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Pro D2 - Xavier Péméja (Montauban): "Tout est parti en vrille en 24 heures"

Péméja: "Tout est parti en vrille en 24 heures"
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 17/02/2016 à 18:32 - Publié le 17/02/2016 à 17:00
Par Jérémy DESOBLIN - Le 17/02/2016 à 18:32

PRO D2 - Entraîneur principal de Montauban depuis le retour du club en Pro D2, Xavier Péméja ne verra pas son contrat renouvelé à la fin de la saison comme cela était normalement prévu. Un départ soudain à la suite de désaccords avec ses présidents au niveau du sportif.

Nos confrères de la Dépêche du midi ont annoncé, mardi, votre départ de Montauban. Pouvez-vous nous expliquer ce qu'il s'est passé ?

Xavier PEMEJA: En janvier, nous avions décidé oralement avec mes présidents de prolonger mon contrat de deux ou trois années supplémentaires. Je n'ai rien signé mais pour moi, la décision était ferme. Par la suite, nous n'avons pas été d'accord lors d'une réunion sur le fonctionnement du sportif. Je me suis un peu énervé et puis, tout m'a échappé. Sur ce coup, je n'ai pas pensé à moi. J'ai pensé à faire évoluer le sportif mais mes présidents n'étaient pas d'accord avec moi. Nous nous sommes disputés. J'ai parlé un peu fort et je n'aurais certainement pas dû le faire. Mais attention, je n'ai jamais été insultant. Je me suis juste emporté. À partir de ce moment, tout est parti en vrille en vingt-quatre heures. Comme je n'ai pas de papiers signés, c'est facile de me dire que je ne serais pas présent demain.

Pour être précis, il y avait juste un contrat moral entre vous et vos présidents ?

X.P: C'était plus que moral. Nous nous étions serrés la main. Pour moi, on ne change pas d'avis comme cela. Mais j'ai oublié d'aller signer le contrat. Si j'avais signé le papier, on n'en serait pas là aujourd'hui. Mais j'ai aussi été stupide lors de cette réunion. Je me suis emporté et le ton est monté. Je n'aurais pas dû faire cela. Le lendemain, j'ai proposé une situation alternative pour satisfaire tout le monde mais c'était trop tard. On a oublié en vingt-quatre heures tout ce qui s'est passé en cinq ans. C'est terrible.

" Sur ce coup, je suis stupide. Je suis abasourdi par ma bêtise. Je me suis fait avoir à 55 ans"

A l'heure actuelle, quel est votre état d'esprit ?

X.P: Je suis assommé. Cette semaine a été assommante pour moi. Je me suis retrouvé dans une tourmente parce que j'ai simplement voulu défendre mes idées. Je n'ai pas pensé à moi. Sur ce coup, je suis stupide. Je suis abasourdi par ma bêtise. Je me suis fait avoir à cinquante-cinq ans. Je n'ai pas réfléchi à ma propre personne mais uniquement au projet que je voulais mettre en place.

Xavier Péméja (Montauban) face à Biarritz - le 28 aout 2015
Xavier Péméja (Montauban) face à Biarritz - le 28 aout 2015 - Icon Sport

Est-ce uniquement un désaccord entre vous et vos présidents ?

X.P: Oui, des désaccords sur le fonctionnement de la saison prochaine au niveau du sportif. Je tenais à mettre des choses en place. Mes présidents n'étaient pas d'accord et pour le dire simplement, je n'ai pas été content. J'ai parlé avant de signer mon contrat. Je n'ai pas pensé à moi. Tout s'est passé le mercredi soir, le 10 février. La réunion était prévue et elle a vite tourné court. Je leur ai dit que ce n'était pas la peine de me nommer manager pour faire des choses sur le sportif avec lesquelles je n'étais pas d'accord. J'ai sauté de l'avion mais j'ai oublié de mettre un parachute...

" J'ai certainement touché des égos et heurté des sensibilités. Au lieu de m'ouvrir la porte, on m'a répondu que c'était fini. Je n'ai plus eu d'entretiens. J'ai eu un mail ferme m'expliquant que je n'étais plus l'entraîneur de Montauban la saison prochaine"

En fait, tout s'est passé très vite...

X.P: Oui, je ne pensais pas qu'on pouvait balancer une histoire de cinq ans en vingt-quatre heures. Le lendemain de cette réunion, j'ai fait une proposition qui répondait à toutes les attentes. Mais j'ai certainement touché des égos et heurté des sensibilités. Au lieu de m'ouvrir la porte, on m'a répondu que c'était fini. Je n'ai plus eu d'entretien. J'ai eu un mail ferme m'expliquant que je n'étais plus l'entraîneur de Montauban la saison prochaine.

Vivez-vous cela comme une trahison ?

X.P: On ne peut pas dire cela. C'est très dur parce qu'à Montauban, je suis chez moi. En plus, je ne l'ai pas senti venir. Et surtout, je m'en veux énormément à moi-même. Je me demande comment j'ai pu être aussi bête. C'est mon premier sentiment.

Xavier Péméja (Montuaban)
Xavier Péméja (Montuaban) - Icon Sport

Comment l'avez-vous annoncé à vos joueurs ?

X.P: Il y a eu une réunion lundi à laquelle je n'ai pas été convié pour présenter le problème. Je n'ai pas pu m'expliquer et donner mon point de vue. J'avais dit aux joueurs que je communiquerais mardi matin. Je leur ai dit de ne pas s'en mêler. Ce n'est pas leur problème. C'est le mien. Mais comme je dois être présent jusqu'au bout de la saison, je leur ai demandé de gagner. Pour m'aider, il faut gagner les matches. Je ne veux surtout pas qu'ils s'exposent. Les joueurs ne doivent pas prendre parti. Les joueurs doivent continuer à progresser et à gagner les matches.

N'y a-t-il pas de retour en arrière possible ?

X.P: Je n'en sais rien. Je n'ai jamais pensé vivre une telle situation. Par contre, je ne baisserais pas ma culotte pour un contrat. C'est certain.

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