de rentrée de Bayonne - juillet 2015 - AFP

Cette équipe porte la patte Vincent Etcheto...

F.S: C'est un garçon que je connaissais et qui a évolué. Il était revanchard. On a un bon rapport et c'est indéniablement un bon recrutement. On voulait que les joueurs passent à autre chose après la fin de saison dernière. Le changement de staff a permis ce changement au niveau de l'état d'esprit.

Vous avez réussi un gros coup en prolongeant des joueurs comme Monribot, Rouet, Iguiniz, Du Plessis qui auraient pu partir vers le Top 14...

F.S: Quelque chose se construit avec un nouveau projet à l'Aviron. On a pensé avec Christian Devèze (le coprésident, NDLR), Vincent (Etcheto) et Nicolas (Morlaes) que ces joueurs nous avaient montré qu'ils aimaient le club et le maillot. Il nous a semblé que c'était les joueurs autour de qui il fallait s'appuyer pour continuer cette dynamique qui s'est rapidement mise en place.

" C'est plus facile de construire un projet sur les trois ans à venir quand les joueurs se donnent, se font plaisir, donnent du plaisir aux supporters et aux spectateurs et en plus ont des résultats"

Quand vous préparez la saison prochaine, prenez-vous en compte une option Top 14 ?

F.S: On pense avant tout à constituer une très belle équipe de Pro D2, avec une belle ossature, de très bons joueurs de Pro D2 qui seront capables d'évoluer en Top 14 si ce devait être le cas.

Au niveau financier ou en est l'Aviron bayonnais ?

F.S: L'équilibre de l'année 2015-2016 est fait (11 millions d'euros, NDLR). C'est plus facile de construire un projet sur les trois ans à venir quand les joueurs se donnent, se font plaisir, donnent du plaisir aux supporters et aux spectateurs et en plus ont des résultats. Comme on commence à préparer le sportif pour la saison 2015-16, on commence à prévoir l'économie. Les partenaires répondent présents et nous avançons main dans la main avec la ville de Bayonne. L'Aviron a une relation importante avec sa ville.

Francis Salagoïty coprésident de l'Aviron bayonnais
Francis Salagoïty coprésident de l'Aviron bayonnais - Icon Sport

Comment sont les relations avec le principal actionnaire de l'Aviron, la société AB Lagunak à l'origine l'an dernier du projet de fusion avec Biarritz ?

F.S: Je rappellerais qu'au mois de juin dernier, j'avais été coopté. Pour moi, la cooptation n'est pas une élection. L'Assemblée Générale qui s'est déroulée au mois de décembre était importante afin de savoir si l'ensemble des actionnaires nous faisaient confiance. Ils nous ont élus pour une période de quatre ans. Que ce soit le sportif, l'administratif ou les actionnaires, l'Aviron bayonnais est un club dans lequel aujourd'hui tout le monde tire dans le même sens. Ça fait du bien de pouvoir travailler dans la sérénité, de lancer un vrai projet et de se dire qu'il y a quelque chose à faire à Bayonne.

" Mon premier budget de Pro D2 en 2000 était de 600.000 euros, aujourd'hui on est à 11 millions"

Est-ce que ce nouvel Aviron est capable de surmonter une crise sportive sans tout remettre en cause ?

F.S: J'ai quand même bien appris que la stabilité est quelque chose d'important. J'ai pu faire des erreurs à certains moments et je pense qu'aujourd'hui il faut savoir gagner en sérénité. Il faut que ça reste un plaisir et ne pas se mettre une pression trop importante. Faire en sorte de garder toute sa lucidité dans les bons moments comme dans les moments les plus difficiles, comme quand il y aura trois défaites qui vont arriver en suivant. Ce n'est pas ce que l'on souhaite, mais on sait qu'en sport ça va très vite et ça arrivera de toute façon un jour ou l'autre. On a envie de construire.

Francis Salagoïty (Bayonne)
Francis Salagoïty (Bayonne) - Icon Sport

Vous étiez le président de la remontée (2003-04) en Top 14. Trouvez-vous des similitudes avec l'aventure d'aujourd'hui ?

F.S: Oui. Mes meilleures années sont ces années-là. Il y avait cette relation particulière, cette notion de groupe, cette façon de vivre que l'on retrouve aujourd'hui, avec le même style de joueur en termes d'état d'esprit.

Le rugby professionnel a-t-il changé depuis vos débuts ?

F.S: Mon premier budget de Pro D2 en 2000 était de 600.000 euros, aujourd'hui on est à 11 millions. C'est maintenant un vrai milieu d'affaires, une économie. Les relations ne sont pas tout à fait les mêmes. Mais il faut quand même essayer de garder l'esprit du rugby. Il y a le terrain, les 80 minutes où chaque équipe a envie de gagner, mais ensuite, il faut garder cet esprit rugby d'avant et d'après match. On est là, certes pour gérer un club, mais aussi pour se faire plaisir, passer des bons moments avec les joueurs ou les dirigeants de l'équipe adverses, les partenaires.

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